Le digital c’est la liberté. Bienvenue chez les mad men du 21e siècle.

Pas la peine d’avoir connu l’époque des Mad Men ou la fin du 20e siècle dans les agences de pub pour percevoir l’unanime nostalgie émanant de l’âge d’or de la pub – ie. le métier d’avant la bulle internet.

Les prodigues héritiers de cette époque ressassent d’un air penseur un  temps où on avait du temps pour avoir des idées, où on était payé proportionnellement à l’effort fourni, où on pouvait s’amuser avec des formats, où la quête de la différenciation n’était pas un vain mot, où on ne pré-testait pas méthodiquement chaque début de piste…

Les filles étaient jolies, les garçons moustachus, le monde en ébullition, le métier s’inventait. Les premiers créatifs stars apparaissaient, les premiers réseaux d’agence s’ouvraient dans le monde, la profession distribuait des awards à tour de bras, tout le monde croquait.

C’était simple.

C’était magique.

C’était les trente glorieuses.

On fumait au bureau, on picolait entre collègues, on appelait les patrons par leur prénom, on sortait les clients dans des endroits improbables. Les clients achetaient une agence autant pour son travail que son esprit canaille.

A ceux qui regrettent cette époque, voici une grande nouvelle : le présent n’est qu’un éternel recommencement.

L’âge d’or que vous regrettez, c’est l’âge d’or des agences digitales du moment.

Réjouissez-vous, rangez vos chrysanthèmes et sortez vos souris.

Empty Pocket #8 : week 15

apps_dominate_mobile world

People are spending more time on mobile vs desktop. The decline of the mobile web

ackaging’s role is apparent in the purchasing process – Trial, Repeat or Switch – in which consumers trial a new product and depending on the experience, subsequently repeat that purchase, or switch to another brand to test a different product. 89% of consumers want more from packaging

A college course on Mad Men taught to be smarter TV watchers. Don Draper 101

Entertainment, entertainment everywhere. ‘Even in the world of academia, most people aren’t motivated by the truth. What they want, above all, is not to be bored’. This column will change your life: interestingness v truth

France keep playing the farniente card abroad. Good for tourism. Mon Dieu! No More Work Email At Home For Some French Workers

Hey hey Mad Men final is starting sunday. Here are a few gems from the 60’s curated by Adage. See Our Favorite (Real) Ads From the Final Season of ‘Mad Men’

As usual when it comes to Millward-Brown, an epic multi screen survey:

Le transmedia planning : nourriture pour fans

C’est un lien posté par Benoit sur Posterous qui inspire la rédaction de cette note. Le fait qu’un ancien stratège Naked soit un des théoriciens du transmedia planning n’y est sans doute pas innocent non plus…

En quelques mots, c’est quoi le transmedia planning ? « A narrative extension across media plateforms ».

Une stratégie qui permet de nourrir ses fans ou clients en exploitant de multiples supports.

Quelle différence avec une campagne à 360° traditionnelle? Ces dernières déclinent une idée unique sur plusieurs supports alors que le transmedia planning alimente en informations spécifiques chacun des supports exploités.

Cette approche permet de faire vivre le lien qui unit des consommateurs avec une marque ou un produit :

  • D’une part, les gens ne sont pas aspergés par les messages à leur insu mais vont à leur rencontre.
  • D’autre part, cette stratégie s’adresse à des fans à la recherche d’informations qui n’intéressent qu’eux.

Le schéma ci-dessous résume le principe d’alimentation d’une communauté selon la méthode du transmedia planning :

Tous les efforts de communication leur sont adressés afin qu’ils améliorent leur connaissance d’un sujet et qu’ils en discutent entre eux.

Les séries TV sont de grandes adeptes de ce type de tactique :

  • Les héros de Skins ont des profils Myspace abreuvant les fans de scoops et de dates d’évènements,
  • L’agence Sterling Cooper de Mad Men à un fil Twitter relatant des informations sur la série ou des gossips imaginaires « entendus dans les couloirs »,
  • Lost et le comparateur de vol Kayak proposent aux clients de s’envoler sur la compagnie fictive de la série : Oceanic Airlines.

On se souvient par ailleurs de quelques superbes cas de TMP au cinéma.

Pour Matrix, on a vu apparaitre aux quatre coins du monde des produits dérivés permettant de mieux comprendre l’univers et ses détails : plusieurs versions du scénario, portraits des protagonistes, « préquel » (récit ayant lieu avant), jeux vidéos et documentations offrant l’opportunité d’être totalement incollable.

Idem pour Batman Begins (cf. ci-dessous) ou Le Seigneur des anneaux.

En somme, le transmedia planning est l’outil ultime de création de lien entre marques et consommateurs… Peu de marques ont franchi le cap. On se souvient d’Audi et sa campagne The Art of the Heist.

Il y a fort à parier que les nouvelles possibilités offertes par le web devraient participer au développement de cette stratégie rêvée par tout storyteller qui se respecte.

Voici une vidéo des créateurs de la série Heroes qui expliquent succinctement leur usage du transmedia planning :

NB : Nous avions dédié une veille Né Kid il y a quelques mois sur les ARGs, des modes de communication inspirés par les jeux de rôle, ayant de nombreux points communs avec le transmedia planning :

Rectificatif : les Mad Men sont bel et bien démoniaques

Faisant suite à mon article dubitatif sur le caractère pertinent de la première saison de la série Mad Men diffusée sur AMC, je tiens à présenter toutes-mes-plus-plates-excuses à la clique de Don Draper.

Mécanisme à rebondissement bien huilé, scoping rapide et profond de chacune des personnalités des protagonistes, critique exquise en vrai-faux-technicolor des psychoses de l’époque, allusion à des problématiques dont-on-ne-soupçonnait-pas-l’existence-et-que-nous-nous-appropriions-bon-grés-mal-grés-du-haut-de-nos-vingt-ans…

La première saison est une franche réussite. Rendez-vous cet été pour la suite des hostilités.

Draper le looser

La petite communauté marketingo-geek s’est récemment émue d’une nouvelle série diffusée – dans l’anonymat – le dimanche soir sur TPS Star : Mad Men.

Encensés par Télérama, je dois bien avouer que les 3 premiers épisodes m’ont laissé dubitatif. Il est par ailleurs intéressant de noter le bouleversement que vit ces dernières années le statut de la série télé, passant du ringard – certaines appellent ça culte – des Amour, Gloire et Beauté, Magnum et consors au populaires et branchés Six Feet Under ou Weeds. Ca fera trés certainement l’objet d’un post prochain.

_ Les publicitaires sont cyniques et trop sûrs d’eux : pourquoi pas…

_ Les femmes sont gourdes et peinent à tenir la bride de leur libido récemment tolérée par les sixties-préfigurant-par-la-même-les-années-hippies : pourquoi pas…

_La péquenaude est ravie d’avoir trouvé un job downtown et les femmes aux foyers s’ennuient dans leur résidences pavillonaires… : ça commence à faire beaucoup.

Beaucoup de clichés sur le way of life, un pubard-superstar qui doute de lui (il trompe sa petite-femme-bien-sous-tout-rapport avec une illlustratrice free-lance) et du bien-fondé de ses travaux (pub pour des cigarettes)… Au bout de 3 épisodes, Mad Men peine à ne pas me faire penser à un bootleg choucroute & gomina du 99F de notre Beigbeider national (le générique rappelle le suicide fantasmé de FB dans l’adaptation de Jan Kounen) mêlé au spleen vaporeux de Virgin Suicide.

Affaire à suivre

Mise à jour : un an plus tard. Quel con je fais. C’est génial.