L’épreuve de l’infrastructure : comment les GAFA ne peuvent échapper aux sols

Amazon devrait devenir la première entreprise de l’histoire à dépasser 1 trillion de dollars de capitalisation boursière. Avec Alibaba en Chine, les deux larrons règnent sur le e-commerce comme Facebook et Google sur la publicité en ligne.

Pourtant le e-commerce, même dans les pays très digitaux, ne dépasse jamais 15% des dépenses des ménages. C’est énorme et minuscule en même temps.

Qu’est-ce qui les empêche de grossir davantage?

L’immédiateté.

Amazon a beau promettre de livrer en une journée, cela reste plus long que de descendre en bas de chez soi à l’épicerie ou de s’arrêter dans un supermarché en rentrant du bureau.

La vérité c’est la rue. Tôt ou tard il faut y descendre. Avec ou sans drones, avec ou sans voitures autonomes, avec ou sans entrepôts volants.

Il y a 10 ans Dixons rachetait Pixmania. Carrefour Rue du Commerce il y a quelques années. Jet.com avec Walmart il y a quelques semaines. Pour des résultats décevants.

Aujourd’hui les centres commerciaux Intime sont rachetés par Alibaba, Amazon ouvre des corners à NYC et multiplie les entrepôts pour gagner en proximité, Uber se repositionne comme le successeur de UPS grâce à sa maitrise de la data des déplacements…

Ils ont beau tourner autour du pot, tôt ou tard, il faudra se rendre à l’évidence : le prochain palier de croissance se fera dans le mortar, avec des coûts opérationnels autrement plus élevés, une trésorerie en peau de chagrin, des juridictions nationales.

L’adage internet the first trillion is the harder to make est battu en brèche par la réalité du sol : le e-commerce sans infra c’est relativement facile : les états soutiennent, les banques abondent. Le 2e trillion, c’est celui des sols. Des pays, des salariés, des impôts, des coutumes locales.

Il est évident que Carrefour n’aurait pas pu créer Amazon.

Mais est-ce que Amazon peut créer Carrefour?

On verra.

Le medium c’est le message : pourquoi faire de la pub sur iPad est plus incitatif

svpply-for-ipad-gear-patrol

Pour faire simple, plusieurs études montrent que nous aimons plus les produits que nous possédons.

Que toucher un produit développe l’envie de le posséder. Ca s’appelle l’endowment effect.

Que le toucher sur une tablette joue le même effet, en moins fort.

Diffuser un message dans différents endroits ne produit pas le même effet : intellectuellement et cognitivement.

Le medium c’est le message. L’idée c’est le message. L’idée c’est le medium.

Breaking news : les cycles de Gartner

Avez-vous entendu parler des cycles de Gartner ou hype circles? Ce laboratoire américain est un des spécialistes de la recherche et veille en matière de technologies.

Il publie chaque année une série de graphiques décrivant les évolutions à venir, les tops et les flops dans des domaines très variés : ecommerce, CRM, outsourcing, IT, Ressources Humaines, Logiciels

Voici leur vision 2008 du cheminement des technologies émergeantes, pour le reste, il vous en coûtera quelques milliers de dollars.

La courbe se décompose en 5 phases distinctes – un peu à la manière du cycle de vie d’un produit :

  • Technology trigger : lancement d’un nouveau produit ou d’une nouvelle application. Exemple récent : le micro-blogging et Twitter.
  • Peak of inflated expectactions : la phase de succès du produit, débouchant sur un début de déclin. Exemple : Facebook, en constante augmentation malgré ses premiers suicides.
  • Trough of disillusionment : la défaite, le bide alors que le carton était annoncé. Exemple : Second Life.
  • Slope of enlightment : la découverte n’a pas remporté le succès escompté – dans un premier temps – mais une frange d’inconditionnels persiste. Exemple : la TV sur mobile, la visiophonie.
  • Plateau of productivity : phase de maturité durant laquelle le produit suit son bonhomme de chemin et rentre dans les moeurs. Ex : téléphonie mobile, MSN Messenger…

Source : Advert Lab