Des biais humains dans les machines ou des biais mécaniques dans les humains?

Il y a quelques mois, Microsoft lance une intelligence artificielle sur les réseaux sociaux qui finit par devenir raciste en quelques heures après avoir été entrainée par des trolls. Dans la foulée, plusieurs études révèlent que les logiciels de predictive policing ne sont pas plus racistes que des policiers.

La relation entre humain et machine semble donc scellée : shit in, shit out.

Il y a quelques jours, Le Monde écrit un article sur les fake muses, ces avatars de bloggeurs mode en 3D dont le nombre de suiveurs sur les réseaux sociaux commence à prendre des proportions inquiétantes.

Sans surprise, les fakes muses reproduisent les biais humains. Qu’ils soient pilotés par des IA ou « intelligences humaines », ces influenceurs d’un nouveau type sont désarmants :

Dans ses posts, l’instagrammeuse à la garde-robe streetwear a l’habitude de se plaindre de la fatigue (« J’ai besoin d’un jour au spa ») et de la chaleur ; en mai, elle a posé en couverture du magazine de mode pointu 032c et dévoilé à ses followers son premier tatouage.

A quel moment est-ce que les programmateurs d’une fake muse de la rendre encore plus pétasse qu’une influenceuse en chair et en os? Pourquoi est ce que les influenceurs digitaux sont pires que les humains? Est-ce les gens qui programment les machines ou les machines qui programment les gens?

A quel moment est-ce que Enjoy décide de laisser les internautes décider de sa vie pour générer des interactions sur son compte Instagram?

A quel moment est-ce qu’une marque de gélule amincissante continue de faire de la pub avec une starlette enceinte? ENCEINTE putain.

A quel moment est-ce que la singularité de caractère devient un handicap au point d’être moqué dans cette superbe campagne ?

Par moment, je me dis que la course à l’audience télévisuelle des années 90/00 était bien innocente à côté des tombereaux de cochonneries que les influenceurs inventent pour booster leur audience.

Il devient chaque jour plus évident que les plateformes sociales ne peuvent plus plaider la « neutralité technologique » et doivent impérativement se doter de garde-fous au risque de tirer l’humanité vers le bas, voire même encore un peu plus bas. Sans quoi les vidéos de Logan Paul qui décrochent des pendus deviendront monnaie courante.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #246

1.Le mot yakuza vient d’un terme de jeu de carte désignant une mauvaise main. Yakuza = bon à rien. Merci Vincent

2. Le phénomène d’addiction est puissamment dépendant d’un contexte social.

12204807_10206747174451809_2038481923_n

3. Les règles du Monopoly nous racontent le fonctionnement de la banque. Merci Grégoire

bull pieces meat

4. Les anglophones ne nomment pas les morceaux de boeuf de la même manière.

5. 32% des Américains considèrent avoir une work spouse, aka. un collègue avec qui ils déclarent partager des liens aussi forts que celui du mariage.

6. Hppen est une app française.

7. Philippe Bouvard faisait partie des victimes programmées de Jacques Mesrine.

8. Il n’y a objectivement aucun lien entre la satisfaction client et les résultats business d’une compagnie aérienne. Merci Xavier

9. Les marches des palais chinois sont peu profondes car la tradition des pieds bandés pour les femmes les obligeait à faire de tous petits pas. Merci Sarah

10. Les tags : des questions idiomatiques créés par des Youtubers.