Les geeks dirigent le monde : du besoin désespéré d’UX sur les marchés de commodité

Ce graphique tiré de The Invisible Computer de Donald Norman raconte l’importance de l’UX quand une technologie devient commodité (cf. notre veille de Né Kid d’il y a un an en bas de page).

Pour faire court : lorsqu’une techno de rupture est introduite, les gens se fichent généralement de l’agrément d’usage, l’accès prime. Une fois que cette technologie se démocratise (ce qui n’est pas toujours le cas), la bataille commerciale se joue sur l’UX, ie. l’agrément d’utilisation de l’appareil.

On connait tous mille exemples de cette courbe : le téléphone mobile, les FAI, les stations-service, l’automobile ou l’ordinateur personnel ont tous observé – à des rythmes différents – cette progression.

Toutefois, cette voie de fait n’est pas un modèle suivi à la lettre. Sur certains marchés de commodités, tandis que des acteurs continuent à s’en sortir avec honneur, leurs concurrents peinent. C’est l’histoire d’Audi/VW vs. Renault/PSA, Apple/Samsung vs. Nokia/HTC, Free vs. Orange/Bouygues Telecom/SFR…

Les marques qui s’en sortent le mieux sont généralement solides en matière d’UX. On parle de finition chez Audi, d’écosystème chez Apple, de low-cost chez Free.

De fait, non seulement l’UX explique – partiellement – la compétitivité des marques championnes mais également les maux des dernières de la classe.

L’urgence de prendre en compte l’UX sur des marchés matures dépasse de loin la seule catégorie des produits technologiques. Elle est le symbole de la prise en considération des attentes des gens, d’une approche bottom-up.

Les marques créent moins de comportements chez les gens que les gens en produisent avec les marques. La valeur vient d’en bas, pas d’en haut.

Pour mieux connaitre les autres, les marques devraient commencer par mieux se connaitre elles-mêmes

Dans la jungle des points de contact, en voici un inhabituel : les plaques en fonte des fournisseurs d’accès à internet.

Installées sur les trottoirs des villes, ce n’est que récemment que j’ai compris qu’elles n’étaient pas l’unique apanage de France Télécom. Free a tiré son propre réseau dans le pays, il n’y a donc aucune raison qu’ils ne disposent pas de leurs propres plaques en fonte.

Fait étonnant : une marque aussi inspirée (du moins jusqu’à un proche présent) que Free n’utilise pas ses plaques autrement que le leader historique FT. Occasion en or d’activer un owned media à peu de frais, le trublion des télécoms est ici bien conventionnel… Dommage.

On devrait créer un club des marques qui gaspillent du fric en média au détriment de leviers gratuits : les packagings, les véhicules de livraison, les uniformes de vendeur ou les vitrines. Tant pis pour elle, d’autres l’ont parfaitement compris.

Ceux qui manquent de new bizz savent ce qui leur reste à faire.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #4

1. Argus était un personnage mythologique doté de 100 yeux, chargé par Junon de surveiller la nymphe Io. Par extension, un argus désigne un individu capable de tout voir, tout entendre ou tout connaitre (le prix d’une auto d’occasion par ex…)

2. La plus grosse audience jamais enregistrée par France Télévisions était est talk-show animé par Jean-Luc Delarue sur… la mesure des audiences TV. Autrement dit, tous les gens équipés d’un boitier de mesure à domicile ont goulument regardé le programme les concernant. Merci Eric.

3. La première voiture a avoir franchi la barre des 100 km/h était… électrique. La jamais contente fut baptisée par son inventeur en référence à son épouse.

4. Jean-Michel Jarre a été marié à Charlotte Rampling.

Kiffant

Au passage, le coco est le premier artiste occidental à avoir donné un concert en Chine et le seul à avoir rassemblé un million de personnes pour un concert. Chapeau.

5. Le stade olympique de Londres est composé de plusieurs tonnes de métaux recyclés à partir d’armes. Beau geste.

6. Antoine Blondin, auteur du formidable Un singe en hiver, était le chroniqueur alcoolique vedette du Tour de France pour Le Monde.

7. La mythologie des épiciers arabes est née grâce aux habitants de la ville de Djerba, réputés pour leur sens des affaires. En Tunisie, “aller chez le Djerbien” signifiait “aller chez l’épicier”.

8. 80% de nos conversations téléphoniques sont faites avec 4 personnes… (2 sur Skype). Compte-tenu de la quasi mémétique offre des “numéros favoris” proposée par les opérateurs téléphoniques (3 appels illimités, etc.), on aurait pu s’en douter. Pareto es-tu là?

9. Les filles sourient presque 2 fois plus souvent que les garçons sur leur photo de page perso (Myspace, Facebook, etc.). Dans cette étude, on apprend également que montrer ses seins attire 50% de trafic supplémentaire sur sa page (à tous ceux qui ont des petites soeurs, courez vite à la maisons les gars).

10. Obama a gagné les élections 2008 grâce à une méthode discursive transcendant les clivages politiques : le bi-conceptualisme. Cette technique consiste à prendre de la hauteur sur des sujets pour lesquels un orateur lié à un bord politique n’est pas légitime. Ex : la sécurité ou l’ordre intérieur pour un individu de gauche. PS : Tony Blair et Bill Clinton avait déjà éprouvé la tactique avec succès.

Merci Sébastien.

Ad in the OS

Vous connaissez la folie des Mac fans qui passent leur vie à épier chaque mouvement de la marque à la pomme? Ils ont récemment identifié la publication d’un brevet (cf. photo en dessous) datant de 2008 visant à intégrer de la publicité dans Mac OS X

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L’idée n’est pas si mauvais que ça… Même si la vraie question qui se pose est : “sous quelle forme?”. En sa qualité de marque dite “user-friendly”, Apple n’est pas dingue de la pub intrusive qui pourrait entraver l’expérience de ses utilisateurs.

Toutefois, le développement des applications sur iPhone ayant redoré le blason du software chez Apple + le modèle économique des forfaits téléphoniques subventionnant les appareils pourrait donner une idée de ce que sera un mac – ou n’importe quel autre ordinateur – dans les années à venir.

Une machine gratuite pour des utilisateurs qui paieront par abonnement un forfait parole/logiciel subventionné par la pub… Une “netbookisation” du marché en somme.

Tant qu’Apple tient sa courbe de croissance et continue à pigeonner vendre des machines 30% plus chères que la concurrence, on a du mal à y croire mais cela pourrait donner des idées à Microsoft (qui se gave aussi mais un peu moins bien ces derniers temps) ou aux FAI en manque de relais de croissance (seuls les smartphones et netbooks boostent leur CA)…

Affaire à suivre.

Source : Mac génération