Alfa Romeo : une idée qui coule à pic

Voici un parfait exemple de promesse publicitaire arrogante.

Contexte : la nouvelle Alfa Romeo vendu à un prix plus bas que bas.

Brief : illustrer le petit prix de l’Alfa.

Traduction création : on filme la bagnole à 11 000 mètres sous le niveau de la mer.

Bravo. Les écologistes vont adorer. Le pompon : c’est une voiture. WTF

Le coup du billboard pour poissons, à la rigueur, mais investir autant d’énergie pour si peu…

Quand le Creative Director s’amuse à dire “c’est du jamais vu” : il parle au nom de la marque ou au nom de son agence?

Retour vers le futur de la grande époque où la pub grandiloquente marchait sur les pieds du monde, sans se soucier des conséquences. C’est ce genre de comportement qui finit par retomber sur la réputation du métier, un peu comme quand cette marque de bière a explosé un morceau de Machu Pichu pour les besoins d’un spot…

Attention à ne pas pousser le bouchon trop loin. Les gens savent décrypter un film, encore plus débusquer la promesse un peu trop grosse.

Meetic ne s’assume pas

Spotted ce matin dans la Stratégies Newsletter, un film pour le site de rencontre Meetic by l’agence V…

On veut bien croire que cette plateforme soit constituée d’hommes et de femmes, on s’amuse des observations rigolotes sur la première rencontre dans le café où les tourtereaux s’interrogent sur qui est qui

En revanche, il ne faut pas se mentir, Meetic doit être infesté de mecs moches et lubriques.

Pourquoi?

Parce qu’étant donné l’image de la femme véhiculée par ce spot, on ne peut qu’imaginer des gros puceaux en chaleur qui raquent pour se taper des blondasses un peu connes (“qu’est ce que je fais la?” bonne question…), motivées par l’apparence (“il était mieux sur la photo”), à moitié obsédées (“je m’étais jurée d’arrêter avec des rdv”), qui ne pensent qu’à leur poitrine (“il n’a même pas regardé mon décolleté”), se cultivent dans les magazines féminins (pseudo référence freudienne…) et ne se contrôlent pas (la nana finit quand même par changer d’avis…).

On ne peut qu’admirer la pirouette créative de cette publicité, qui sera sans doute diffusée sur Canal les premiers samedi du mois…

Pas de bol, impossible d’héberger la vidéo en question, je ne peux que vous proposer d’aller la visionner sur le site de la revue professionnelle

[MàJ] Toutes mes excuses, il existe une autre déclinaison du film, avec une brune. Pas de bol, elle est toujours aussi cruche (c’est elle qui le dit). Merci à Meetic pour cette vision progressiste du sexe faible (pourquoi ne pas le rebaptiser “sexe con” tant qu’on y est?). A voir chez Doc News (sans critique évidemment).

Cas pratique : comment injecter de l’émotion dans l’informatique

C’est un film en provenance d’Amérique Latine qui inspire cette note sur un ordinateur Sony VAIO.

Sa promesse : “et si la technologie vous permettez de vous sentir plus humain?”

L’observation sous jacente n’est pas idiote. Chacune des images en atteste, un ordinateur peut nous aider à mieux ressentir les choses : émotion pour le sport, touché/frisson lors des rencontres en ligne, etc.

Un lieu expérientiel ou une boutique aurait sans doute mieux fait le travail. La télé n’est pas le meilleur média, même si cela fait penser au film 1984 d’Apple qui avait plutôt bien marché.

Un postmodernisme 2.0 : le datamoshing

Il y a quelques semaines, une vision me saute à la gorge : si les petites vidéos “I’m a mac” ou “I’m a PC” utilisent une direction artistique aussi épurée, ce n’est pas QUE pour simplifier au maximum le message, c’est SURTOUT pour faciliter les réutilisations, parodies et détournements qui donne de la profondeur et de l’ouverture d’esprit à la marque. Pour en savoir plus, c’est sur le blog de Né Kid que ça se passe.

Le datamoshing s’inscrit dans la lignée de ces usages propres au web. L’esthétique DM s’inspire des connexions bas-débit ou du DivX mal compressé. En plus de connoter l’artisanat et le home made – THE révolution du web – il joue la connivence avec le streaming et le piratage, un autre bouleversement de l’ère numérique.

Dans l’ancien monde, le datamoshing était un défaut parce qu’on le comparait à la télé ou au ciné, ie. des symboles de l’ère hertzienne ou pré-digitale.

Dans la nouveau monde, le datamoshing est un jeune postmodernisme qui transforme les antédiluviennes moqueries en expression artistique assumée.

Exactement le même switch culturel que lorsque la photographie a décidé à s’affranchir des codes picturaux inventés par la peinture pour définir son propre champs artistique : formats différents, travaux sur les temps d’expositions, hors-champs, etc.

De fait, rien de surprenant au fait que les musiciens usant de cette technique pour réaliser leurs clips incarnent à leur manière l’innovation : Kanye West ou Chairlift.

Source : Voxpop

Détente : un chef d’oeuvre, 3 images, 1 gif animé

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Super idée que ce blog uniquement doté de gif animés ayant pour ambition de résumer un film en 3 images collées bout à bout et animées à l’infini. Allégorie poétique et judicieuse des – rares – quelques traces laissées par quelques images…