Le News Quality Scoring Project : le retour du média planning à la sauce IA

Le News Quality Scoring Project de Frédéric Filloux est canon (à l’image de son blog tout aussi super). Il vient d’ailleurs de recevoir une bourse de 1 million de dollars.

L’idée est simple : aujourd’hui, le prix d’un inventaire publicitaire ne dépend pas de la qualité éditoriale du support mais du prix estimé de l’audience (c’est ce qu’on appelle l’audience planning).

De fait, NQS cherche à revaloriser les organes d’information qui investissent de l’actualité de qualité vs. les sites de clickbait qui ne font que copier/coller les contenus ou tapiner sur les réseaux sociaux.

C’est un autre signe de retour aux vieilles notions de média planning, où le prix des pages ou écrans dépendait d’un double facteur “audience et qualité éditoriale”.

Un projet idéal pour être déployé à grand échelle avec du machine learning.

On adore.

Le média unbundling a gravé dans le marbre la dérive de la popularité vers le populisme

Les chanceux qui ne connaissent pas Frédéric Filloux ont gagné leur journée. Monday Note est le meilleur blog tech-média dans les parages.

Son article expliquant la victoire de Trump par le prisme de la crise des médias est super.

Son point est simple : la plupart des médias ont pris le pli des médias sociaux et misent désormais sur les articles qui buzzent. De fait, le public est exposé à des articles plutôt qu’à des journaux. C’est ce qu’on appelle le média unbundling.

Résultat : les articles sont consommés individuellement et perdent l’effet de contexte produit par leur intégration au sein d’un journal. D’où un risque de radicalisation des opinions – puisque naturellement ce sont les articles les plus racoleurs qui buzzent (notamment des faux).

Voici donc officiellement un effet secondaire de la fin du média planning.

Autrefois les agences achetaient leur présence dans un journal pour bénéficier de l’effet de contexte. Les régies appelaient même ça un écrin pour vos marques.

Désormais l’heure est à l’audience planning : les agences n’achètent pas le support mais le public, où qu’il soit. Du coup les annonceurs apparaissent sur les 10 articles dégueulasses qui buzzent et n’ont aucune chance d’apparaître sur les articles impopulaires.

Qui eut cru que le média planning était républicain dans l’âme : comme à l’école, il soutenait une approche globale où les petits articles étaient protégés par les grands. Aujourd’hui la presse subit la libéralisation de la carte scolaire.

Donc le fossé va se creuser.

A la différence que si tous les lycées ne se valent pas, tous les bulletins se valent.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #213

stuart_little_peintre_hongrie

1. En 2009, un historien d’art hongrois regarda le film Stuart Little avec sa fille.

2. 70% du chiffre d’affaires d’Uzbek et Rica = du brand content.

3. Une double explication des prix terminant par .99. Primo : nous lisons les prix de gauche à droite. Secundo : le .99 indique un deal.

edelman trust barometer

4. Les gens font plus confiance aux moteurs de recherches qu’aux marques d’informations

5. Combien de temps cela prendrait de compter jusqu’à un milliard? Une vie n’y suffirait pas.

6. Nissan.com est la propriété d’un particulier : Uzi Nissan. Il lutte contre la marque depuis 1999.

Where's Waldo

7. La meilleure manière de trouver Charlie.

8. Le mot panique vient du dieu Pan.

9. Pour un accès internet payé à HBO, 4 sont piratés.

But HBO is fine with this, because it hooks those illegal users on the product, he said. “They’re like crack dealers handing out free samples.”

10. Schadenfreudeterme allemand signifiant « joie provoquée par le malheur d’autrui ».