Les in & out de Dmexco 2017

On aime beaucoup – c’est d’ailleurs à peu près tout – les in& out de Digiday. Voici mes commentaires arbitraires sur Dmexco.

GDRP > Ad block. Oui même si l’Europe semble souhaiter un marché commun de la data. Le vrai point bloquant c’est la donnée personnelle, ce qui n’est pas dramatique puisque tout le monde s’en tape.

Server to server solution > header bidding. Résout un problème de rapidité d’affichage des pages. Comme Google et Facebook privilégient leurs technos propriétaires d’affichage mobile, il s’agit de marcher au pas, sous peine de perdre du ranking.

Acting knowledgeable about blockchain > Acting knowledgeable about big data. Ca vous étonne? Nous ne sommes pas les derniers à tomber dans le panneau.

Nerd bird airplane panels > nerd bird train panel : succès oblige, le salon s’internationalise et c’est tant mieux que l’Europe soit en vue sur des sujets technologiques.

Worrying about Amazon > Worrying about Facebook. Tu m’étonnes.

Empowered publishers > bewildered publishers. Là je vois pas trop. Peut-être des allusions à la syndication des ressources data de certains éditeurs?

Emboldened brands > absent brands. Claire allusion à Marc Pritchard et sa cabale anti-GAFA pour une meilleure publicité digitale.

Media agencies as vendors > media agencies as agents. Une allusion au rôle stratégique des agences médias qui s’amenuisent – il n’a jamais été très élevé quoi qu’il arrive – ce qui les rapproche de leur coeur de métier historique : l’achat d’espace en gros.

Coalition for brand safety > coalition for better ads. Ce n’est pas une défaite de la créativité mais en un an, Trump a été élu grâce à la Russie, les annonceurs pré-rollent sur des vidéos de frères musulmans et les cas de fraude se multiplient.

Arguing about platform universal metrics > arguing about platforms margins. Trop geek pour moi. La manière dont les plateformes se rémunèrent est trop obscure pour que je puisse commenter.

Circus of crazy party > rockstar aftershow party. Insider joke désolé.

Invitation-only dinner party > party in converted monasteries : le salon s’embourgeoise et c’est tant mieux.

GDPR experts > ad-block experts : même remarque que pour le premier point.

Booth babes scorn > booth babes : un espérant que cette industrie arrête d’être aussi minablement macho.

Celebrating big ad tech exits > celebrating big ad tech fundings : l’heure est à la consolidation des big six, qui rachètent à tout va. Mis à part pour les fondateurs des boites rachetées, pas sûr que ce soit une bonne nouvelle. N’oublions pas qu’il faut se battre contre les GAFA, pas s’allier avec les vieux acteurs du vieux monde.

Vendor-branded 3D printed cocktail > Vendor-branded cupcakes. Ringard et dégueulasse dans les deux cas. Ne demandez pas aux ingénieurs d’avoir bon goût.

SSP collaboration > SSP competition : un peu comme si la gauche réussissait à s’unir pour la manif du 1er mai après avoir essayé de protester chacun dans son coin. C’est mieux mais ça ne suffit pas toujours.

Lederhosen parties > beer and bratwurst booth parties. Aussi chic que les cocktails en 3D.

Google and Facebook needling publishers > adblock vendors needling publishers. Quoi qu’il arrive les éditeurs se font défoncer. Mis à part leur syndication je ne vois pas comment ils peuvent survivre sans opter pour une stratégie soit ultra low cost soit ultra premium.

Prochaine édition des in and out : advertising week.

Vive l’interdiction des formats pourris et vive les belles idées ! 🍾🎊🎉🔝

Il y a quelques années, Apple lance une fonctionnalité anti pop-up dans Safari, suivie du lancement de sa régie iAD – RIP – annonçant la disparition des formats “intrusifs”.

Plus récemment, l’Union Européenne, dans le cadre de la GDPR, souhaite pénaliser les pratiques abusives liées à la data, dont les publicités en ligne font naturellement partie.

Apple et Google en ont remis une couche cette semaine en déclarant que leurs navigateurs respectifs allaient filtrer les mauvaises pubs et interdire l’autoplay.

Au-delà des éditeurs qui redoutent ces mesures (ils ont l’épée au-dessus de la tête nous pardonnons), je pense que nous devrions accueillir avec joie ces mesures.

Oui elles donnent du pouvoir aux GAFAs et actent leur capacité à prendre des décision *tombées du ciel* mais examinons plutôt ce qu’elles combattent :

  • l’opt-in abusif et la non conservation des données personnelles côté UE
  • les formats publicitaires dégueulasses type pop-up (qu’on ne voit plus que sur les sites porno ou de téléchargement illégal) ou autoplay (pas ceux de Facebook qui commencent en silence mais ceux qui se lancent sans savoir d’où ça sort).

Qui peut être contre ces mesures?

Oui il y a de l’argent qui va se perdre mais honnêtement, pour l’honneur et la dignité de la profession, mieux vaut ne rien faire que de diffuser ces merdes.

Tant pis pour les agences médias qui se sucrent sur le dos de leurs annonceurs avec des emplacements et des formats atroces.

Les gens qui dénoncent les mesures *anti-pub* ne méritent pas de faire du marketing : les beaux formats et les belles idées ne seront jamais pénalisées.