Sommes-nous prêts à nous caresser les bras pour changer de chanson?

Annoncé depuis plus de 3 ans, la veste Levi’s conçue en partenariat avec Google est disponible à la vente depuis quelques jours. Elle apparait dans un contexte marché où la vogue de la wearable technology a laissé place à l’internet of things. Ce qui permet d’y porter un regard dépollué de l’effet de hype.

Effectivement, en regardant dans le rétroviseur, cette jacket a quand même un assez gros point commun avec les Google Glasses, les Snapchat Spectacles voire les caméras GoPro que les touristes d’accrochent sur le torse : tout est globalement moche, mais la gestuelle que ces objets implique par surcroit donne vraiment l’air d’être un plouc.

Est-ce le poids de l’innovation qui biaise ma perception de ces nouveaux usages? Est-ce que toutes les nouvelles technologies produisent des électrochocs visuels un peu ridicule (à la manière de ces téléphones mobiles gigantesques des années 80 ou des premiers utilisateurs de walkman dans la rue)? Est-ce que le design de ces objets est simplement raté?

Qu’est-ce qu’on expose dans les musées ? Les sculptures ou les schémas qui ont présidé à leur réalisation?

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On ne répétera jamais assez que « les idées non exécutées sont des hallucinations« .

L’exé-cu-tion. Qu’il s’agisse d’innovations ou d’inventions. Malgré les effets de diligence. Les premières voitures automobiles, mêmes inspirées des voitures tirées par les chevaux, sont la matérialisation d’un fantasme. Les Google Glasses, bien que très laides, incarnent un rêve.

Qu’on travaille dans la communication, les médias, le design, l’événementiel, l’ingénierie, la littérature, la pâtisserie ou l’ébénisterie, tour se résume toujours à un objet produit.

Question : qu’est-ce qu’on expose dans les musées ? Les sculptures ou les schémas qui ont présidé à leur réalisation?

Si les huiles décident d’instituer un mouvement (cf. l’histoire du cubisme et de l’effet Picasso) pour des raisons (et des délais) plus ou moins arbitraires, l’objet survit à la pensée. C’est peut-être un effet pervers de notre civilisation de l’avoir au détriment de l’être mais c’est comme ça.

Voyons-y une preuve de respect vis-à-vis des gens : un objet ne doit pas être livré avec un mode d’emploi. Chacun est libre de livrer sa propre interprétation. C’est l’évolution de l’histoire de l’art, depuis l’objet sacré et unique, suivi de l’idole reproductible, à la création d’expériences interactives.

Arrête l’école et viens fabriquer des trucs !