Posséder les cartes c’est posséder le pouvoir

tordesillas

Les cartes sont un des témoignages les plus précieux de l’histoire de l’humanité.

Par devant les potentielles richesses qu’ils pouvaient rapporter de mondes inconnus, les grands explorateurs étaient chargés de cartographier leurs itinéraires. La carte constituait un atout inimaginable pour les souverains : réduire le risque des expéditions (tout en s’assurant un indéfectible soutien de la véritable puissance de l’époque : l’Eglise). Une situation en tout point similaire à celle des des startupers et capital-risqueurs actuels.

Les enchères dont font l’objet la division cartographie de Nokia montre l’importance inchangée des cartes.

D’abord parce qu’elle est une fonctionnalité clef de la mobilité (le marché le plus en développement au global, cf. deck infra).

Ensuite parce que les expertises cartographiques sont rares et nécessitent des investissements colossaux. Hormis les puissances publiques, seuls Nokia à la grande époque, Google ou Microsoft ont pu se constituer une cartographie de qualité. Même le géant Apple – pourtant richement doté – n’a pu produire un outil satisfaisant.

Finalement parce que la cartographie est gage de liberté. Celui de ne pas payer de taxe aux pionniers (cf. la manière dont Google ramasse vis-à-vis de l’usage de ses cartes), celui d’agir sans être épié.

Payer 4 milliards de dollars par une mappemonde aujourd’hui, c’est rouvrir la route des épices sans croiser un seul barbare.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #159

1. Google Maps évalue la densité du trafic grâce au nombre de téléphone en activité sur les zones.

2.  De grandes flèches en béton indiquant la route aérienne de l’est à l’ouest américain subsiste le long de l’ancien tracé.

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3. L’Espagne est sur la même longitude que l’Angleterre et a pourtant un fuseau horaire de plus. La raison ? Franco voulait se synchroniser sur l’Allemagne d’Hitler en 1942. Source : M, le magazine. Merci Sylvain

4. Les portes automatiques ont été inventées pendant l’Antiquité :

5. La 2e vie de Dave Allen, ancien bassiste des Gang of four, désormais cadre dans la pub.

6. L’étonnant projet Cybersyn au service de l’automatisation de l’économie du Chili dans les années 70. Merci Sylvain

7. Un métier : gifleuse de seins.

8. La formidable technique du canard.

9. Un utilisateur moyen de smartphone déverrouille 110 fois par jour son appareil. Merci Olivier

10. Twingo n’a jamais gagné d’argent.

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Un jeu basé sur Google Maps dont le but est d’identifier sur un planisphère le lieu où ont été prises des photos.

Merci Sylvain Paley

Le problème avec les gens…

Cela sonne comme une rengaine annonçant le pire comme le meilleur : l’imminent besoin d’adaptation ou le passage en force.

Le problème avec les gens, c’est qu’ils ne se comportement pas comme les marques le souhaitent.

Le problème avec les gens, c’est qu’ils ne vivent pas en miroir de l’organisation des entreprises. Pour les gens, une Renault Mégane et un Renault Trafic appartiennent à la même marque. Pas pour Renault. Pour l’individu lambda, accéder à Google Maps depuis une application ou un raccourci écran, c’est pareil.

Le problème avec les gens, c’est qu’ils ne respectent pas les intentions (conservatrices) des marques. Sans véhicules de fonction, les berlines haut de gamme ne seraient achetées que par des notables de province. Sans dépense à perte, la plupart des marques de luxe ne résideraient ni sur les Champs, ni place Vendôme. Parler aux gens riches est un choix plus coûteux que rentable.

Le problème avec les gens, c’est qu’ils ont du répondant.

Le problème avec les gens, c’est qu’ils possèdent la dernière instance de la décision.

A quoi ressemblerait le monde si les marques contrôlaient les gens? A une armée de clones dépensiers sans âme. Les marques naissent de la singularité et la complexité des environnements socioculturels. Comment expliquer les succès de Red Bull / Monster autrement que par l’aseptisation cognitive du monde moderne qui conduit les gens à rechercher des sensations fortes? Facebook par un besoin d’expression personnelle et d’individuation? Apple par l’essor de la classe des créatifs culturels?

Les marques dorment sur une mine d’or et y cherchent du charbon, le charbon de la commodité, qui chauffe tous les foyers à la même température, se transporte facilement et s’extrait depuis des millénaires.

Le problème avec les gens, c’est une solution.