Devoirs de vacances des planneurs stratégiques : chapitre 2

Après le cahier de devoirs de vacances des planneurs stratégiques, voici le programme de révision de votre 2e semaine au bord de la piscine : la compilation de fiches de lecture.

De quoi réouvrir ou écarter définitivement ces quelques incontournables de la littérature d’entreprise.

Merci London Strategy Unit

Les culturematics sont une énorme source de créativité

clay hashtag culturematic

Le dernier bouquin de Grant McCracken – mec solide auteur de – explique un concept à la croisée de plein de choses intéressantes : les culturematics.

Ces petites expériences autorisées par la baisse des coûts de production et de diffusion : des murs rafistolés avec des briques Lego, des gens qui font du guerilla knitting, les graphs de banksy, des cadenas amoureux accrochés aux ponts…

Tout ça rentre sous la large ombrelle culturematic, une pure notion bottom up rendant hommage à la force et à la pertinence créative des usages.

Pour en savoir plus :

En cuisine comme en peinture, la créativité est une question de contrainte

L’article de la HBR dénichée par la dernière édition des pensées fraîches illustre le principe de créativité contrainte. Grant McCracken y livre son analyse de la vogue des restaurants mobiles aux USA.

Stimulés par la crise et leur légendaire esprit d’entreprise, les restaurateurs américains partent à la rencontre des consommateurs dans des véhicules aménagés ou des structures mobiles éphémères.

Preuve d’institutionnalisation du phénomène : les marques se sont emparées du sujet et réinventent à toutes les sauces le concept de la “pizzeria sur la place du village” ou du “marchand de glace”. De sauce, il en est justement question dans la note du HBR.

McCraken explique comment les contraintes propres aux camions (espace réduit, faibles capacités de stockage…) inspire un nouveau style culinaire aux chefs mobiles : des plats faciles à cuire, rapide à préparer, etc.

A nouveaux outils, nouveaux résultats. Pas de créativité sans contrainte. La peinture en tube à fait naître l’impressionnisme, les piles alcalines ont donné naissance au hip-hop, les exemples sont innombrables (les articles traitant du sujet aussi).

Voilà comment naît le génie : de la maîtrise et la compréhension parfaite du créateur à son environnement.

Un point sur le Chief Cultural Officer

Ça n’a pas échappé à votre esprit de veille permanente. Un débat anime la communauté anglo-saxonne depuis quelques semaines, suite à la sortie de l’ouvrage Chief Cultural Officer de Grant McCracken. Ce petit livre explique le rôle de la culture dans les organisations.

Grant y explique comment les cultures façonnent notre manière de concevoir et voir le monde à travers des symboles et des signes. Pour une vision enrichie de sa théorie, rendez-vous sur l’excellente note de Julien Ortega.

Les mutations politiques, sociales et environnementales autorisées et décuplées par l’instantanéité numérique favorisent le sentiment de changement rapide. Qu’il soit perçu ou effectif, les tendances, les usages et les bouleversements socioculturels nécessitent un spécialiste capable de vulgariser et décrypter le contexte.

Une sorte d’hybridation entre :

  • Un anthropologue pour la compréhension des hommes, des espaces, des échanges en entreprise,
  • Un sociologue pour la compréhension des mécaniques sociales régissant les interactions humaines,
  • Un historien pour la compréhension de l’époque à la lumière du passé,
  • Un DSi pour la compréhension des nouvelles technologies et leurs implications dans les organisations,
  • Un juriste pour la compréhension du cadre juridique hétérogène entre les pays, les cultures, les entreprises, les nouvelles technologies (le web est encore un espace de non-droit)…
  • Un psychologue pour la compréhension et le suivi des personnalités, assujetti à des profonds bouleversements, ne serait-ce que vis à vis de l’hyper-connexion (le syndrome du crackberry floute les frontières entre vie professionnelle et vie privée)
  • Un tendançeur pour la vulgarisation de choses compliquées,
  • Un gourou pour la motivation et la vision

Le CCO, c’est le type qui rassure les parties prenantes d’une entreprise, qui définit le cadre stratégique de développement d’une boite, qui fait le pont entre la jungle du monde et le petit univers confiné des companies.

Une fonction qu’on aimerait voir apparaitre sérieusement dans les années à venir.

Pour une définition plus complète, voici une interview de Grant résumant son point de vue :