Le capitalisme linguistique : comment l’algorithme Google fait évoluer notre langage

helvetica google logo font police caractere

Histoire de finir l’année en beauté, voici une présentation magistrale de Frédéric Kaplan.

Avec force et simplicité, il explique comment l’algorithme de Google créolise la langue selon une multitude d’indices : la suggestion d’idiomes (parfois même vernaculaires), l’invitation à penser en mots clefs et le mélange de notre langage aux textes générés automatiquement.

Les techniques modifiant le langage est un grand classique des théories mcluhaniennes.

Pour reprendre un des exemples utilisés dans un travail universitaire il y a quelques années, la police de caractères Helvetica a été pensée pour la machine. Son fonctionnalisme épuré est le fruit d’un impératif de productivité (les empattements supportant mal la rapidité des rotatives modernes), ses proportions le produit de la technologie de l’époque (le caractère mobile a laissé place aux “lignes mots”). Non content d’avoir influencé le design de la police, la technique a également modifié la manière dont les imprimeurs composaient leurs annonces.

Un peu comme si vous ne pouviez composer un texte qu’avec les lettres d’un Scrabble. Tout est possible mais vous ne disposez que d’un Z…

La beauté de la langue réside dans le dynamisme de son infinie modularité.

Bonne lecture et bonnes fêtes ! Retour de NLQ jeudi 27.