Tout est question d’usages #6

1. Seven simple photo hacks:

Coffee Maker Cooking

2. Coffee Maker Cooking.

3. The Phone Stacking Game also called Don’t Be a Dick During Meals.

At the beginning of the meal, everyone puts their phone face down at the center of the table. As time goes on, you’ll hear various calls, texts, and emails, but you can’t pick up your phone. If you’re the first one to give in to temptation, you’re buying dinner for everyone else. If no one picks up, then everyone pays for themselves.

4. Seven iPhone Photography Tips & Tricks

Empty Pocket #9 : week 17

 

FOOD-superJumbo

Kind of gem i’m crazy about. Ordinary life hacks powered by users. What a pitch. What can I learn right now or later in just 10 minutes of time-space continuum, that could or may or might possibly be useful for the rest of the remainder of my life?

Crazy story. Stoopid. Made in Compliance. When ‘Liking’ a Brand Online Voids the Right to Sue

For the pleasure of rocking the Piketty’s boat. The Most Important Book Ever Is All Wrong. Here is positive critic: Capitalism simply isn’t working and here are the reasons why

A few nice tips for people looking for raising big dought. Invest Like an Expert. My Secret Investment Strategy

For you who bravely went for anthropology during University. Your silver lining. Here’s Why Companies Are Desperate To Hire Anthropologists

Why it helps to come from a socially privileged social background? Lawrence Lessig learns there are no laws on his son’s Minecraft server

That’s a surprise. Nike fired all the dev team working for Fuelband. True fans beleive Nike is cooking up something with Apple. Wait and see. And stop running please. Nike and The Future of the Fuelband

Have you met AOL’s Shingy? I Know I Look Weird But I Like It’: Meet Shingy, AOL’s Dumped On Digital Prophet

Ne lésinons pas sur les paradoxes : devenons plus durables pour mieux fidéliser

Il existe de nombreuses façons pour les marques de manifester leur engagement durable afin de générer de la préférence et de rassurer le consommateur jusqu’au seuil fatidique de l’acte d’achat : grandes campagnes de notoriété sur les valeurs de marque, la qualité des produits, sur la filière de fabrication, le choix des fournisseurs et des matières premières, la certification et la labellisation (parfois absurdes), le travail avec des associations écologiques et de développement …

Mais une fois l’achat passé, comment cet engagement se traduit-il ? Et pourquoi serait-il pertinent de poursuivre sur cet axe de communication ?

Il s’agirait ici de travailler de nouveaux territoires pour les marques.

Le marché secondaire, celui de la revente entre particuliers, enchères, s’est considérablement déployé avec le développement des places de marché numériques, des réseaux sociaux et l’essor – plus récent – de l’économie collaborative. eBay, le Bon Coin, et toutes les plateformes qui viennent simplifier les relations C2C (consumer to consumer) sont des prolongements numériques des marchés aux puces et autres brocantes mais avec une intermédiation réduite, accessibles en permanence, connectant des individus dans le monde entier.

Avec l’extension de ce territoire, et notamment de sa visibilité, certaines marques se sont posées la question de l’intégration de ces nouveaux usages dans leur communication. Désormais, le produit parle et vit bien au-delà de l’achat, il n’est plus consigné au domaine privé. Il peut voyager d’individu en individu, être échangé et vu sur les réseaux sociaux. Sa qualité, sa durabilité sont donc à l’épreuve du regard bien plus longtemps qu’avant. Il s’agit ici pour les marques qui capitalisent sur leur engagement durable et la qualité de leurs produits  de façon organique de faire d’une pierre deux coups par le marketing de la preuve : communiquer sur leur engagement durable ET fidéliser leurs clients.

Trois cas me viennent en tête pour illustrer ce nouvel enjeu :

patagonia second hand

Patagonia.

L’engagement profond de la marque  outdoor envers la nature et la promotion de valeurs écologiques comme la volonté de consommer moins s’est présenté comme une excellente occasion de mettre en avant la qualité de leurs produits. A travers un partenariat avec eBay intitulé The Common Threads Partnership (common thread en français : dénominateur commun ou lien commun), elle permet la revente de vêtements Patagonia d’occasion sur un espace brandé, à part. L’occasion de fédérer une vraie communauté d’acheteurs et d’en faire des ambassadeurs d’une nouvelle sorte, puisqu’ils vantent indirectement la durabilité de ces vêtements qui ont plusieurs vies. Sans oublier le potentiel en terme de notoriété avec les RP autour de cette opération. Patagonia renouvelle le sens de sa relation avec ses consommateurs, fidélise et crée de la préférence. Elle s’approprie un ensemble d’usages auparavant gris, qui s’étend et fixe ses propres règles pour en faire une extension de son territoire de marque.

ikea reprise meube occasion

IKEA.

Ikea Seconde Vie : pour promouvoir un modèle de vie durable et responsable auprès de ses consommateurs tout en leur faisant faire des économies, la marque aux boulettes de renne a créé des espaces “bonnes trouvailles” dans 80% de ses magasins français. Pendant deux mois, entre le 1er avril et le 31 mai 2013, elle a repris 9410 meubles d’occasion, pour une moyenne de 29 euros, et permettant leur réallocation en moins de deux jours chez d’autres consommateurs qui souhaitent bénéficier de meubles à prix réduits. Une tactique qui s’inscrit dans la stratégie “People & Planet Positive” du groupe, qui se fixe par ailleurs un objectif de 45% de produits recyclés sur le total de sa production d’ici quelques années. Si ce n’est pas la promotion de la qualité du produit qui est au coeur de cette opération, on y trouve les valeurs de pragmatisme, rationalité et efficacité chères à Ikea.

apc echange reprise jeans

APC.

La marque de Jean Touitou propose de retourner les jeans usés en magasin et de profiter d’une réduction de 50% sur un nouveau jean en échange. Les produits usés retournés seront également revendus en boutique, à un prix moindre, une fois lavés, raccomodés et brodés aux initiales de son ancien propriétaire. Ici, on mise tout sur la fidélisation et la qualité, plutôt qu’un engagement durable, même si celui-ci est sous-entendu dans la preuve du produit. On crée l’occasion du retour en magasin (on pourrait appeler ça pompeusement le “hacking du customer journey”), on capte aussi le détournement de trafic qui se faisait au profit de  l’achat en friperie.

En devenant progressivement des fournisseurs de services, les marques s’aventurent de plus en plus sur un territoire business  pensé  jusqu’ici pour les produits très chers/impliquants, comme le luxe (notamment la haute joaillerie) ou l’automobile. Outre faire croître le chiffre d’affaires, ces nouvelles pratiques donnent aussi toujours plus d’importance à la marque en tant qu’asset majeur des groupes, vecteur de sens et de valeur qui permet de surprendre le consommateur sans le désorienter.

Neil Tamzali

@lesarchivistes

Plus fort que le hacking : le Jugaad. L’innovation venue des pays émergents.

La méthode Jugaad au service des personnes malvoyantes
La méthode Jugaad au service des personnes malvoyantes

Si le hacking est un mode de pensée pour résoudre les problèmes de la vie de tous les jours, il est infiniment moins cool que son alter ego issu des pays émergents : le Jugaad, ou innovation frugale en français.

Jugaad vient d’un mot hindi signifiant “savoir se débrouiller et trouver des solutions dans des conditions hostiles.”

Découvert dans la revue We Demain, Jugaad désigne la capacité d’innover plus avec moins. De détourner, de braconner. Tout ce qu’on aime.

Comme dirait Christophe de Maistre, président de Siemens France – dans un ouvrage consacré au sujet : “la quête de la simplicité ne va pas à l’encontre du progrès”.

J’en rosis.

Voici quelques exemples :

Le premium se dit, le luxe se tait. Lacoste : anatomie d’un virage mal négocié

banksy picasso génie vol copie contrefaçon parodie

Cette excellente veille signée M&C Saatchi Gad consacrée à l’histoire de Lacoste propose une citation datant de 1999 (slide #33) :

“Nous allons accroître la visibilité de la marque sur le terrain en communiquant sur un style de vie plus que sur les produits.”

Si ces mots ont maintenant plus de 10 ans, on ne peut s’empêcher d’essuyer un petit rictus.

D’abord parce qu’après une dizaine années et une modernisation du branding objectivement réussie, le business de Lacoste se porte moyennement. La belle pub ne suffit pas à faire vendre, le RFID et les fixies n’y peuvent pas grand chose.

Ensuite parce que même si l’Internet n’était pas ce qu’il était aujourd’hui, pérorer sur le “contrôle de sa marque” à coups de hiatus issus de mauvais manuels d’écoles de commerce (différence entre positionnement voulu et positionnement perçu) est caricatural. De la même manière que les parvenus singent les aristos, les marques premium se piquent de singer les marques de luxe en pensant que tout passe par le comportement alors que le luxe est d’abord une attitude.

Le luxe, c’est les usages.

Comme le dit si justement mon amie Mathilde : le premium se dit, le luxe se tait.

C’est la confiance en soi qui permet d’être porté par n’importe qui et n’importe quand. C’est l’insouciance, l’audace et la vision qui font prendre des risques, faire des erreurs et en sortir plus fort. C’est Vuitton à la sauvette, c’est MJ pour Coke Light, c’est Chanel et Lily Allen, c’est ce à quoi aspire unconventional chic.

Montrer du lifestyle plutôt que du produit relève du même désir mal assuré de contrôle que les musées qui interdisent les photographies (sans flash).

Lacoste n’a jamais compris que les usages lui offraient l’opportunité en or d’être associé aux plus gros leaders d’opinions français de ces dernières années. Depuis 20 ans, tout descend du street style : les bloggueuses mode qui photographient des gens dans la rue, les rappeurs devenus icônes des défilés, les food trucks, le tuning, les tatouages, le rap aux Victoires de la musique, le graffiti valeur refuge des galeries, le break à la base des succès du dub step/tecktonik/harlem shake et tutti quanti…

Après s’en être violemment désolidarisé au nom d’idées rétrogrades, Lacoste ne pourra jamais racheter ça.

Lacoste n’est pas l’exemple à suivre mais celui à ne pas suivre.