10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #288

1.Contrairement à ce qu’on entend parfois dans les salles, la plupart des poses de yoga ont été récemment inventées. Merci Anais

2. Le fusil de Tchekhov est un principe de dramaturgie postulant qu’il ne faut jamais montrer une arme à feu dans un acte si elle ne sert à rien. Dans le cas inverse, elle est censée donner l’impression au lecteur de bien suivre l’intrigue.

3. La chanson de William Sheller pour Hippopotamus.

4. Une partie sur deux de Monopoly se termine mal. Hasbro a donc ouvert une hotline dédiée au règlement en Angleterre.

5. L’expression jeu de main jeu de vilain vient de l’époque où les nobles jugeaient leurs différends à l’arme à feu, tandis que le petit peuple préférait les poings.

6. De la même manière que la loi de Moore dit que la puissance des puces informatiques double tous les 18 mois, la loi de Shrek montre que le temps passé sur les effets 3D d’une vidéo double d’un épisode sur l’autre.


7. L’encre des imprimantes coûte plus cher que les parfums.

8. Ce portrait de Lincoln est une des premières photos à avoir joué un rôle central dans une élection.

9. Les backeurs, doublures indispensables des rappeurs.

10. Run DMC est l’alliance de 2 surnoms : Rev. Run et Devastating Mic Controller.

Des vertus de la copie publicitaire. La loi du talion s’applique à la publicité.

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Que dissimule le désir d’être premier? Un besoin de prestige? Un besoin de domination? Un manque d’assurance? Un appétit pour le profit?

En publicité comme dans un tas d’autres domaines, être le premier ne paie pas forcément. C’est même la leçon principale énoncée par Ev Williams dans Wired il y a quelques jours. Le succès ne consiste pas à planter les vignes mais à les vendanger.

Quand Microsoft plagie Apple, est-ce grave ? Quand Bouygues copie Orange est-ce un problème? Quand Renault imite Chrysler est-ce un gênant? Cela dépend.

Primo, copier publicitairement une marque qui n’opère pas sur son marché ne pose pas d’autre problème que celui de l’estime des directeurs artistiques responsables du plagiat (cf. des sites comme Joe la pompe), autrement dit non existant.

Secundo, les films copiés bénéficient toujours au leader d’une catégorie. Quand Bouygues parle de progrès avec grandiloquence, Orange tire les marrons du feu. Quand Apple parle, c’est tout le marché qui en profite, y compris HP.

Pas la peine de se prendre la tête à innover quand un pionnier a déjà tracé la route pour vous : on appelle ça le second mover advantage. Les cas sont innombrables : iPad ou iPhone en sont les exemples parfaits.

De fait, la publicité différenciante est un problème de challenger, comportant autant sinon plus de risques (détournement du core business, baisse de la compréhension d’une promesse ou travail pour le leader) que d’avantages, malgré quelques superbes (mais rares) exécutions : Avis we try harder ou Moro (ci-dessous). Un plaidoyer pour la prise de risque.

Les vrais gens dans les pubs de produits informatique

Les vrais gens, c’est un peu la tarte à la crème de la pub récessioniste. Depuis des dizaines d’année, on nous vendait du rêve, des fantasmes futuristes et de l’incroyable.

La tendance est progressivement en train de changer, du moins du côté de chez certains fabricants d’informatique.

Le constat est simple : si je ne suis pas arrivé à bâtir une marque aspirationnelle ou communautaire, autant quitter ce terrain pour aller chasser sur celui des usages.

Différences en images :

Apple, LE représentant de la marque lifestyle, aspirationnelle et communautaire, donne une représentation humaine de ses produits.

Les “autres”, adoptant des stratégies publicitaires basées sur l’usage :

Les marques qui signifient l’usage par la parole d’utilisateurs lambda : Windows (“c’était mon idée”), Dell  (“le mien, comme je veux”)..

Les marques qui illustrent l’usage par l’intermédiaire de créateurs : Hewlett-Packard (The HP Experiment), Intel (“Our rock stars aren’t like yours” ou “Créateurs de futur” avec Vice).

Soit une alternative à Apple et ses projections monolithiques un peu stériles. Les “vrais gens” créent des choses concrètes grâce à des bénéfices produits tangibles.

Petit coup de coeur pour HP avec sa campagne Let’s do amazing qui synthétise bien les deux approches alternatives à Apple : ils utilisent un individu lambda (Rhys Darby, repéré dans Flight of the Conchords) pour valoriser les travaux de créateurs : musiciens, ingénieurs, etc.

Mythologie : le garage

Le garage désigne étymologiquement l’action de ranger un véhicule dans une gare. L’expression “voie de garage” lui rend hommage : elle est la métaphore d’une situation condamnant à l’immobilité.

Dès lors, comment expliquer les mythologies créatives – très américaines – gravitant autour des garages ?

Historiquement, le garage nous raconte l’histoire de l’urbanisation du 20e siècle et de la société de consommation : l’american way of life fait rentrer dans la légende le pavillon de banlieue, synonyme d’indépendance, de jardin, de confort, de propriété.

Ce mode d’habitation s’est développé parallèlement à la démocratisation de l’automobile (THE transport individualisé). Parce que la nouvelle bourgeoisie habite dans les suburbs (en distinction des centre-villes populaires) grâce à l’auto, elle doit de doter d’un lieu où la ranger. Initialement indépendant de la maison, le garage va progressivement se coller à l’habitation afin de symboliser le lien qui unit les gens à leur voiture.

Au fur et à mesure, on intègre le garage aux maisons. On ajoute une pièce au-dessus du garage. On la loue pour rembourser son crédit, on l’utilise comme grenier où on la prête aux enfants pour les familiariser à l’indépendance.

Le garage devient un lieu à part, une alternative entre le foyer parental et le monde extérieur, une annexe de l’autorité : le sanctuaire de la voiture, outil d’ouverture sur le monde extérieur.

Pas étonnant dès lors que le garage soit autant lié au changement, à la transformation, il est le catalyseur entre l’ordre et le progrès. D’où le nombre fou de mythologies – savamment storytellées – de créations d’entreprises révolutionnaires ayant vu le jour dans un garage : informatique (Apple, Microsoft, HP…), ingéniérie

Le garage, c’est la déclinaison moderne de l’atelier ou de la dépendance au fond du jardin où tout se créé, façon Géo Trouvetou, Léonard ou Oncles fameux bricoleurs :

Mon oncle un fameux bricoleur faisait en amateur
Des bombes atomiques
Sans avoir jamais rien appris c’était un vrai génie
Question travaux pratiques
Il s’enfermait toute la journée au fond de son atelier
Pour faire des expériences
Et le soir il rentrait chez nous et nous mettait en transe
En nous racontant tout…
Boris Vian, La java des bombes atomiques

On croise également le mythe du garage au cinéma : Doc de Retour vers le futur y invente sa machine, Kevin Spacey dans American Beauty s’y reforge une nouvelle jeunesse et découvre l’homosexualité…

Mon oncle un fameux bricoleur faisait en amateur
Des bombes atomiques
Sans avoir jamais rien appris c’était un vrai génie
Question travaux pratiques
Il s’enfermait toute la journée au fond de son atelier
Pour faire des expériences
Et le soir il rentrait chez nous et nous mettait en transe
En nous racontant tout

Le garage, c’est un lieu de transgression : on y fait les premières boums (cf. Sophie Marceau ou Franck Dubosc), on y fait les sottises propres à l’adolescence, on y hurle des refrains pré-punks… Un style musical baptisé Garage Rock, caractérisé par un son sale, enregistré en amateur.

Ce style d’enregistrement subsiste encore de nos jours : le logiciel Garage Band symbolise à lui seul les premiers enregistrements maison.

En bref, le garage témoigne de l’évolution de la société et des cultures adolescentes, il cristallise les alternatives et les idéaux jeunes, il est le lieu de transit vers le monde extérieur…

Tout un programme… Avez-vous d’autres images du garage en tête?