Polémique : et si la réalité augmentée était le prochain Second Life

Second Life au sens grosse hype – façon courbe de Gartner – qui tourne en bide avant de redevenir cool grâce à des usages pas forcément imposés.

Voici une allégation qui ne manque pas de piquant. Elle est à porter au crédit de Piers Fawkes, rédacteur occasionnel chez PSFK.

Il se demande si toute la hype gravitant autour de la réalité augmentée (déjà expliquée ici) n’est pas un peu vaine, tant les barrières au développement massif de cette technique sont nombreuses : équipement en internet mobile encore un peu faible, manque de sites ou applications référents, débits de bande passante mous du genou…

La RA, c’est pour le moment essentiellement une prouesse technique ou une blague de marketeurs ou une vache à lait pour les agences interactives.

Fawkes rappelle qu’il y a 3 ans, les prophètes de Second Life évangélisaient le chaland en jurant que la vraie vie allait devenir virtuelle. Pareil pour la télévision interactive au début des années 90, pareil pour des tas d’autres appareils qui n’ont jamais fonctionné (la montre télévision, cf. veille Né Kid dédiée aux bides).

Affaire à suivre…

Retour sur quelques jolies échecs :

Blogueurs poules mouillées

La newsletter Stratégies datée du 17 novembre 2009 signalait le silence inhabituel de la blogosphère spécialisée dans le traitement des opérations de buzz face à l’affaire Mailorama. Les « bloggeurs influents » useraient-ils du mutisme propre aux conflits d’intérêts entre annonceurs et médias ?

 

Dans l’immédiat, ce n’est pas tant le projet de distribution d’argent dans la rue qui est à honnir mais le silence des blogueurs. Jamais à cours de réactivité pour relayer n’importe quel « bruit » dans une course à l’audience aussi vaine que pauvre pour les utilisateurs, les bloggeurs influents n’ont jamais aussi mal porté leur nom.

 

Ils n’avaient pourtant pas lésiné sur la couverture de l’annonce de l’évènement il y a 3 semaines. Aujourd’hui, c’est le calme plat. Pas bêtes les guêpes. Inutile de se fâcher avec un partenaire business potentiel.

 

Dans un second temps, il semble important de revenir sur l’opération Mailorama : sans sombrer dans la critique facile d’un projet maladroit, Stéphane Boukris semble essentiellement victime de ce qu’il conviendrait d’appeler le « buzz pour le buzz », une mécanique motivée par des agences moins portées par la culture du résultat et l’articulation stratégique du message et des moyens que par leur propre publicité.

 

Cet échec fait lumière sur les limites d’une méthode de communication à la hype inversement proportionnelle à son efficacité. Voilà qui devrait remettre en question bon nombre de recommandations.

 

Il n’est jamais trop tard pour remettre à plat les stratégies marcomms des annonceurs. Une fois encore, il aura fallu attendre un scandale pour réagir. C’est déprimant.

Et si l’on dansait le dernier slow?

L’objet de ce post est inspiré par une nouvelle qui devrait faire frétiller de joie tout ce que la planète Terre compte d’adeptes du bon goût. La firme qui produit les abominables sandales Croc est sur le point de déposer le bilan. Ouf.

Croc est était un des symboles du mouvement fast fashion, ces marques capables d’imposer un rythme d’achat effréné. A titre d’exemple, Zara et H&M sont pour beaucoup dans le développement du fast fashion. Pour illustrer le propos, une griffe mettait sur le marché 2 à 3 collections par an il y a encore quelques années. Aujourd’hui, ce chiffre est passé à 7 collections par an (en moyenne).

En clair, Croc est un exemple typique de produit hype disponible en 1000 coloris, 1000 tailles et 100 000 magasins différents en l’espace de quelques semaines, le temps pour la marque de submerger le marché puis s’en retirer aussi rapidement, croulant sous la dette gigantesque constituée pour imaginer de nouveaux motifs d’écrase-merde de chaussures.

Face à la cadence infernale imposée par les marques telles que Croc, une tendance se développe : le slow. En opposition au fast, le slow invite ses adeptes à vivre plus lentement = dépenser moins, consommer moins, se déplacer moins, communiquer moins, prendre le temps de réfléchir, prendre du recul…

Cette tendance nous enseigne une autre chose intéressante. La fast fashion, en nous imposant son rythme, nous impose également un style et la manière dont nous nous habillons. Nous en sommes les victimes consenties. La slow fashion promulgue des achats moins fréquents mais de meilleurs qualité, plus réfléchis, plus responsables et surtout plus personnels. En s’affranchissant du rythme imposé, on peut laisser parler sa personnalité et exprimer son propre style.

Le slow a commencé à faire parler de lui il y a quelques années dans le cadre de l’alimentation (en réponse au fast-food, cqfd) : plutôt que de manger sur le pouce 6 fois par jour, reprenons le temps de cuisiner, faire les choses nous-mêmes, se réunir en famille pour partager un repas et ses anecdotes quotidiennes. En somme, remettre au goût du jour le rôle de ciment social du repas dans une famille.

Le slow existe aussi en communication, sous l’effet des SMS, emails, pokes, twitt’… Réapprenons à communiquer oralement, tranquillement, à échanger des idées plutôt que de “rester connecté” frénétiquement sans autre forme d’intérêt que de faire gonfler sa base de friends

Et si finalement Joe Dassin avec tout compris depuis le début?

Source : Washington Post

Une définition de la hype

Pas beaucoup de temps pr écrire une petite note aujourd’hui. Je vous laisse en compagnie de notre veille Né Kid sur la différence – existentielle pour certains – entre la hype et le hip (d’autres s’y sont essayés).

Vous n’y découvrirez pas la prochaine tenue de l’été. La petite leçon de ce document : en évitant les écueils du suivisme publicitaire, vous esquivez la hype, vous êtes hip, et c’est bien plus mieux.

Breaking news : les cycles de Gartner

Avez-vous entendu parler des cycles de Gartner ou hype circles? Ce laboratoire américain est un des spécialistes de la recherche et veille en matière de technologies.

Il publie chaque année une série de graphiques décrivant les évolutions à venir, les tops et les flops dans des domaines très variés : ecommerce, CRM, outsourcing, IT, Ressources Humaines, Logiciels

Voici leur vision 2008 du cheminement des technologies émergeantes, pour le reste, il vous en coûtera quelques milliers de dollars.

La courbe se décompose en 5 phases distinctes – un peu à la manière du cycle de vie d’un produit :

  • Technology trigger : lancement d’un nouveau produit ou d’une nouvelle application. Exemple récent : le micro-blogging et Twitter.
  • Peak of inflated expectactions : la phase de succès du produit, débouchant sur un début de déclin. Exemple : Facebook, en constante augmentation malgré ses premiers suicides.
  • Trough of disillusionment : la défaite, le bide alors que le carton était annoncé. Exemple : Second Life.
  • Slope of enlightment : la découverte n’a pas remporté le succès escompté – dans un premier temps – mais une frange d’inconditionnels persiste. Exemple : la TV sur mobile, la visiophonie.
  • Plateau of productivity : phase de maturité durant laquelle le produit suit son bonhomme de chemin et rentre dans les moeurs. Ex : téléphonie mobile, MSN Messenger…

Source : Advert Lab