Le reverse skeuomorphisme indique l’état de maturité de la digitalisation du monde

A rebours de la métaphore employée pour faire la pédagogie du web aux grandes masses, on ne répétera jamais assez qu’il n’y a pas de différence entre le réel et virtuel. Le digital est un calque, une noosphère* non organique (à des degrés de pénétration malheureusement encore trop épars).

Aussi, on voit depuis mois apparaitre de objets analogiques mais nés digitaux (au sens technologique du terme).

Dans le sens inverse, il s’agit de skeuomorphisme (comment un objet digital adopte le look d’un objet analogique pour favoriser l’affordance).

L’interpénétration digitale/analogique constituent une preuve intéressante de la thèse énoncée plus haut. Les objets, les idées, les inspirations circulent.

Il est amusant de constater que l’effet de diligence semble passé, l’ancien se joue du nouveau sans complexe… Un peu à la manière des autos qui revisitent un design rétro.

En espérant que les marques sauront observer ce qui se passe et en tirer le meilleur.

*Pour le fun, un petit deck sur la noosphère :

Bienvenue dans l’hyperréalité

Concept développé (entre autres) par l’ami Baudrillard, l‘hyperréalité caractérise les sociétés réservant une place telle aux images qu’on ne distingue plus la réalité de la fiction.

Il aurait été aisé d’aborder le sujet sous l’ange des mondes virtuels (WoW, Second Life, Habbo, etc.) ou de la séduisante version des frères Wachowski mais je préfère le traiter par le prisme de la publicité.

Est-ce la maturité des consommateurs? Est-ce les marques qui ont poussé le bouchon trop loin? Est-ce ce que plus personne n’est dupe de rien?

On a jamais autant vu de fictions gravitant autour de la publicité : Culture Pub a lancé le mouvement il y a des années, Mad Men triomphe aux Golden Globe, The Gruen Transfer (un talk-show sur la pub) a fait des scores exceptionnels en Australie, le SNPTV fait de la pub pour la pub… Sans parler des campagnes UGC…

Bientôt, plus un citoyen ne sera ignorant des rouages et techniques de la pub.

Les vieilles frontières sont définitivement brouillées. Preuve ultime que l’opinion ne considère plus les consommateurs comme des cibles mais comme des interlocuteurs capables de décoder et comprendre les rouages de la réclame. Des partenaires en somme…

Etonnant non?

Pour le plaisir, voici le case study du lancement du Gruen Transfer par l’agence australienne Three Drunk Monkeys :