Que nous enseignent les jardiniers de la créativité?

jardin_anglaise

[Salut la forme?NLQ est de retour]

Les idées neuves sont des parasites.

Elles naissent sur le dos des vieilles idées et développent leur existence propre, souvent à leur dépens.

La première étape de la créativité est d’accepter d’être parasité. D’être mis en doute, en danger, en dehors de sa zone de confort, ie. son petit capital d’idée accumulé avec les années.

Etre parasité n’est pas toujours très agréable. Notre fonctionnement est chamboulé, on transpire, les anticorps s’activent. La fièvre est la manifestation de notre adaptation au changement, qu’elle rejette ou qu’elle accepte le parasite. La fièvre est un état de transition pénible mais salutaire.

Les idées ne naissent ni dans les chou, ni dans les fleurs. Elles se greffent tant bien que mal à notre végétation présente.

Les jardins les mieux protégés sont souvent les plus mortifères. Contrôler la nature est une vaine ambition de l’homme qui a au final plus d’effets négatifs que positifs. Ce doit être pour cela que les anglais sont plus créatifs…

Laissons la nature, le hasard, la providence  et les parasites s’introduire dans notre écosystème. C’est le meilleur moyen de s’enrichir, se remettre en question, s’ouvrir à la nouveauté.

Cultiver son jardin, c’est aussi le laisser en friche.

Comme pour la plupart des réunions, les brainstorming sont des séances d’épouillage comme les autres

Il y a quelques semaines, Jonah Lerher produit un article dans le New Yorker où il explique pourquoi le brainstorming tel qu’il a été inventé – aka un outil commercial chez BBDO dans les années 40 – est un leurre.

Plusieurs expériences montrent que nous sommes plus créatifs en situation de solitude. Les mécaniques de groupes flinguent la libération des idées et le principe de non-jugement est un frein à l’idéation (tout comme l’absence de contraintes). [Il est au passage amusant de remarquer comme le concept de jugement seconde dimension fait résonner les préceptes judéo-chrétiens. Le jugement est une instance douée de droit de vie ou de mort sur la création.]

La bride posée par les effets de groupes sur la créativité est moins grave pour les séances de brainstormings que pour les organisations.

Comment rester compétitif malgré les risques de la gestion collaborative d’un projet?

Une célèbre expérience de la NASA (désolé mais je ne trouve plus le lien) portant sur la hiérarchisation des objets à emporter dans l’espace montre en effet que la somme des décisions individuelles est inférieure à une décision collective.

Entre ces deux exemples contradictoires, comment trancher et comment orienter sa gouvernance ou son management?

Comme souvent, l’utilité du brainstorming se trouve ailleurs.

Toute technique visant à stimuler la créativité par la collectivité est un exercice socio-anthropologique. Leur dessein consiste moins à trouver des idées que de rassembler des gens, créer un environnement sympathique,consacrer un laps de temps à un problème, partager une vision et son expérience d’un sujet. Le type de conversation propre aux séances d’épouillage des primates.

Après tout, c’est mieux que rien, les gens n’ont pas forcément le temps de réfléchir dans leur bureau et il existe des pistes d’amélioration.

Le brainstorming ou la co-création sont des rituels répondant avant tout à un enjeu social, d’où leur prééminence en entreprise.