Oui, la publicité est subliminale. Pourquoi les expériences de marque sont essentiellement invisibles.

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Pour ceux qui commencent à sentir mon goût pour l’inframarketing, voici un petite pierre supplémentaire à l’édifice.

Ce talk TED est une jolie allégorie du rôle de l’invisible dans la perception d’une expérience – cf. ces cas musique et typographie.

De la même manière qu’une expérience de marque est composée d’une somme de petits trucs, ce sont les choses invisibles qu’on remarque le plus.

On ne voit pas ce qui se trouve est en face de nous, pour une raison simple : ce qui est compris n’est plus à comprendre. Une fois que notre cerveau a assimilé une information, il passe en mode autopilote, c’est la démonstration magistrale de cet exposé :

J’aime imaginer que dans l’économie de l’attention, on se bat pour que les gens remarquent les quelques pourcentages visibles d’une expérience globalement invisible et infraordinaire.

Si l’extra-ordinaire est le nouvel ordinaire, comment gérer la gueule de bois normative?

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Un des articles notables de la semaine passée vient de chez The Technium : The Improbable is the New Normal. Dans la droite lignée des théoriciens des médias, l’auteur y explique que la digisphere a transformé l’extra-ordinaire en ordinaire.

Un mec qui surf une vague de 34 mètres, une antilope qui bouscule un cycliste, un étudiant qui marbre 300 bières d’affilée, un bébé qui sifflote du Mozart. Tout ça existe sur les internets. Pics or it didnt happen. La prolifération des caméras et appareils photos saisit le monde dans toutes ses singularités. De l’infraordinaire au supraordinaire.

L’anormal est le nouveau normal. Conformément à la vision des textes mcluhaniens sur la vidéosphère et le village global.

Quel rapport à la norme va produire ce nouvel environnement? Quelle place réserver à la création à l’heure où chacun créé à sa manière ? Jusqu’où la surenchère va-t’elle conduire?

Les défenseurs d’un certain retour à l’authenticité (du made in France au bio en passant par les séjours chez l’habitant) le démontrent : la sécularisation de l’extra-ordinaire est délétère. Si tout est extra-ordinaire, rien n’est extra-ordinaire. Ce point de convergence correspond à une époque où l’information était morcelée aux 4 coins du monde.

C’est fini. Cela explique aussi le repli identitaire et les angoisses. Tout ça à cause de 3 lolcats.

Grognons en ligne : risques et opportunités pour les marques

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Attention, ce post est cheesy mais j’aimerais avoir votre point de vue sur la question.

Sur la place publique, les gens qui osent prendre la parole pour épingler les turpitudes des entreprises constituent une aubaine à double tranchant pour marques.

Au rang des opportunités, citons d’abord le maigre effectif des Ralph Nader en herbe. Si l’on en croit cette bonne vieille loi de la participation, 10% des internautes seulement sont créateurs de contenus (blogs, vidéos, commentaires…). Parmi ces 10%, combien ont le tempérament propre à afficher leur désamour d’une enseigne? Et parmi cette élite, combien de plaintes sont entendues par les entreprises incriminées? Il en reste une poignée.

La loi de la participation héberge en son sein une “sous-loi de la grogne”, réduisant à peau de chagrin le nombre effectif de réclamations.

Qu’en retirer? Primo, les marques ont tout intérêt à prendre en considération les quelques grognons, faciles à consoler. Secundo, le flooding est plus facile qu’un claquement de doigt, on peut anesthésier à peu de frais les rares initiatives constructives des gens. Tertio, quid de la masse invisible de silencieux? On sait que les petites choses façonnent majoritairement la perception d’une expérience. Est-ce que les silencieux consentent? Les marques n’auraient-elles pas intérêt à donner la parole à leurs clients de manière plus facile, plus anonyme et moins décourageante ?

Si le profil des participants online (bloggueurs, twittos and co) ne fait pas le jeu des déterminismes socioculturels bourdieusiens (cette observation fera l’objet d’un article plus détaillé dans les jours qui viennent), les anecdotes de bloggueurs influents traités comme des rois à la moindre anicroche (un VP à qui une chaîne de restaurant offre un burger suite à un desiderata tweeté ou ces bloggueuses mode qui prennent les armes à la moindre rayure sur leurs bottes Sandro) donnent l’impression que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.

Les netocrates ne sont pas les seuls à mériter l’attention des marques. La fracture numérique s’exprime ici aussi. Le risque est là.

It’s the little things : les petits riens sont responsables de notre bonheur

Le dernier paragraphe de cet article sur Psyblog confirme l’importance des non-évènements de notre vie.

Si les normes sociales ou la culture tendent à nous faire penser et déclarer que les évènements les plus importants de notre existence sont nos diplômes, nos mariages ou nos enfants, la vérité est ailleurs.

Une étude – il doit en existe bien d’autres – montre que les petits riens du quotidiens sont source de notre bien-être.

L’infra-ordinaire ou les premières gorgées de bière sont plus structurants que tout le reste.

Une autre manière de lire les statuts Facebook, la consommation ou autres challenges quotidiens (cf. ce film étonnant que je republie dans cet article ici) :

L’utilité du marché de seconde main : créer une cote du quotidien

Mini article pour mini observation effectuée lors d’une situation vécue.

Il est un des réflexes généralisés par le web : un objet inutilisé peut être vendu à un tiers. Il a une valeur potentielle.

Toutefois, que faire en cas de non connaissance de la valeur de l’objet (imaginez vous un appareil technique ou une porcelaine qui a l’air précieuse) ?

Comment fixer le prix?

  • Se procurer un magazine qui fixe une cote? Cela ne fonctionne que pour certains types de produits, genre appareils photo ou automobile.
  • Se renseigner auprès d’un spécialiste? Pourquoi pas, à condition d’en connaitre un, de confiance a fortiori.
  • Lancer une enchère à 1 euro ? Bon plan, à condition de ne pas trop espérer du prix final.
  • Essayer de connaitre la valeur neuve d’un produit en tapant ses références dans Google? Bonne idée, à la condition qu’on ne connait le taux de décote du produit en question.
  • Faire une moyenne des prix pratiqués sur les sites de vente en ligne? C’est ce qui apparaît peut-être comme la solution la moins risquée sans omettre quantité d’autres risques…

Corollaire incroyable du net : créer une “cote du quotidien” – à  la façon d’une sanctuarisation de l’infra-ordinaire. Sur le web, tout a une valeur, c’est un des enseignements du Cluetrain Manifesto :

Thanks to the web, markets are becoming better informed, smarter, and more demanding of qualities missing from most business organizations.

Peu importe l’output de la transaction : sur le net, tout le monde est un vendeur qui s’ignore et réfléchit comme tel. Tout a une valeur marchande, écrite.