Un rythme trop soutenu d”innovation abîme la confiance dans les marques

Au pays merveilleux des marchands de pelles, on n’interroge que trop rarement la mobilité de la terre.

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Le dernier Trust Barometer d’Edelman pose pourtant une question cruciale, que même les plus égocentrés d’entre nous ont déjà personnellement ressenti : plus notre environnement change et plus la confiance peine à s’installer. Ce donneur de leçons de Bob Dylan aurait parlé de rolling stone.

La confiance est un don paresseux qui a besoin de temps.

Si on ne peut plus se fier à une information plus de quelques mois, la confiance se tarit.

Cette observation souffre à peu près toutes les comparaisons que la rhétorique peut compter, depuis un couple adultère à un enfant criant au loup en passant par les compétences des capital-risqueurs.

De quoi modérer les ardeurs de vos équipes digitales en brainstorming.

Oui la plupart des marques rêvent d’innovation et de modernité. Attention toutefois à ne pas fissurer leur capital confiance.

PS : cela n’empêche pas les entreprises technologiques d’être les champions de la confiance…

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When expertise is freezing creativity: is jargoning a sign of desperation?

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Cross-fertilisation of ideas within science is hugely important for innovation. The problem is, the more specialised we become, the more disconnected we become with other scientists outside our field.

Excellent article by Ben McNeil.

Does it ring a bell?

I guess this is human nature to tell our expertise through marginalities rather than commonalities. There’s an identification issue.

But when it stops us to collaborate, that really sucks.

This is when people working in advertising agencies feel like don’t understanding their fellow working in digital agencies. Where medias guys jargon so much we couldn’t picture they’re working for brands.

Hey ho guys, let’s focus on parities point. These are 80% of our jobs. Let’s work together. No one believe in jour jibbering.

We’re all designing lolcats contents for people who just care about watching TV and Youtube for free thanks to ads.

No one buy your differences. It’s just a pain in the ass.

Que nous enseignent les jardiniers de la créativité?

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[Salut la forme?NLQ est de retour]

Les idées neuves sont des parasites.

Elles naissent sur le dos des vieilles idées et développent leur existence propre, souvent à leur dépens.

La première étape de la créativité est d’accepter d’être parasité. D’être mis en doute, en danger, en dehors de sa zone de confort, ie. son petit capital d’idée accumulé avec les années.

Etre parasité n’est pas toujours très agréable. Notre fonctionnement est chamboulé, on transpire, les anticorps s’activent. La fièvre est la manifestation de notre adaptation au changement, qu’elle rejette ou qu’elle accepte le parasite. La fièvre est un état de transition pénible mais salutaire.

Les idées ne naissent ni dans les chou, ni dans les fleurs. Elles se greffent tant bien que mal à notre végétation présente.

Les jardins les mieux protégés sont souvent les plus mortifères. Contrôler la nature est une vaine ambition de l’homme qui a au final plus d’effets négatifs que positifs. Ce doit être pour cela que les anglais sont plus créatifs…

Laissons la nature, le hasard, la providence  et les parasites s’introduire dans notre écosystème. C’est le meilleur moyen de s’enrichir, se remettre en question, s’ouvrir à la nouveauté.

Cultiver son jardin, c’est aussi le laisser en friche.

Les nouvelles technologies produisent souvent plus de valeur qu’elles n’en détruisent

evolution robot humanoide ecriture

L’inspirant Noah Brier livrait récemment un extrait d’un article de Kevin Kelly.

Le rédacteur en chef de Wired y explique le caractère inéluctable de la substitution de notre main d’oeuvre par des machines. De la même manière que les chaines d’assemblage du début du 20e siècle ne nécessitent désormais qu’1% des employés dont elles avaient besoin il y a 100 ans, la majorité des travaux qui composent notre quotidien seront automatisés dans le centenaire à venir.

Outre la foi dans la robotique propre à ligne éditoriale de la revue, Kelly explique que l’automatisation des travaux fait généralement apparaître de nouveaux emplois, dont on ne prend connaissance qu’après l’intervention des machines : les transports ont développé le tourisme, les télécommunications ont attisé l’économie servicielle, la maîtrise de l’énergie a fait jaillir des pans entiers de civilisations.

L’histoire prouve que sur le long terme, les nouvelles technologies produisent souvent plus de valeur qu’elles n’en détruisent.

Cet optimisme face à l’avenir sied tout particulièrement à un début d’année.

Meilleurs voeux pour 2013 et à bientôt !

Le zombie media ou le porte parole technologique de notre peur de l’avenir

La vogue des zombies dit notre crainte de l’avenir. Elle cristallise les angoisses de notre rapport au temps grâce à un état bien commode le zombie. Mort-vivant, entre la vie la mort, le présent et l’avenir. Le non-état du zombie ne fait pas de lui un non-être mais un être à part.

Dans cette perspective, la définition du zombie media par Jussi Parikka ne manque pas de piquant :

Zombie media addresses the living deads of media culture. As such, it is clearly related to the earlier calls to investigate “dead media” by Bruce Sterling and others: to map the forgotten, out-of-use, obsolete and declared dysfunctional technologies in order to understand better the nature of media cultural development.

Intéressant parce que sa thèse milite pour l’institution d’une archéologie des channels visant à mieux comprendre les développements des médias (on comprend autant un phénomène par ses bosses que par ses creux) et pour son intérêt porté à des objets mort vivants : le minitel (il est encore chaud), les pagers dans les hôpitaux ou les casernes de pompier, les pneumatiques dans les supermarchés ou les bureaux, les numéros vert en bas des annonces presse…

Nous sommes entourés d’objets naguère innovants désormais obsolète d’un point de technique mais pas du point de vue des usages.

Les médias zombies disent aussi nos craintes de l’avenir. Le nouveau, le plus léger, plus rapide, plus performant n’est pas toujours mieux dans l’esprit des gens.

A méditer avant de vendre de l’inno dans votre prochaine reco.