La personnalisation du web est-elle un mythe? Réaction à un article de la Fing.

Ca faisait un bout de temps qu’on n’était pas tombé sur un article intéressant d’InternetActu de la Fing. Cette tribune sur le mythe de la personnalisation du web rattrape le temps perdu, malgré une absence étonnante de données scientifiques mais après tout, je ne suis pas le dernier à partager des opinions plutôt que des théories.

Grosso modo, Hubert Guillaud reproche au web d’avoir perdu la bataille de la personnalisation au bénéfice de la catégorisation (le regroupement de personnes en cohortes d’individus). Allant jusqu’à considérer que de fait, la collecte de données est inutile.

J’adore ce genre de pavé dans la mare. Et pourtant, si j’entends la critique je ne peux pas m’empêcher d’y opposer quelques contre-arguments.

D’abord, on peut tout à fait considérer que la catégorisation est une étape qui précède la personnalisation. Les données dont les éditeurs disposent, le coût du calcul informatique et des ressources de traitement de la donnée ne permettent à date « que » de catégoriser. Sans que la vision de la « personnalisation totale » soit écartée.

Ensuite, il me semble que cette vision du web personnalisée n’a jamais été aussi radicale que ce que semble penser Hubert Guillaud. La culture repose sur des arbitraires collectifs, pas des mini-réalités individuelles. Comme il le suggère lui-même, il faut être plusieurs pour constituer une filter bubble.

Finalement j’ai l’impression que pas mal de personnelles confondent la collecte de données et la collecte de données personnelles. Ces dernières sont nominatives, or, il est désormais acquis qu’elles ont moins de valeur que les innombrables traces de navigation.

Merci Guillaume pour le lien.

Et si le premier levier d’innovation était la critique?

Avant tout chose, abonnez-vous d’urgence à ce blog – dernier reliquat de l’excellent internetactu – qui pige de bons articles sur l’innovation.

Celui dont on se parle ce matin est né de la plume de Roberto Verganti. Il produit une critique des méthodes d’innovation classiques.

Selon lui les brainstormings traditionnels sont trop ouverts et génèrent des tonnes d’idées out of the blue dont on ne sait finalement pas quoi faire. Rien ne fonctionne mieux que de disséquer les méthodes existantes et de chercher à les améliorer, à la japonaise. En outre cette approche critique valorise les salariés et leur capacité à améliorer leur méthode de travail.

Bref, plutôt que de payer des consultants une fortune qui viennent vous expliquer qu’il faut devenir digital et mobile first, faites confiance à vos équipes et à leur capacité d’innovation lean efficace et opérationnelle.