Clash des générations : la mémoire du geste du walkman

Une expérience intéressante a été menée en Angleterre en vue d’illustrer les comportements inhérents aux objets qui nous entourent. Consécutivement aux 30 ans du walkman, un journaliste anglais s’est amusé à confier pendant quelques jours un walkman à un adolescent habitué du iPod.

Les réactions générées par l’expérience ne manquent pas de piquant.

Pour commencer, le jeune a du mal à comprendre le système des 2 faces de la cassette. Ensuite, il exprime ses doutes quant à la qualité sonore des enregistrements magnétiques. Pour terminer, il s’étonne de la laideur de l’objet et des réactions produite par les passants dans la rue, ce qui donne un nouveau coup de marteau sur la caractéristique « accessoire de mode » du baladeur Apple.

Chaque objet produit ses propres utilisations, c’est une aspiration quasi universelle du design. De fait, le teenager réinvente la fonction shuffle en avançant ou rembobinant arbitrairement la cassette.

Cette interaction etait relativement prévisible, pourquoi?

La dématérialisation de la musique a induit un biais d’utilisation énorme dans la consommation et l’écoute de musique. L’album a quasiment disparu au profit d’une écoute « au morceau ». La musique ne s’apprécie plus comme un tout mais comme une somme de partis (donnant par là même du fil à retorde aux tenant de la holistique), ce qui réduit considérablement – dans certains cas uniquement – la portée de l’oeuvre.

Redécouvrira-t-on un jour des albums construits au sens opéra-rock du terme ? La génération zapping renoue-t-elle plus prosaïquement avec le sens premier de l’album qui était une compilation disparate d’inspirations et de ressentis?

Les remixs électro de plusieurs dizaines de minutes formatés en un unique mp3 en sont peut-être la réincarnation…

Source : PSFK

TF1 ose le feedback

On a beau dire ce qu’on veut, TF1 demeure un empire rentable et éminemment puissant dans l’hexagone, malgré quelques perturbations. Rompu aux exercices fastidieux de la communication de crise suite à quelques dérapages inhérents à son activité (des salariés mécontents, des journalistes évincés ou des déclarations chocs), le groupe limite la casse grâce à une assiette de revenu sans cesse élargie.

Le petit chat le plus aimé des maçons (du coeur) vient donc de prendre ses petits problèmes d’image à bras le corps en mettant à disposition du public une plateforme ouverte aux commentaires et critiques de tout un chacun.

Une très bonne manière de montrer patte blanche et jauger au jour le jour le degré d’insatisfaction de ses téléspectateurs. Plutôt que de moquer cette initiative qui résonne comme un coup de canon dans l’univers des préjugés attachés à TF1, je me plais à imaginer un monde dans lequel chaque marque ouvrirait un bureau offrant la possibilité de dialoguer et réagir. Même si les marques médias sont globalement en avance sur le dialogue entre les genset les entreprises, assez peu de marques traditionnelles offrent cette possibilité gratuitement.

Certes, le crowdsourcing est qualifié de levier d’innovation de demain, certes de nombreuses marques s’amusent à faire travailler leur client à leur place, mais combien d’entre elles osent tendre la joue et essuyer les plâtres d’une bonne vieille critique qui tue?

Quel formidable levier de PR. L’avenir nous dira si TF1 en fait une marotte.

Via : Ecrans