Debout les damnés de la terre : le cri collectiviste des médias

La semaine passée la presse française s’est unie en deux collectives – Gravity le popu et Skyline le premium – pour lutter contre la pression des GAFAs sur la publicité en ligne, notamment Google et Facebook (quand on parle de pression, on parle de leur formidable capacité d’innovation qui rend leur produit éminemment plus sexy que ceux des marques médias).

Même son de cloche du côté des médias américains.

Les médias se syndiquent.

Les médias se SYNDIQUENT.

Des boites tenues par Rupert Murdoch d’un côté de l’Atlantique, Bernard Arnault de l’autre.

Les plus grands chantres du capitalisme mondial se syndiquent contre de plus gros capitalistes.

C’est assez super.

Assez super que ces gros bonnets soient dans la position des petits, qu’ils ressentent la même chose que des millions de petits travailleurs. Assez super que ces gros cigares n’aient rien trouvé de mieux que d’imiter les masses laborieuses pour résister contre le nouveau patronat mondial.

Il n’y a décidément pas de doute : ce sont les comportements qui créent les attitudes, jamais l’inverse. Jamais l’inverse.

Les rêves sont-ils universels?

Cette note est inspirée par un tweet posté par Nicolas.

This man est un joli exemple de campagne virale storytellée, lancé en 2006 par un sociologue des médias italien travaillant pour l’agence Guerriglia Marketing revendiquant “des méthodes de communication innovantes”.

Tout commence il y a 3 ans lorsque l’ami italien, un certain Andrea Natella, ouvre un site web sous forme d’avis de recherche international. Se faisant passer pour un psychiatre américain, Andrea explique qu’un de ses prétendus patient est atteint d’une crise de cauchemars récurrents.

Hanté par une figure qu’il a finie par mémoriser, le malade griffonne le portrait-robot du fantôme. Un peu lassé, le psy laisse trainer le papier sur un coin de bureau, sans y prêter trop d’attention. Quelques jours plus tard, un autre patient tombe sur le dessin, stupéfait. Il affirme que cette figure le hante également depuis des mois.

Troublé, le vrai/faux psychiatre ouvre une page web affichant le visage cauchemardesque et lance un appel international : Have you ever seen this man? De multiples témoignages irriguent en quelques jours la page, en provenance des 4 coins du monde, de la part de personnes souffrant de crise de mauvais rêves perturbés par cet étrange personnage. Le site web finit par éditer des avis de recherche à imprimer dans plusieurs langues afin de propager le plus largement possible l’étude…

091029_dreamman

Aujourd’hui, nous aurions la puce à l’oreille, on nous a habitué à ce type de campagne (Reviens Emma by Lagardère, ça ne vous rappelle rien?). Il y a 3 ans, le procédé était plus innovant… En matière d’incarnation de promesse de “méthode de communication innovante”, c’est le top.

Ce qui est génial dans le cas de la campagne This man, c’est le talent de storytelling (caution scientifique, projet a priori déconnecté de la sphère commerciale, pitch très prenant) doué d’émotions  irrationnelles (le monde du rêve demeure extrêmement nébuleux) et inspirantes (combien de films ou d’oeuvres sont basées sur les rêves?).

Tout le monde a sa théorie sur l’analyse des rêves, tout le monde avait donc des raisons d’accrocher à la campagne This Man… Et si Sigmund avait révélé quelque levier du marketing viral un peu avant l’heure?

Allez jeter un coup d’oeil au site This man.

Source : Nicolas !

L’épisode de l’été?

Une info qui devrait faire le tour de la presse dans les jours à venir… Vincent Bolloré, notre – autre – french media tycoon, aurait fait une offre de rachat au fournisseur d’accès Free. Ce dernier a poliment décliné la proposition mais il y a fort à parier que notre Bolloré national ne se laissera pas éconduire si facilement. Un joli ping-pong à la française façon Microsoft-Carl Icahn-Yahoo en perspective pour les petits veinards qui passeront l’été au bureau.

Pour la petite histoire, le monsieur est l’héritier d’un holding industriel aussi tentaculaire que dispersé. Un peu à la manière de Lagardère, il s’engage depuis quelques années à dépoussiérer ses actifs en investissant en masse dans les médias et les nouvelles technologies.

Il est l’heureux possesseur de la chaine Direct 8, mais également actionnaire principal des groupes Aegis et Havas (entre autres). Un patient très sérieusement sujet à la berlusconite aigu qui règne sur le grand patronnat ces derniers temps.

Les médias dirigés par des maçons, des marchands de canon (Monsieur X et Monsieur Y) ou des rouleurs de pétards ont décidemment du pain sur la planche pour redorer le blason de l’exception culturelle française.

Source: Infos du Net

Le Monde interactif : une nouvelle maquette bien discrète

Le site du quotidien national Le Monde a trés légèrement modernisé sa maquette la semaine dernière en se basant sur le template de la version papier. La lisibilité s’en voit améliorée mais nous sommes encore loin de l’ergonomie proposée par Le Figaro ou La Tribune.

Un effort bien modeste compte-tenu du poids que pèse la branche interactive du Monde dans les résultats globaux : une petite part du chiffre d’affaires mais une belle locomotive de croissance, réduisant tant bien quer mal l’impact de la crise qu’essuie le journal.

Carton rouge (l’Euro approche) au groupe Lagardère qui méprise visiblement le rôle joué par le site du Monde.