10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #230

1. Fred Baur, inventeur des Pringles, a été enterré dans une boite de Pringles.

2. Les horaires de check-in de vols sont constamment avancés pour laisser du temps aux gens de faire du shopping dans les aéroports durant la golden hour (fact #6).

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3. Alfa-Romeo est une des plus vieux logo automobile. Il représente un dragon mangeant un maure. Merci Mustafa

4. La marque Ellesse tire son nom des initiales de son fondateur Leonardo Servadio, soit L.S.

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5. Un des premiers faits d’arme de la marque Casio, c’est une bague pour tenir sa cigarette sans les doigts : la Yubiwapipe.

6. L’abstraction du moyen de paiement incite à la dépense. Quand on pense : troc, monnaie, carte de paiement, bitcoin. De plus en plus abstrait.

7. Pour couvrir les dernières élections départementales, Le Monde a fait écrire à des robots le compte-rendu des 30000 communes et 2000 cantons.

8. Comment réalise-t-on les bruitages des films? Analogiquement avec des petits trucs. Ex : un son d’os qui se casse = briser des bâtons de céleri.

9. Les Anglais appelaient le foot le soccer jusque dans les années 60. Ils arrêtèrent pour le plaisir de ne pas connoter les US.

10. Zaftig : un adjectif yiddish décrivant une femme légèrement grasse mais de manière sexy.

Une petite leçon marketing de Kevin Spacey à propos de Netflix

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Manque de temps aujourd’hui, mais pas de manque d’idée.

Si cette petite séquence de Kevin Spacey à propos du succès de House of cards glorifie – à juste titre – le modèle Netflix pour lutter contre le piratage, je me permets de reprendre en l’état le petit article que lui consacre l’excellente Veille du Lendemain de M Pub (à suivre d’urgence) :

“Laissez le contrôle à votre audience”

House of Cards est une série d’un nouveau genre. D’abord, c’est la première série qui n’est pas produite par une chaîne de télévision, mais par un pure-player de la VoD : Netflix. Ensuite, c’est la série qui met à mal le modèle classique du genre : plutôt que de diffuser un épisode par semaine, et de jouer sur les cliffhangers (suspense entre chaque épisode), Netflix décide de rendre disponible au téléchargement tous les épisodes de la saison d’un seul coup.

A l’occasion du festival de la télévision d’Edimbourg, Kevin Spacey – acteur principal de la série – a livré un discours éclairant sur sa vision du futur du divertissement télévisuel. Pour résumer, il implore les vieux modèles de s’adapter, et de laisser le contrôle aux spectateurs.

“Le succès du modèle Netflix – diffuser l’intégralité d’une saison d’un seul coup – a prouvé une chose : les spectateurs veulent contrôler, ils veulent être libres. S’ils veulent binger (to binge : consommer rapidement et entièrement), laissons les binger.”

Il explique ensuite que Netflix a compris la leçon que l’industrie musicale n’a jamais assimilée : donner aux gens ce qu’ils veulent, quand ils veulent et dans le format qu’ils veulent. Si le prix est raisonnable, ils préfèreront acheter que pirater. Il termine son discours en remettant en cause les “labels”, qui dictent ce que doit être un film, ce que doit être une série. Il faut s’affranchir du device et de la longueur d’un métrage :

 “Pour les jeunes gens qui grandissent avec la technologie, il n’y a absolument aucune différence entre regarder Avatar sur un iPad, Youtube sur une TV ou Game of Thrones sur un ordinateur. Il ne s’agit que contenu, ce sont juste des histoires.”

 On ne peut que lui donner raison.

Merci Elisabeth, merci Sylvain

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #5

1. Olé! L’interjection préférée des Espagnols et autres adeptes des stades a été importée en Espagne par les Maures, au 8e siècle. Il s’agit tout simplement d’une déformation de “Allah”, proféré par certains musulmans lors de séances de transes mystiques. Les siècles passant, Allah est devenu Olé. Merci Elizabeth :

2. Publicis possède la moitié des régies publicitaires du Monde et de Libération. Maurice everywhere. Merci Eric.

3. En anglais, une guimbarde est appelée Jew’s harp. Un des plus vieil instrument de l’histoire n’aurait pourtant aucun lien avec la religion judaïque… La guimbarde serait née en Asie. Deux théories étymologiques possibles :

  • Jew dérive de Jaw, la mâchoire, ce qui semble probable.
  • Jew dérive de Juice, compte tenu de la quantité de salive produite par l’exercice de l’instrument. Why not…

Malheureusement, comme dirait Wikipédia, “both of these explanations lack historical backing

Merci Julien.

4. Dans le cadre d’une politique de récupération des produits électroniques, la société britannique Lovehoney propose à ses client(e)s de recycler leur vibromasseur.

5. La forme d’un cadre de vélo hollandais ne dépend pas du sexe de son propriétaire mais de son usage. Les cadres “bas” ou “col de cygne” sont destinés à la ville alors que les cadres hauts voire à double barres sont destinés à la route. Merci Chloé.

Cadre bas

Cadre haut

6. La première chanson de l’album Revolver des Beatles, Taxman, dénonce le niveau d’imposition dément auquel était assujettis les scarabées de Liverpool : 95% !
Par la suite, Gainsbourg les imita en brûlant un billet de banque (un “Pascal”) pendant un sujet de 7/7 afin de se moquer des artistes évadés en Suisse. Lui habitait Paris et lâchait 75% de ses profits au fisc. Merci Eric.

7. Aux Etats-Unis, les constructeurs automobiles dépensent en moyenne 3800$ par véhicule pour en faire la promotion. Merci Alexandra!

8. Chez Coca-Cola, il existe un poste dont l’intitulé estConsumer Passion Manager. C’est beau. Encore merci Alex !

9. La femme et le fils de Jean Vuarnet, célèbre champion de ski ayant donné son nom à une marque de lunettes de soleil, ont péri dans le massacre du Temple Solaire en 1995… Quand on dit que les vocations peuvent-être fatales…

10. Lorsque John Cadbury s’est lancé dans le commerce du lait chocolaté, il souhaitait détourner les prolétaires de l’alcool… Une addiction en chasse une autre.

Une belle jambe

Il semblerait que les déclarations de bonnes intentions énoncées par la profession aient inspiré quelques unes des campagnes préférées des français…

Le monde s’était ému de la campagne Nolita – shootée par Toscani – mettant en scène une jeune fille anorexique. Le monde a pleurniché les décès de quelques jolies plantes brésiliennes… Le monde a oublié assez rapidement les “plus jamais ça” brandis par les pontes de la mode.

Quand je parle du monde, je ne parle pas du Monde – le quotidien de référence – mais de la revue Elle qui n’a pas manqué d’étaler dans ses pages des photographies de mannequins squelettiques à l’occasion de fashion week parisienne, sous prétexte qu’elles portaient – à merveiiiiille – la dernière création Azria.

Elle assume son droit au paradoxe, c’est même la marque de fabrique de ce canard. Vous en connaissez beaucoup vous des journaux qui peuvent faire des éditos sur la pauvreté des femmes battues en Afghanistan en face d’un visuel pour la J12 de Chanel à 5000 ?

Bref, tout ça pour en arriver au vrai objet de cette note : le retour en puissance des jambes dans les chaumières. Les français viennent de couronner 3 visuels grand guibolesques :

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McDonald’s : Venez comme vous êtes ; Grand prix des médias Stratégies ; Grand prix du marketing des jeunes

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Well : pub préférée et la “plus informative” des français selon l’APPM

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Aigle : prix APPM de la pub la plus surprenante

Que dire de ces annonces?

Pas grand choses, sinon qu’elles militent – un peu – pour la fétichisation des jambes, le retour des mannequins-squelettes et l’absence de tête – qui a dit écervelage? – des femmes.

Un bel avenir en somme. Vive la France !

Source : APPM

Bonus :

Le corps, média communautaire

Un article passionnant était publié sur le site du Monde hier. Le chercheur de l’EHESS Georges Vigarello pointe un nouveau domaine d’étude d’historique jusqu’ici ignoré en tant que tel : le corps.

De nombreuses disciplines s’intéressaient pourtant de près ou de loin au corps. Les sciences humaines étudiaient le corps en tant que média, ie. support d’expressions culturelles (vêtements, bijoux, tatouages…) ; les sciences dures leur préféraient sa dimension physiologique (squelette, ADN…).

D’après Georges Vigarello, le corps a rarement été l’objet d’études consacrées alors qu’il nous renseigne en soi des représentations ancrées dans une époque.

Exemple : quand Bourdieu analysait les attributs symboliques du pouvoir (bijoux, vêtements, mobilier…), il omet de décrire la plastique corporelle indépendamment. Au-delà du symbole de l’opulence, être bedonnant au Moyen-âge peut être analysé comme une allégorie de son statut social.

Il en va de même pour le corset au 19e qui par delà les canons esthétiques en vigueur à l’époque, évoque la finesse, la gracilité des dames ; en opposition à l’empattement ostensible des messieurs, donné en représentation incarnée – au sens charnel – de la force physique et de la puissance.

Of course, ces modalités évoluent dans le temps. Aujourd’hui, les statistiques montrent que ce sont les populations les moins favorisées qui souffrent d’obésité. La minceur est par conséquent un attribut noble, il connote l’appartenance à des couches sociales où le bien manger participe à un mode de vie.

Je ne sais plus quel nutritionniste évoquait la minceur des jeunes neuilléens du film Neuilly sa mère comme un langage corporel communautaire (allégation renforcée par l’empattement d’une des caillera et de Faf Larage, interprète de la bande-originale du film).

Plus qu’un simple outil au service d’attributs accessoires, le corps est un média, particulièrement dans notre société du geste.

Source : Le Monde