L’autre vainqueur du Superbowl : la micro marque ultra locale Old Milwaukee portée par l’acteur Will Ferrell

On ne présente plus Will Ferrell, l’icone des comédies US patron de Funny or Die.

Fan d’une vieille marque de bière américaine depuis des années, il s’est proposé d’en devenir l’égérie. Ses films Old Milwaukee sont étonnants – forcément – et sophistiqués, exploitant avec subtilité une esthétique low-tech idéale pour évoquer l’authenticité d’un produit redneck (voir ci-dessous).

Du point de la diffusion TV, les Etats-Unis sont un marché totalement différent de l’Europe. Les networks y sont régionaux, on achète de la télé un peu comme on achète de l’affichage en France. La norme consiste à diffuser régionalement. Les films nationaux sont rares.

En plus de cette collaboration tombée du ciel avec Ferrel, la marque capitalise sur à une stratégie d’achat hyperlocale (on imagine qu’il y a une question de moyens derrière). Elle ne diffuse ses films que sur des micro-marchés : Davenport (Iowa), Terre Haute (Indiana), Milwaukee…

Aussi, le soir du Superbowl, la marque a réussi un joli coup en diffusant son nouveau film uniquement à North Platte (Nebraska), un des plus petits marché du pays, connu pour être la ville natale d’un joueur des Patriots : Danny Woodhead.

Merci Olivier pour la version HD

Une manière intelligente de susciter l’attention des relais d’opinion pour décupler les effets d’une mini marque de plus en plus sympathique grâce à son exploitation média ultra-pertinente d’un insight indémodable : small is beautiful.

Quelques bons films Old Milwaukee :

Pourquoi l’ordinateur n’est pas prêt de substituer l’homme : l’exemple d’Internet Movie Database

Un ordinateur est incapable de détecter la référence cinématographique présente dans cette image sans l'aide de l'homme

En matière d’intelligence artificielle, il est des horizons que nous ne sommes pas prêts d’atteindre. Si certains prédisent un basculement dans quelques dizaines d’années (la singularité de Raymond Kurzweil, voir présentation ci-dessous), les machines actuelles calculent et automatisent sans comprendre ce qu’elles font.

Tout est question de croyance – respectons les technoprophètes – mais le jour où la machine sera douée de facultés d’introspection n’est pas arrivé. Si les résultats de Google proposent des suggestions automatiques stupides et que les smileys ne suffisent pas à éviter les malentendus dans une chatroom, c’est tant mieux : l’émotion est difficile à communiquer, encore plus via medium unique.

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Hommage au Boombox : une révolution appelée mobilité

Un article du New-York Times était récemment consacré aux travaux de Lyle Owerko sur le Boombox, ces gros radio-cassettes (aussi appelés ghetto blasters ou Brixton briefcases) emblématiques du Bronx des années 80.

Outre sa récente recrudescence liée à la vogue du low-tech et de la technostalgie, le boombox fut une double révolution du contenant et du contenu.

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10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #2

1. Le système d’indexation adopté par tous les centres de documentation et bibliothèques du monde (accessoirement, le proto-ancêtre de Google) est né en Belgique, à Mons. Le Mundaneum rêvait en outre d’une société utopique articulée autour de l’accès au savoir, préfigurant au passage les bases de l’ONU. Rien que ça.

2. Le style Rahan revient en force. Certains parents fortunés s’amusent à transformer les dents de lait de leurs enfants en pendentifs dorés : les knockouts… C’est dégueulôsse.

3. Johnny a adapté Hamlet en opéra rock. Hamlet Hallyday a failli lui coûter sa carrière. Réservé aux puristes. Merci à Louis des Coqs en Pâtes pour la découverte.

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Un point sur les scopitones

On en entend parler à tous les coins de rue. En pleine vogue du low-tech, les branchés de France et de Navarre ne jurent que par lui. Même mon ami Alexandre, jamais à court d’idées, me faisait la réflexion récemment… Mais que sont les scopitones?

Les scopitones désignent à la fois des machines et des petits films. Elles ont jeté les bases des clips vidéos. Sortes de gros juke-box apparus dans les cafés en 1960, elles proposaient 36 petits films à l’esthétique très polaroïdesque. On gravait sur une bande magnétique une image filmée en 16mm puis on rajoutait du son au mixage. Les yéyés et autres chanteurs cools ont utilisé les scopitones pour bâtir leur notoriété.

Forcément, les résultats sont délicieusement surannés et authentiques.

Tété les a remis au goût du jour dans le clip de la chanson A la faveur de l’automne (3’15 »):

A la faveur de l’automne
Tu redonnes
A ma mélancolie
Ses couleurs de super-scopitone
A la faveur de l’automne

Mareva Galanter lui consacre une émission sur Paris Première : Do you do you scopitone ?

Un festival leur est dédié dans la marmite culturelle nantaise, c’est le nom du club qui remplace le Paris-Paris.

Assez d’éléments pour qualifier le Scopitone de cool.

Qu’est ce que cela inspire?

  • L’émancipation des chanteurs pour ados des années 60 s’est faite par la technologie, au même titre que les SMS ont généré un langage vernaculaire (comprenez codé, donc communautaire) entre ados ;
  • Les technologies et le langage sont un système : la technique induit des nouvelles formes de langages (pensez à la contrainte des 140 signes) et le langage s’adapte à la techno (pensez aux mot poker qui devrait rentrer dans le Robert un de ces jours…)
  • Grâce aux scopitones, la musique n’est s’écoute plus, elle se regarde, elle se montre.
  • De fait, les scopitones développent la notion de look, illustrent de nouvelles danses et émancipent le corps (suintant la sexualité…)
  • Clou du spectacle : le développement des looks et des styles différents ont concouru à l’émancipation des communautés musicales : blousons noirs, yéyés, romantiques, surfeurs…

Pas de doute, le scopitone a sans doute joué un petit rôle dans les évènements de mai 68.

Quelques exemples de tribus scopitones cools :

La fille à Papa coquine (depuis Gainsbourg un an plus tôt) France Gall : Baby Bop

Les pro-ricains The Legendaires : Good for nothing Bill

Les blousons noirs et Gene Vincent : Peppermint twist

Les danseurs sexy et Stacey Adams : Pussycat a gogo

Pour une liste plus exhaustives : Wikipédia