Quand les marques se foutaient du tiers-monde

Afin de terminer la semaine de la réaction en beauté, passons quelques minutes à dénigrer ces marques qui n’hésitent pas à utiliser l’image des pays en voie de développement pour se faire mousser.

L’idée n’est pas de cracher sur les marques qui font du charity business (Croix-Rouge, Unesco, Unicef…) ou du ethical business (Veja, Misericordia, OLPC…) mais d’épingler celles qui exploite grossièrement dans leur publicité les pays pauvres.

Palme d’or incontestable à Burger King et son agence Crispin Porter + Bogusky via la campagne Whopper Virgin. Le principe est très simple : prouver la supériorité gustative des hamburgers BK en organisant un blind test avec des gens qui n’ont jamais eu aucun contact avec la culture occidentale.

Magie. Beauté. Plaisir. Les indigènes préfèrent Burger King.

Vice Magazine publiait une note sur Paul Frey, un street photographe qui a consacré une série à la marque Ray Ban. Intentionnelle ou non, elle dénote le manque de style des hindous à travers des portraits comparés « avec et sans lunettes ». Pas classe.

Le reste de la série est ici.

Quoi d’autre? On se souvient de Peugeot et son film (multi primé dans les festivals) 206 qui utilise sans gêne la misère des habitants de l’Inde :

Comment oublier la Banque Populaire et ses indigènes traversant l’Atlantique pour aller ouvrir un compte à Barbès (ils n’attendaient que ça).

C’est vrai qu’ils sont pratiques ces abrutis. Ils ne connaissent rien, sont totalement ringards, vivent à poil, n’ont pas une thune et rêve d’immigrer dans les pays riches. On n’aurait pas rêvé pareil faire-valoir pour une marque qui veut expliquer qu’elle est compréhensible/accessible/ouverte à tous, même aux miséreux. Quelle générosité d’esprit.

Les idées me manquent mais il doit y en avoir bien d’autres…

Une belle jambe

Il semblerait que les déclarations de bonnes intentions énoncées par la profession aient inspiré quelques unes des campagnes préférées des français…

Le monde s’était ému de la campagne Nolita – shootée par Toscani – mettant en scène une jeune fille anorexique. Le monde a pleurniché les décès de quelques jolies plantes brésiliennes… Le monde a oublié assez rapidement les « plus jamais ça » brandis par les pontes de la mode.

Quand je parle du monde, je ne parle pas du Monde – le quotidien de référence – mais de la revue Elle qui n’a pas manqué d’étaler dans ses pages des photographies de mannequins squelettiques à l’occasion de fashion week parisienne, sous prétexte qu’elles portaient – à merveiiiiille – la dernière création Azria.

Elle assume son droit au paradoxe, c’est même la marque de fabrique de ce canard. Vous en connaissez beaucoup vous des journaux qui peuvent faire des éditos sur la pauvreté des femmes battues en Afghanistan en face d’un visuel pour la J12 de Chanel à 5000 ?

Bref, tout ça pour en arriver au vrai objet de cette note : le retour en puissance des jambes dans les chaumières. Les français viennent de couronner 3 visuels grand guibolesques :

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McDonald’s : Venez comme vous êtes ; Grand prix des médias Stratégies ; Grand prix du marketing des jeunes

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Well : pub préférée et la « plus informative » des français selon l’APPM

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Aigle : prix APPM de la pub la plus surprenante

Que dire de ces annonces?

Pas grand choses, sinon qu’elles militent – un peu – pour la fétichisation des jambes, le retour des mannequins-squelettes et l’absence de tête – qui a dit écervelage? – des femmes.

Un bel avenir en somme. Vive la France !

Source : APPM

Bonus :

Pourquoi Ségolène n’aurait pas pu être conseillée par un publicitaire

 

Lol, ah ah ah, mdr. Depuis le lancement de Désirs d’avenir par la candidate malheureuse en 2007, la toile s’esclaffe littéralement de la désuétude de son nouveau site web.
Attendez un instant. Est-ce vraiment un problème ? Peut-on juger Ségo à l’aune de son mauvais goût en design graphique ? il faut tout de même bien reconnaitre que sa capacité à créer du buzz laisse rêveur. Royale risée du web ? Non non, coqueluche du web.
Beaucoup de marques rêveraient de créer un tel bruit. Très peu de pubards y parviennent.
Petite leçon de buzz marketing :
Premièrement, personne ne peut nier ou faire l’impasse sur les prophéties annonçant la prise de pouvoir du consommateur. Les mass médias étaient le royaume des marques, elles contrôlaient leurs messages. Les médias digitaux signent la revanche des utilisateurs qui peuvent désormais s’emparer des marques (commentaires, comparaisons, recommandation, etc.)
L’excellent planneur digital Faris Yacob le défend mieux que quiconque : nous sommes entrés dans l’ère du remix. Les gens échangent, partages, mash-up, crée à partir d’existant… il suffit de compter les occurrences « postmoderne » ou « vintage » dans de nombreux magazines pour se convaincre de la bipolarité – un côté vers le passé, l’autre vers le futur – des consommateurs.
Résultat : les marques doivent accepter d’être malaxée, mélangée, mémétisée pour passer à la postérité. Qui semble l’avoir compris avant les autres ? Ségolène of course. Entre les milliers de parodies ou les générateurs ayant fleuri quasi instantanément, c’est du beau boulot. Très peu de marques non-geeks peuvent se targuer d’être aussi parodiées et remixées.
Le design de Désirs d’avenir est vintage ? Et alors ? Le label Kitsuné a fait le pari du web vintage et low tech depuis son lancement il y a quelques années, cela ne le pénalise pas, loin de là. Il y a d’ailleurs des tas d’études qui montrent que le succès des sites comme Google, Digg, Delicious ou Flickr dépendent étroitement de leur design moche, simple et immuable. Preuve supplémentaire ? Google vient de breveter le dessin de sa page d’accueil. Cerise sur le gâteau : le fond d’écran du site est open-source. Qui peut affirmer que cela n’est pas une conception juridique d’avenir ?
On a beau dire ce qu’on veut, mais le lancement du nouveau site de Ségolène est un succès énorme. Il a attiré plus de visites en quelques jours que bon nombre de sites de politiciens. Pas besoin de lever au ciel à propos du non-référencement des zones de textes en jpeg, le buzz a fait son travail. Reste à définir si cette stratégie paiera, on ne choisit pas un candidat présidentiel – ou lors de primaires dans un premier temps – comme un yaourt.

Lol, ah ah ah, mdr. Depuis le lancement de la nouvelle version de Désirs d’avenir par la queen des Charentes, la toile s’esclaffe.

Attendez un instant. Est-ce vraiment un problème ? Peut-on juger Ségo à l’aune de son mauvais design graphique ? Il faut tout de même reconnaitre que sa capacité à créer du buzz laisse rêveur. Royale risée du web ? Une coqueluche du web, vus voulez dire (et non pas rire) !

Beaucoup de marques rêveraient de créer un tel bruit. Très peu y parviennent. Petite leçon de buzz marketing à la sauce poitevine à l’adresse des marketeurs en herbe ou confirmés :

Premièrement, personne ne peut nier la prise de pouvoir du gens. Les mass médias étaient le royaume des marques, elles contrôlaient les messages émis. L’avènement des médias digitaux signe la revanche des utilisateurs qui peuvent désormais infléchir les discours des marques (commentaires, comparaisons, recommandation, etc.) :

L’excellent planneur Faris Yacob – Chief Technology Strategist chez McCann – défend cette nouvelle défintion de l’advocacy mieux que quiconque : nous sommes entrés dans l’ère du remix. Les gens échangent, partages, mash-up, crée à partir d’existant… Tout cela au bénéfice des marques avec qui les utilisateurs sont en interaction. Explications :

Résultat : les marques doivent accepter d’être malaxées, mélangées, mémétisées pour passer à la postérité (repensez au rick rolling ou aux millions de trips vidéos avec des figurines Lego). Qui l’a compris avant les autres ? Ségolène. Entre les milliers de parodies ou les générateurs de pages ayant fleuri quasi instantanément, c’est du beau boulot. Très peu de marques non-geeks peuvent se targuer d’être aussi remixées ou parodiées (depuis quand la parodie fait systématiquement du mal à une marque?). Reconnaissance absolue : Ségo est félicitée par une parodie très 4chan-esque du film La chute :

+ bonus :

Le design de Désirs d’avenir est vintage ? Et alors ? Le label Kitsuné a fait le pari du web vintage et low tech depuis son lancement il y a quelques années, cela ne le pénalise pas, loin de là. Il y a d’ailleurs des tas d’études qui montrent que le succès des sites comme Google, Digg, Delicious ou Flickr dépendent étroitement de leur design moche, simple et immuable. Preuve supplémentaire ? Google vient de breveter le dessin de sa page d’accueil. Cerise sur le gâteau : le fond d’écran du site est open-source. Qui peut affirmer que cela n’est pas une conception juridique d’avenir ?

[MàJ] La nouvelle version du site de Ségolène ajoute une brique à sa stratégie 2.0 : suite à un message posté (checker le post de Zeina Bourdais) il y a deux jours sur la page Fan de Facebook (marketing communautaire !), Ségolène intègre le crowdsourcing à sa stratégie. Une graphiste lui propose sur sa page de lui refaire un site, 2 jours plus tard, mission accomplie. Ahh, elle est fortiche !

On a beau dire ce qu’on veut, mais le lancement du nouveau site de Ségolène est un succès énorme. Il a attiré plus de visites en quelques jours que bon nombre de sites de politiciens. Pas besoin de lever les yeux au ciel à propos du non-référencement des zones de textes en jpeg, le buzz a fait son travail et le site caracole en tête du page rank.

Reste à définir si cette stratégie paiera, on ne choisit pas un candidat présidentiel – ou lors de primaires dans un premier temps – comme un yaourt.

Désirs d’avenir demeure dans tous les cas un cas d’école en matière de marketing en ligne. Le site ne semble plus répondre actuellement, serait-il sur le point de sortir de sa phase bêta en vue de nous surprendre à nouveau ?

[MàJ2] Trendhunter semble d’accord avec Ségo… Checkez la prévision #4 (merci Mathilde pour la vidéo)

Most Contagious // 2008

Pour ceux – ils sont rares j’en suis sûr – qui l’auraient raté, voici la formidablissime présentation annuelle de la revue Contagious, spécialisée dans les tendances com et société.

La cuvée 2008 offre un panorama passionnant de l’année passée.

A vos imprimantes…

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