Le triomphe des littéraires : pourquoi la data devient smart grâce au texte

Le meme : une des milles nouvelles écritures née ces dernières années

Pas un jour ne passe sans qu’on nous rabatte les oreilles avec la big data et le nouveau paradigme du tout mesurable. On se quantifie, on travaille son personal ROI, on manage sa maison à distance… Selon les termes des ingénieurs, tout devient smart.

Ce triomphe apparent de la science dissimule avec peine un retour en grâce de la littérature. La data ne naît pas smart, elle le devient, grâce au texte.

Primo, nous lisons chaque jour un peu plus, sous des formes de plus en plus variées : livres, e-books, bd, mangas, magazines, SMS, blogs, réseaux sociaux… N’en déplaise aux totalitaristes et autres obsédés du mono-format : l’écriture n’a jamais été aussi vivante.

Cette multiplication des formats porte en son corolaire une évolution des modalités d’écriture : syntaxes, formats, grammaires et figures s’adaptent petit à petit à leurs nouveaux chez-soi, pour le plus grand plaisir des rédacteurs et des lecteurs. Aucun secteur ne passe à côté de cette aubaine littéraire : les livres et les comics s’adaptent au cinéma, le cinéma se décline en jeux vidéo, le jeu vidéo génère des jeux de plateaux, le jeux de plateaux des jeux télévisés, des jeux télévisés des magazines, les magazines des blogs… Tout le monde inspire tout le monde, c’est l’état de grâce.

Dans les métiers de la communication, si le slogan a perdu de sa superbe, la pub se fait désormais contenu de marque et redonne ses lettres de noblesse au texte : dans des romans, au cinéma, à la télé ou sur des points de vente. On nous propose des expériences, on nous donne des recettes, on nous raconte les histoires des marques, on nous fait lire des manifestos, les codes se multiplient, on gère des communautés en ligne, le jargon vit un âge d’or, une auto-régulation se met en place…

Tout est texte, tout est langage.

Vive l’écriture !

MàJ : un point de vue sur les algorithmes.

Cluetrain Manifesto : prise de connaissance tardive mais efficace

 

Une sacrée trouvaille que ce Cluetrain Manifesto. Déniché ce matin au détour d’une conversation entre collègues, j’étais le seul à ne jamais avoir entendu parler de ce texte vraisemblablement à cause du décalage générationnel.

Rédigé en 1999 –autant dire la préhistoire – par Rick Levine, Christopher Locke, Doc Searls, and David Weinberger, ce manifeste énumère 95 thèses inhérentes à l’évolution du marché à l’aune de la naissance d’Internet, préfigurant une révolution sans pareille dans l’interconnexion entre individus.

Une bonne partie de ces assertions sont criantes de vérité. Il apparait fou que ces quelques prophéties n’aient pas été mieux prises en considération par les acteurs du maketing. Pour le plaisir (et par devoir), en voici quelques unes :

  • Les marchés sont des conversations.
  • Les marchés sont constitués d’êtres humains, non de secteurs démographiques.
  • Ces conversations en réseau permettent à de puissantes nouvelles formes d’organisation sociale et d’échange de connaissance, d’émerger.
  • Les entreprises ne parlent pas la même langue que ces nouvelles conversations en réseau. Pour leurs audiences en ligne, les entreprises sonnent creuses, plates et littéralement inhumaines.
  • Déjà, les entreprises maniant boniment et charlatanisme, ne parlent plus à personne.

Une sacrée de leçon de relativisme infligée aux jeunes pousses du métier… Comme d’habitude, tout a déja été dit…