Un point sur les scopitones

On en entend parler à tous les coins de rue. En pleine vogue du low-tech, les branchés de France et de Navarre ne jurent que par lui. Même mon ami Alexandre, jamais à court d’idées, me faisait la réflexion récemment… Mais que sont les scopitones?

Les scopitones désignent à la fois des machines et des petits films. Elles ont jeté les bases des clips vidéos. Sortes de gros juke-box apparus dans les cafés en 1960, elles proposaient 36 petits films à l’esthétique très polaroïdesque. On gravait sur une bande magnétique une image filmée en 16mm puis on rajoutait du son au mixage. Les yéyés et autres chanteurs cools ont utilisé les scopitones pour bâtir leur notoriété.

Forcément, les résultats sont délicieusement surannés et authentiques.

Tété les a remis au goût du jour dans le clip de la chanson A la faveur de l’automne (3’15 »):

A la faveur de l’automne
Tu redonnes
A ma mélancolie
Ses couleurs de super-scopitone
A la faveur de l’automne

Mareva Galanter lui consacre une émission sur Paris Première : Do you do you scopitone ?

Un festival leur est dédié dans la marmite culturelle nantaise, c’est le nom du club qui remplace le Paris-Paris.

Assez d’éléments pour qualifier le Scopitone de cool.

Qu’est ce que cela inspire?

  • L’émancipation des chanteurs pour ados des années 60 s’est faite par la technologie, au même titre que les SMS ont généré un langage vernaculaire (comprenez codé, donc communautaire) entre ados ;
  • Les technologies et le langage sont un système : la technique induit des nouvelles formes de langages (pensez à la contrainte des 140 signes) et le langage s’adapte à la techno (pensez aux mot poker qui devrait rentrer dans le Robert un de ces jours…)
  • Grâce aux scopitones, la musique n’est s’écoute plus, elle se regarde, elle se montre.
  • De fait, les scopitones développent la notion de look, illustrent de nouvelles danses et émancipent le corps (suintant la sexualité…)
  • Clou du spectacle : le développement des looks et des styles différents ont concouru à l’émancipation des communautés musicales : blousons noirs, yéyés, romantiques, surfeurs…

Pas de doute, le scopitone a sans doute joué un petit rôle dans les évènements de mai 68.

Quelques exemples de tribus scopitones cools :

La fille à Papa coquine (depuis Gainsbourg un an plus tôt) France Gall : Baby Bop

Les pro-ricains The Legendaires : Good for nothing Bill

Les blousons noirs et Gene Vincent : Peppermint twist

Les danseurs sexy et Stacey Adams : Pussycat a gogo

Pour une liste plus exhaustives : Wikipédia

Le next big sound

Il n’est pas un jour sur internet 2.0 qui ne voie éclore un nouvel outil de mesure. On ne déroge donc pas à la règle aujourd’hui avec Next Big Sound, un site qui permet de calculer la popularité d’un artiste ou d’un groupe en fonction de son activité sur la toile. Une sorte de Google Trends de la zik.

Voilà qui devrait offrir un nouvel indicateur aux maisons de disques totalement flippées à l’idée de prendre des risques. On se souvient de We are hunted, un site un peu dans le même esprit, lancé il y a quelques semaines.

On verra lequel des deux est le plus efficace.

Le plus simple est encore d’aller essayer cet outil.

Quelques innovations : musique, lunettes et dentifrice…

Comment aborder plusieurs sujets qui n’ont aucun point commun sinon leurs caractéristiques innovantes? Voici un court panorama des inventions récentes ou moins récentes qui changeront peut-être le monde.

1) L’ampli spécial MP3

Le développement du MP3 a démocratisé l’accès à la musique. Pirates et adeptes du gratuits s’en donnent à coeur joie. Le revers de la médaille : la qualité de la compression – même quand elle est bonne – n’égale pas les CD pour une raison simple. Nos enceintes sont pourries.

Cet ampli à tube convertit nos mp3 en fichiers FLAC – format non compressé – pour nous offrir une expérience sonique chanmé. Ca donne furieusement envie de l’essayer… (Merci Dvice)

2) Les lunettes qui permettent de se mettre dans la peau des vieux

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Les marketeurs, jamais avares d’inventions tarées pour comprendre les gens ont inventé les lunettes 3D de vieux. une fois posées sur votre nez, elles permettent de se mettre dans la peau d’un papy. Le but avoué de cette invention est de comprendre comment le troisième âge se comporte dans les linéaires de supermarché… Eh oui, le papy-boom est en marche… Explications :

3) La boîte de nuit autonome


Sans verser dans la promo gracieuse, l’initiative soutenue par EDF mérite d’être mentionnée. Loin d’être le pionnier du genre, le patron de club Michel Smit a le mérite de faire savoir qu’il a équipé la piste de son dancing de capteurs qui récupère l’énergie produite par les pas de danses. Les watts récoltés permettent de faire tourner la boule à facettes. Trop cool. Voir la vidéo ici.

4) Le dentifrice somnifère

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Last but not least, ce dentifrice porte peut-être en germe le futur du marketing de la dent propre. Pourquoi? Le marché du dentifrice n’est pas encore segmenté par moments de brossage. Pourquoi ne pas inventer un dentifrice du matin et de la soirée? Les produits cosmétiques (crème de jour et de nuit) ont bien réussi, pourquoi pas la pâte à dent. De fait, la recette ce dentifrice Pearly Dreams de nuit est dotée d’une petite dose de somnifère, de quoi faire de beaux rêves très vite.

Et dire que les agences se plaignent de tous les beaux projets qui sommeillent dans les cartons… On ne pourra pas dire que certains ne tentent pas leur chance… Ca vous inspire?

Le subterfuge du M&M’s

Van Halen est un des groupes de hard-rock les plus célèbres des années 80. Ils font partie de ces bands à avoir inventé une musique finalement peu musicale, plutôt définie par la manière de la jouer : un énorme show, des paillettes, des feux d’artifice, etc. Van Halen est un des représentants phare d’une mouvance typique des années fric : le stadium rock, ou rock pompier (parodié par l’excellent vrai/faux documentaire The Spinal Tap, cf. photo)

Van Halen faisait tout dans la démesure. Là où un groupe basique utilisait 3 camions pour une tournée, les loulous sauteurs en utilisaient 9… Le nombre de techniciens, de roadies, de matos, d’ampoules, d’amplis constituait un casse-tête organisationnel peu commun. A tel point que les contrats de tournée du groupe était aussi épais que les Pages Jaunes, pour reprendre la métaphore utilisée par David Lee Roth, band leader. Un recueil de conditions sine qua non à respecter, sous peine d’annulation de la représentation…

C’est là qu’un intervient le subterfuge du groupe. Pour vérifier que les hôtes des concerts avaient bien parcouru les contrats dans leur intégralité, Van Halen intégra une clause atypique : l’interdiction formelle de laisser les M&M’s marrons dans les saladiers de confiserie prévus dans les loges.

M&M’s marron dans les loges était alors synonyme de négligence de la part des organisateurs, rimant comme un risque de dysfonctionnement potentiel du show…

Malins ces rockers !

Pour les incultes, Van Halen, c’est eux :

Merci à Alex et Erwan pour l’info.

Sources : Boing Boing, Snopes, The smoking gun

Delasoul : Nike s’emmêle

Ca faisait un bout de temps qu’on avait pas entendu parlé de ce bon vieux groupe de hip-hop De La Soul. On apprenait il y a quelques semaines que le groupe tardait à sortir un nouveau disque car (à cause de?) ce dernier est diligenté par Nike et Apple qui lui ont passé commande pour son programme running Nike+iPod.

Initialement prévu pour les JO de Pékin puis repoussé à Noël 2008, l’album prend du retard, un étrange paradoxe quand on sait que l’objectif de cet opus est de faire courir les gens plus vite….

L’expérience avait déjà été menée par Nike et Apple pour l’album 45:33 dont voici le trailer :

Pour le coup, ça ne donne pas vraiment envie d’aller courir dans la froidure… On sent que le vidéaste n’est pas un adepte du jogging.

Pour aller un peu plus loin, voici une vieille Né Kid qui retrace les grandes stratégies marques/musique. Seront-elles demain l’avenir de la création artistique? Pas impossible…

Bonus : le blog spécial jogging de Nicolas Bard, très bien documenté.

Source : Les inrocks