Le vintage est une réaction de rempli consécutive aux bouleversements de la propriété intellectuelle

Il est tentant d’expliquer la vogue du vintage par le simple prisme du marketing. D’abord les vêtements, les meubles, la décoration, puis les automobiles, les jeux vidéo, l’alimentation, les appareils photographiques… Toutes les catégories de produits s’inspirent petit à petit du vieux.

Néanmoins, le vieux ne remplace pas le moderne. Ils cohabitent.

Le vintage, c’est la timeline des marques.

On vend du moderne à des gens modernes et du vintage à des gens sensibles au vintage.

Last but not least, la pré-existence des modèles facilite grandement la re-commercialisation des modèles. Les coûts de développement sont quasiment annulés, l’erreur est autorisée. Quand on connait le taux d’échec de lancement (90% en FMCG) et le coût moyen de développement d’un nouveau produit (jamais moins de plusieurs millions d’euros), l’argument a de quoi séduire.

De fait, considérant que la plupart des produits vintage sont des produits iconiques, il y a de quoi s’interroger sur le parallèle frappant entre la mise en valeur de ces produits et le bouleversement que subit la notion de propriété intellectuelle. D’où l’hypothèse de cette note : le vintage n’est finalement qu’une réaction de repli face à ce que charrie le digital (creative commons, piratage, etc.).

Citroën DS: retour vers le futur

Où l’on apprend avec surprise et circonspection que la marque aux chevrons s’apprêterait à relancer la DS, un modèle qui fit la gloire de l’automobile française entre 1955 et 1975 (et oui, à cette époque un modèle durait plus de 3 ans), notamment grâce à un système de suspension hydraulique rupturiste.

Pour commencer, on s’interroge sur la véracité de ces infos, tout de même relayées par les très sérieux Monde, FigaroEchos et Caradisiac.

Vient ensuite l’hypothèse du hoax… Après tout, les marketeurs viraux nous ont rôdé aux rumeurs les plus fantasques. Entre la célébrissime invasion extra-terrestre d’Orson Welles et le tunnel transatlantique de la SNCF ils feraient mieux de se concentrer sur le fonctionnement de leur site de vente en ligne en passant par le Macbook sans clavier, le doute est permis…

On s’amuse pour terminer à louer les vertus infiniment strechable de la postmodernitévintage et néo-rétro nous voila – de Maffesoli et Lipovetsky. Non contentes de puiser de l’inspiration dans les années glorieuses, les marques ressuscitent carrément les best-sellers. Après la Beetle, la Fiat 500 et la Mini, les rues vont bientôt être hantées.

De quoi alimenter les théories de la crise de la créativité…

Que se passe-t-il? Seuls les séniors achètent des autos? Les jeunes créatifs et designers ne font pas autorité dans leurs bureaux d’études? Le futur a du mal à s’envisager au volant d’une voiture, d’où ces relents designo-procrastinateurs? J’espère au moins qu’ils auront le tact de l’équiper d’un moteur hybride pour recoller au mythe de l’innovation Citroën.

Le pétrole a atteint des sommets cet été, plusieurs constructeurs sont sur le carreau. Pourquoi ne pas prendre le virage à 90° imposé par la conjoncture?