La magie du marketing Amazon : de la surveillance à l’assistance

Il y a quelques semaines, Amazon lance Cloud Cam, une caméra de surveillance domestique.

Les raisons de ce lancement sont multiples :

  1. Les caméras de surveillance domestiques sont un succès sur Amazon et la firme américaine a tendance à lancer ses propres MDD pour capturer les catégories dynamiques.
  2. Amazon aimerait livrer les gens à domicile en leur absence : une caméra de surveillance permettrait de reconnaitre le faciès des livreurs pour pénétrer les domiciles.
  3. La maison est le nouveau champ de bataille des GAFA : chacun veut devenir « l’OS de la maison » (avec des caméras, des enceintes intelligentes ou des beacons façon dash buttons) qui sera capable de reconnaitre les membres d’un foyer, anticiper leurs désirs, proposer des publicités personnalisées. Pour souvenir, la marque de robots automates Roomba cherche également à s’emparer de ce marché.

Là où les choses deviennent amusantes, c’est à la découverte de la vidéo supra. Initialement positionné comme une caméra de surveillance, Echo vient d’être repositionné comme « assistant fashion » qui prend des photos de son look. Bref, tous les prétextes sont bons pour pénétrer les foyers et à ce titre, imposer de nouveaux usages est clé.

Et dire que les designers ont fait souhait d’être plus éthiques en 2018… (ça me fait d’ailleurs rire que ce gros faux cul de Yves Behar s’y mette aussi).

Quoi qu’il en soit, 2018 sera plus que jamais l’année de la « capteur stratégie ». Et vous? Comment votre marque collecte des données?

Merci Fabien pour ce beau lien.

L’innovation n’a pas de sens pour les gens : de l’enjeu de donner du sens à l’innovation

white men google glasses

Une brève inhabituelle donc intéressante, en provenance de Luc, introduisant la conférence de Richard Edelman et Jamie Oliver sur l’innovation, au festival de la pub de Cannes 2015.

Le point de cet article tient en une phrase : innover ne s’impose pas mais se mérite.

De manière générale les gens sont stressés par le changement et le risque de perdre contrôle :

By a two-to-one margin, people feel that the pace of change is too quick.
Two out of three consumers believe that the motive for innovation is greed and corporate profit.
Three of five are anxious about the environment and over consumption.
Half are concerned about having to “be on” all of the time.
Most worrying, 87 percent of consumers said they will stop buying innovative products and services unless companies address these concerns.

D’où l’immense enjeu des marques à rassurer et inspirer pour faire acheter des produits innovants (aka. justifier le raccourcissement des cycles de remplacement ou augmenter les paniers moyens).

Le marché de la technologie ne se trouve pas chez les gens intéressés par la techno mais ceux qui ne le sont pas encore, aka. les 80% restants.

Le design est-il un gage de succès pour une entreprise?

Je ne suis habituellement pas fans des powerpoint de gourous mais celui-ci donne quelques points intéressants, au-delà de vendre assez grossièrement l’importance du design (dont la définition est attrape-tout au possible) dans le succès des entreprises.

Slide 13 : le design est-il un investissement? Peut-être. Garantit-il le succès? Certainement pas. Gros raccourci déplaisant à cet endroit.  Les premiers retours d’expérience de Nest sont mitigés.

Fin : l’informatique est définitivement devenue un sujet mainstream et qu’on ne peut plus imaginer un objet ou un service pour des geeks mais pour quasiment l’intégralité de la population mondiale.

Je serais extrêmement curieux de savoir quels sont les points que vous trouvez intéressants dans ce doc.

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Si l’interface logicielle constitue un enjeu stratégique pour les marques, elle n’explique certainement pas le succès d’un business

interface iphone sensible tactile irrité susceptible

Cet article de Techcrunch est un trending topic du moment : The Battle Is For The Customer Interface. On l’aime d’autant plus qu’il est écrit par un homme de qualité : Tom Goodwin, patron de l’innovation d’Havas Media USA.

Quel est le point de ce post ?

Uber, the world’s largest taxi company, owns no vehicles. Facebook, the world’s most popular media owner, creates no content. Alibaba, the most valuable retailer, has no inventory. And Airbnb, the world’s largest accommodation provider, owns no real estate. Something interesting is happening.

Ce que raconte l’auteur, c’est que les marques de demain ne sont pas des providers de hardware mais de software. Ce qui compte ce n’est pas la production mais le service.

Full stack companies like Tesla, Warby Parker, BuzzFeed, Nest or Harry’s seek to ensure control by owning all layers. From R&D to marketing, from distribution to sales, these companies do it all. It’s a great way to keep profit in the family, yet it’s harder to scale and build.

Pour ce qui est des « vieilles » boites qui verticalisent leur chaine de production, l’auteur estime qu’elles auront plus de mal à grossir – scaler – que les interfaceurs. Ce qui n’est ni vrai ni faux : il est évidemment plus long et coûteur d’ouvrir une usine Tesla en Chine que de lancer une application dans le monde entier.

In the modern age, having icons on the homepage is the most valuable real estate in the world, and trust is the most important asset. If you have that, you’ve a license to print money until someone pushes you out of the way. So the question becomes, what are you going to do to stay there or get there? And once there, how do you exploit it?

Là où l’article dérape, c’est en concluant que la clef du succès est d’être sur une homepage de smartphone avec une interface cool. Cela peut être le cas pour quelques start-ups mais cela n’explique rien d’autre.

D’abord parce que sans produit il n’y a pas d’interface possible. On a beau adorer Capitaine Train, ils ne sont rien sans la SNCF. Uber ou Blablacar ne sont rien sans les particuliers. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.

Ensuite parce que l’infrastructure demeure la seule clef du succès. Que ce soit en terme d’entrepôts pour Amazon (voir à ce titre cette excellente conférence), de data center pour Google, de lignes de terre pour Verizon ou de savoir-faire industriel pour Apple. Que les marques soient digitales ou pas n’y changent rien. Ce n’est pas le succès planétaire de Whatsapp qui change les règles du jeu. Vous ne vous demandez pas pourquoi les investisseurs de Wall Street ne sont pas dans la Silicon Valley?  Ou pourquoi Warren Buffet n’a pas misé un kopek sur une seule boite logicielle?

Finalement parce que culturellement, la sharing economy (voir infra) ou la hype du data catching finira peut-être par passer. Parce que les utilisateurs AirBNB finiront par devoir déclarer au fisc leurs revenus, parce qu’on se rendra compte qu’au nom de la liberté d’entreprise Uber détruit nos emplois façon Mittal, parce qu’on finira par se rendre compte qu’aucune de ces boites ne génèrent d’argent autrement qu’en exploitant vilainement nos données perso.

Bref. Point de vue intéressant mais péremptoire ce qui en atténue la portée. Dommage. D’une fine analyse, cela devient un prêche.