Du très petit au très grand : pourquoi la nouvelle publicité et la vieille publicité ont le même combat

Un de mes marronniers : la différence culturelle entre les gens du *haut de funnel* (publicitaires, communicants, créateurs de notoriété) et les gens du *milieu de funnel* (les acquéreurs, e-commerçants, convertisseurs).

Ces singularités culturelles se retrouvent naturellement dans le vocabulaire employé par ces deux métiers (qui font fondamentalement la même chose avec des outils légèrement différents).

  • Le publicitaire parle de notoriété, d’impact et de cibles.
  • L’acquéreur parle de taux de conversion, de génération de leads et d’audiences.

Un des nouveaux champs de bataille linguistique se joue sur l’échelle des services imaginés.

  • Le publicitaire rêvait de grandeur, de médias de masse, de big idea, de notoriété.
  • L’acquéreur produit des uses cases (illustration frappante dans cette communication Petit Web), des incréments, des optimisations.

C’est peut être une manifestation de cette nouvelle ère où les GAFA vont reconfigurer durablement la manière de penser le marketing : la relative maturité et l’échelle mondiale de ces plateformes invite à penser des améliorations plutôt que des changements (un battement d’aile de papillon scalable peut produire une tornade).

Cette culture technologique conjuguée à la culture de la précision devrait réunir marketeurs et techos : code et craft sont fait pour s’entendre.

Précision, élégance et pertinence demeureront sans doute des valeurs cardinales des grandes marques.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #283

1.Netflix = interNET + Flicks (un synonyme de film en anglais).

2. Le nom du magazine Esquire est un lointain dérivé du titre écuyer, que les membres de la gentry utilisaient accolés à leur signature à défaut de titre de noblesse.

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3. McDonalds propose un programme CRM caché ultra gold – tout à volonté – pour une sélection de people triés sur le volet.

4. L’invention de l’adolescence comme levier de démocratie. Article passionnant.

5. Sammy de Scooby-Doo était officiellement le babos de la bande. Il avait toujours faim. Il avait les munchies. Merci victor

6. BMXBicycle Motocross (oui en anglais on abrège cross avec la lettre X).

7. L’histoire dingue de l’agent double Robert Hanssen qui fut chargé se neutraliser lui-même durant une chasse aux taupes du KGB au sein du FBI.

8. Au début du 20e siècle, on réussit à guérir la syphilis en injectant aux malades le virus de la malaria.

9. Le président Georges Clémenceau a popularisé les chrysanthèmes dans les cimetières. Merci Papa

10. Voici la version américaine de Ma thèse en 180 secondes, sponsorisée par Science Magazine : dance your PHD. Merci Bertrand

Les Gueules Cassées lauréates du 8e prix Top/Com-HEC de l’audace marketing

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Aujourd’hui, un court et mérité hommage à la marque Les Gueules Cassées qui vend à petits prix des produits frais mal calibrés à qui le jury Top/Com-HEC – dont j’ai l’honneur de faire partie – a décerné le 8e prix de l’audace marketing.

La Ruche qui dit Oui partage la 2ème marche du podium avec Parrot.

Les Gueules Cassées succèdent à AirBNB en 2013 et Blablacar en 2014.

Après avoir écoulé 10 000 tonnes de produits difformes en un an, elles ont été contactées par 25 pays et seront lancées cette année aux US (sous le nom d’Ugly Mugs) et en Allemagne.

Cette démarche récompense la preuve qu’on peut faire du business tout en respectant la planète, en valorisant le fond plutôt que la forme.

Bravo Les Gueules Cassées.

PowerPoint est devenu la 2e langue mondiale

J’aime la manière dont le PowerPoint est devenu un medium populaire.

Que les marques ou les sujets B2B s’en emparent apparait logique : PowerPoint est une seconde langue du monde de l’entreprise qui offre un vaste champ d’expression (bien plus riche qu’un 30 secondes à la TV). Orange Business Services, Oracle, Netflix, Sun, IBM, Pfizer, les agences de pub…

Mais que les marques commerciales, voire les internautes l’utilisent pour bloguer ou partager des points de vue est assez dingue.

Ici un hôtel.

Ici un voyageur.

Ici un rhéteur.

Ici un bon chrétien.

Upworthy annonce son pivoting vers la création de contenu façon mea culpa

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On pense ce qu’on veut de Upworthy et autres clickbaiters.

Leur virage vers la création de contenu – comme d’autres avant eux, façon Netflix ou Buzzfeed – est en tout cas opéré avec audace et fracas. Jolie posture de marque.

Jolie leçon de marketing made in Silicon Valley : attract users first, then monetize. Une démonstration par l’exemple de leur capacité à créer une audience. Qu’importe la mise en scène draperienne d’un pivot joué d’avance mais bien raconté (“nous avons créé un monstre“).

On leur souhaite bien du succès.