Get Lucky et Daft Punk : phénomène de compréhension des us et coutumes digitaux

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Le dernier album des Daft Punk pulvérise tous les records : de ventes, de téléchargements et de covers.

On a rarement vu un disque générer autant de reprises en si peu de temps : l’aboutissement d’une profonde compréhension du medium internet.

Pensé pour la participation et le partage, le web demande du doigté pour obtenir les résultats escomptés auprès du public. Intégrer un like au bas d’une bannière publicitaire ou réclamer un éloge contre un bon de réduction procède d’une profonde incompréhension de la mécanique du partage (qui n’est pas don, rappelons-le).

Les Daft Punk, au contraire, maîtrise avec maestria les us et coutumes du net :

  • La rumeur savamment orchestrée de leur nouveau disque, appuyée de leakings successifs et de teasers dispensés en des lieux propices à l’enregistrement individuel et au partage (Coachella and co)
  • Une mise en vente évidemment digitale, avec avant-première en streaming sur des sites d’écoute sociale
  • Vidéoclip en gif animé, dans le plus pur esprit low-tech folksonomique
  • Choix d’un tube de composition enfantine stimulant les reprises au coin du feu
  • Aucune consigne relative à l’exploitation du morceau (contrairement aux initiatives hyper marketées d’un Beck qui donne son disque sous forme de partitions)

Faire participer les gens n’est pas si compliqué quand les choses sont faites en concordance avec les usages culturels.

On assiste à une guerre des mondes entre la vieille garde des artistes anti-piratage ayant brûlé leur réputation par avarice et la nouvelle vague consciente du potentiel des réseaux sociaux et de la recommandation entre pairs.

Tant que les marques n’auront pas compris qu’une parodie/reprise/hommage/mash-up est un signe de succès, elles auront du mal à comprendre la logique digitale (cf. le cas récent de la fermeture du site de fan par Nutella). Parodier un objet est signe d’institution d’un objet devenu parodiable, donc partie intégrante d’une culture valorisante pour le parodieur.

Get Lucky des DP est tellement reprise qu’on se croirait un plein streaking, où des gens profitent d’une forte affluence pour faire passer un message et se faire remarquer. Le volume de requêtes de Get Lucky est tel que des centaines de personnes veulent profiter de l’aubaine pour prendre une petite part du gâteau et se tailler la part du lion.

Le tout pour une centaine d’euros en investissement et paid media. Exemple à suivre.

10 choses que je ne savais pas l’année dernière

1. La guerre de Trois Cent Trente-Cinq Ans.

2. La guerre de la triple alliance, où 2/3 de la population paraguayenne disparut.

3. Les Anglais seraient soûls sur 3/4 de leurs photos Facebook.

4. Le protagoniste de la nouvelle L’homme qui rit de Victor Hugo aurait inspiré le Joker de Batman.

5. On ne parlerait pas de Nutella mais de LA Nutella. Merci Anthony

6. Kim Jong il était décidément très fort :

Live fast, die Jong

7. En 2011, 464Mds$ ont été dépensé en pub worldwide.

8. Le Cricket de Vulcain est la première montre bracelet à avoir intégré un réveil. Adoptée par les présidents américains, elle est désormais surnommée la montre des présidents. Merci Mathilde.

9. Le walk of shame, le nom donné aux rentrées de soirées peu glorieuses, exploité par les magasins Harvey Nichols pour Noël en 2011 :

10. L’effet McGurk est un phénomène cognitif reliant à la vue à l’ouïe : un même son peut être entendu différemment selon les images montrées :

Bonne année à tous!

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #9

1. On peut encore voir le logo Siemens dans les chambres à gaz du camp de concentration de Buchenwald.

2. En interne, on ne parle de Nutella mais de LA Nutella. Merci @Sébastien Durand

3. Audi est la traduction latine (écoute ! en français) du nom de famille du fondateur de la marque : August Horch.

4. Carhartt a bâti sa réputation en fabriquant des fringues pour cheminots américains.

5. Le 2e prénom d’Hitler était Jacob. Une hérédité cas d’école freudien. via @Nico_Lanter

6. La durée des feux tricolores s’adapte à la fluidité du trafic en temps réel. cf. 9e minute de ce reportage.

7. Coca-Cola a dépensé 60 millions d’euros pour être la boisson officielle de l’exposition universelle de Shanghai.

8. La chanson de Neil Young Ohio a été écrite suite au décès tragique de 4 personnes venues manifester contre l’envoi de troupe au Cambodge par le président Nixon en 1970. Cette photo de l’évènement fut couronnée d’un prix Pulitzer :

Ici, une version d’Ohio avec David Crosby et Stephen Stills et Graham Nash.

9. Lors de sa phase prototype, la 2CV de Citroën n’était dotée que d’un unique phare, d’où un surnom donné à l’époque par les ingénieurs de la marque aux chevrons : le Cyclope.

10. L’hormone de la virilité n’est pas la testostérone mais… les œstrogènes.