La big data est notre horizon warholien : dans le futur, tout le monde pourra créer la tendance de son choix

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Avec le big data, on accède potentiellement à toutes les informations du monde. Battements d’aile d’un papillon, pulsations cardiaque de ses voisins, durée moyenne observée chez les 23-36 ans pour sortir les poubelles. Tout devient mesurable.

Cet amoncellement de données ouvre un nouvel âge d’or pour les tendanceurs. Jusqu’à présent dépendants de datas existantes ou d’un flair assisté d’une solide rhétorique, ils pourront bientôt s’appuyer sur des preuves chiffrées.

Plusieurs scénarios s’ouvrent alors :

  • Tout le monde devient tendanceur grâce à des outils de détection de corrélation paramétrables selon les filtres de son choix, cf. Google Correlate.
  • Les tendances meurent sous l’afflux de données et se transforment en infos sans magie.
  • Les tendanceurs deviennent des mages adeptes de la sérendipité opposés à l’usage des chiffres.

Suite à la lecture de Microtrends, on peut parier sur la démocratisation de la tendançologie. Un peu à la Warhol, on peut se dire que dans le futur, tout le monde pourra créer la tendance de son choix.

Il suffit de dire une tendance pour qu’elle existe.

Vous sentez-vous prêt à avoir un avis sur la it-saveur qui va cartonner pour les yaourts l’année prochaine?

Les algorithmes sont politiques : Edgerank le bourgeois

Discutant hier avec mon ami Erwan de l’algorithme de Facebook (celui qui choisit les contenus affichés sur nos walls – cf. formule ci-dessous), il me révèle la hiérarchie des contenus appliquées par Edgerank : Video Update > Picture Update > Link Update > Status Update.

Une photo vaut plus qu’un like. Une vidéo vaut mieux qu’un commentaire.

[Avis aux non spécialistes : vos contacts Facebook ne voient pas tout ce que vous postez sur vos murs]

Je ne parviens pas à retrouver cette information mais il semblerait que l’objet doté du poids le plus fort est le statut marital, parce qu’il est celui qui est censé changer le moins souvent.

En d’autres termes, pour Facebook, c’est la situation maritale qui compte le plus dans la série des informations à faire apparaître sur les murs des gens. Le mariage prime sur les vacances en Thaïlande. Le célibat est plus important que le score de l’équipe de France…

Qui a dit que Facebook ne se résumait qu’à une conversation de bistro au sujet des lolcats ?

Cette donnée illustre parfaitement la slide 11 de ce deck d’Hubert Guillaud (ou cette colonne de Dominique Cardon sur l’affaire google x juif / Merci Aurélien) consacré à l’open data :

“Non seulement nous devons reconnaître que ces algorithmes ne sont pas neutres, qu’ils codent des choix politiques, et qu’ils “armaturent” l’information d’une manière particulière, mais nous devons également comprendre ce que signifie de nous appuyer sur eux, pourquoi voulons-nousqu’ils soient neutres, fiables, qu’ils soient des moyens efficaces pour atteindre ce qui est le plus important. » Tarleton Gillespie

Les algorithmes n’ont décidément pas bon goût.

Ceux qui veulent en savoir plus sur Edgerank :

Un indicateur économique clef : les toilettes

Voici quelques observations connectant le lieu-où-le-roi-va-seul à des indicateurs économiques riches d’enseignements. Sans être fan de sujets scabreux, il faut rendre à César ce qui est à César.

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Open Data et citoyenneté : pharmakon moderne

La data visualisation est un outil de représentation graphiques de données chiffrées (comme une équation et une courbe en maths). Les risques qu’elle induit (réduction de l’information, subjectivité, ludicité, biais cognitifs, etc.) sont contrebalancés  par leur dimension citoyenne.

Si tout un chacun profite de l’ouverture des données (on assiste actuellement à ce mouvement de fond un peu partout dans le monde), notre conscience citoyenne en sortira-t-elle grandie?

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