Face aux immenses vagues d’outsourcing qui se préparent, qui seront les prochains chefs de projets?

Le sujet de l’outsourcing publicitaire total est un marronnier de plus en plus convoqué. Plusieurs éléments à charge justifient toutefois sa récurrence.

  • Les agences de pub produisent déjà de moins en moins en interne. Parfois encore en France ou en Ukraine (pour le web ou autre), demain au Bangladesh pour la data.
  • La désintermédiation croissante du marché et l’arrivée de nouveaux acteurs ne peut qu’engendrer une chute des prix qui affectera les masses salariales (entre autre).
  • La pression sur les coûts et la culture du ROI impulsé par certaines agences les condamnent à moyen terme à tailler dans le gras.
  • Gros influenceurs en matière de cost killing ou de méthodes de trading, les métiers de la finance vont apprendre aux publicitaires à outsourcer ce qui n’a pas besoin d’être produit dans le Nord.
  • Aucun effort politique ne sera concédé pour retenir l’industrie publicitaire dans les pays (du moins pas en France).

La culture du projet a de beaux jours devant elle, demain, les pays occidentaux ne produiront que des blue prints. Les quelques heureux élus qui décideront au plus vite de se concentrer sur des tâches à haute valeur ajoutée ne devrait pas le regretter… Les autres pourront toujours déménager.

Du protectionnisme linguistique

Les lacunes des Français en matière de langues étrangères n’est un secret pour personne. Méthodes d’enseignement, formations professionnelles ou initiatives culturelles (films en VO, etc.) : dans l’hexagone, tout concourt à l’ignorance de l’altérité linguistique.

A priori, cette particularité semble pénalisante à bien des égards: manque d’ouverture d’esprit, repli identitaire, inadéquation avec l’environnement économique mondialisé, manque de compétitivité et de valorisation de nos talents…

Toutefois, une facette de notre ignorance tire son épingle du jeu : la qualité de service. Pour les Français, elle passe quasi-irrémédiablement par des outils en langue française.

Pas besoin d’avoir fait Harvard pour savoir que l’économie occidentale se tertiarise. Dernière tendance en date : l’outsourcing et l’industrialisation des services. Call-centers, plateformes logistiques et autres services offshorés se multiplient.

Les coûts baissent, tant mieux. La qualité de service aussi et ça, c’est tant pis… Allez expliquer à vos équipes ou vos clients que le service après vente parle mal le français, vous verrez leur réaction… Apprenez leur qu’ils parlent anglais avec un accent indien et on réclamera votre tête.

L’industrialisation des services n’est pas encore tout à fait compatible avec notre médiocrité linguistique. Les français préfèrent bosser en français. Tomber sur un SAV implanté au Maghreb ou en Sibérie n’est pas une expérience jugée plaisante. Potasser un mode d’emploi traduit du chinois par des équipes roumaines est décourageant. Comment créer de la valeur dans ces conditions ?

D’où l’idée suivante : et si nos facultés passaient du statut de faiblesse à force? Et si le protectionnisme linguistique finissait par réussir à la montée en gamme du secteur tertiaire?

Eh oui, c’est ça la France…

Breaking news : les cycles de Gartner

Avez-vous entendu parler des cycles de Gartner ou hype circles? Ce laboratoire américain est un des spécialistes de la recherche et veille en matière de technologies.

Il publie chaque année une série de graphiques décrivant les évolutions à venir, les tops et les flops dans des domaines très variés : ecommerce, CRM, outsourcing, IT, Ressources Humaines, Logiciels

Voici leur vision 2008 du cheminement des technologies émergeantes, pour le reste, il vous en coûtera quelques milliers de dollars.

La courbe se décompose en 5 phases distinctes – un peu à la manière du cycle de vie d’un produit :

  • Technology trigger : lancement d’un nouveau produit ou d’une nouvelle application. Exemple récent : le micro-blogging et Twitter.
  • Peak of inflated expectactions : la phase de succès du produit, débouchant sur un début de déclin. Exemple : Facebook, en constante augmentation malgré ses premiers suicides.
  • Trough of disillusionment : la défaite, le bide alors que le carton était annoncé. Exemple : Second Life.
  • Slope of enlightment : la découverte n’a pas remporté le succès escompté – dans un premier temps – mais une frange d’inconditionnels persiste. Exemple : la TV sur mobile, la visiophonie.
  • Plateau of productivity : phase de maturité durant laquelle le produit suit son bonhomme de chemin et rentre dans les moeurs. Ex : téléphonie mobile, MSN Messenger…

Source : Advert Lab

La créativité capitalisée

Boris

Voici une nouvelle qui n’a pas de quoi étonner les plus cyniques d’entre vous en matière de pratiques capitalistiques. Boris Grishenko faisait la nique au MI6 en 1996, aujourd’hui, il code du ruby on rails au service de sa Majesté.

La réduction des coûts enjoint aujourd’hui – parait-il – certains marketeurs à délocaliser leurs studios de création graphique dans des pays où sévissent des coûts du travail assez sévèrement cutés.

L’âge d’airain des startups installées dans de luxueux lofts et débauchant à prix d’or les meilleurs designers de la place pourrait bien entamer sa phase de rationalisation.

Le développement de l’outsourcing de la création s’inspire en effet de ses pairs spécialisés dans le offshore programming, qui ont franchi le pas depuis longtemps en confiant leur code chéris à des geeks basés en Sibérie ou dans les pays de l’ex-union soviétique.

Outsourcing has hit Madison Avenue, vu sur le Wall Street Journal