Savoir vendre une idée : la leçon de Paula Scher

Extrait des documentaires sur le design de Netflix consacré à la graphiste Paula Scher, à propos de la vente d’une idée.

1. Il faut définitivement arriver avec une idée très haute pour réussir à vendre une idée moyennement haute.

2. Il faut sentir quand arrêter une réunion sous peine de faire trop de concessions.

3. Il faut fixer le niveau d’attente au bon endroit pour sentir jusqu’où on peut tirer un client.

4. Il faut rapidement identifier qui prend et qui influe la décision, pour ne pas se faire fumer par le petit type du fond qui coller le doute à tout le monde.

Rien de totalement fou mais du bon sens partagé de la part d’une très grande créative, donc on achète.

La folie des cartes heuristiques

Reflet plus ou moins fidèles d’une névrose mémétiques, le formidable site d’image 9gag (sorte de 4chan soft) offre un panorama en temps réel des petites manies qui se trament sur internet.

Dernier signal en date : les mind maps ou cartes heuristiques :

Une mind map est un outil graphique permettant de formaliser sa pensée : idées connectées les unes aux autres, chaine de raisonnement, arborescence, etc.

Malgré des origines un peu floues que certains attribuent à Aristote (rapport au mot “heuristique” venant d’eurisko, je trouve en grec, cf. euréka), la carte heuristique a été démocratisée par des psychologues des années 70 pour schématiser les fonctions liées aux hémisphères cérébraux (son graphisme évoque d’ailleurs celui des neurones).

Elle est en outre un pur produit informatique. La représentation des cartes heuristiques empruntent directement à celui des circuits électriques, voire des liens hypertextes ou des arborescences de sites web.

Les exemplaires que l’on croise sur la toile sont d’ailleurs là pour nous rappeler le caractère geek-gentiment-attardé de leurs auteurs :

Plus professionnellement, les cartes heuristiques sont utilisées pour des comptes-rendus de séances de brainstorming ou de parcours de décision :

Celle-ci ne manque pas d’ironie mais cela donne un aperçu à peu prés fidèle de son utilité…

Au-delà de son usage propre, cet outil a pu inspiré des créatifs (vogue des croquis, des publicité dessinées à la main) : elle constitue en effet un outil rêvé pour esthétiser le désordre. Petit clin d’oeil à la note sur la génération artisan, ou comment une technique induit une manière de voir le monde.

Flagrant chez le graphiste So-Me :

Une tendance vue également à la RATP ou au BHV il y a quelques années (impossible de mettre la main sur le visuel malheureusement)… Elle surfait sur la fin de la mode des affiches en aplat avec des silhouettes, intronisées par Apple et son iPod.

Histoire de bien terminer la digression, ces travaux me font également penser au graphisme tout typographique du milieu du 20e siècle, façon affiches de jazz :

Une tendance brillamment ré-interprétée dans les années 90 par Paula Scher :

David Carson (dont l’inspiration déconstructiviste est puissamment inspirée par le mouvement grunge des années 90) :

(Marrant cette mind map moquant l’interface de Mac OSX non?)

Voire même de Stefan Sagmeister :

Afin de boucler la boucle, petit hommage à une autre dérivation très sixties : le psychédélisme.

Il était logique de terminer cette petite balade par une référence aux substances psychotropes dont la représentation semble puiser tout droit dans celle des mind maps.

En guise de conclusion, voici exactement à quoi sert une mind map : à retracer des raisonnements et organiser ses digressions.