Donnes-nous notre buzz quotidien : amen !

Les faux lancements qui annoncent un vrai produit, c’est un best-seller qui marche depuis toujours. Souvenons-nous par exemple des affiches Voyages-SNCF pour Transatlantys, le tunnel transatlantique ou le film Fast-huître pour le sucre :

L’éditeur de jeux vidéo Prayer Works vient de remettre le couvert de belle manière. Mass we Pray est un faux site qui fait la promotion d’un jeu vidéo catholique. Tout est bien pensé : le site, les manettes en formes de crucifix, les modes de jeu, la vidéo explicative… On se laisserait presque avoir.

En cliquant sur n’importe quelle fenêtre, on tombe sur une page qui annonce un autre jeu, beaucoup moins catholique (du moins si on se conforme à l’identité visuelle de la page). Après avoir rentré sa date de naissance – façon site pour les alcooliers – on visualise un trailer à l’ambiance darkos…

Jusqu’ici, rien de fou. La qualité de cette opération réside dans ses détails. Par exemple, la société Prayer Works n’est pas pas enregistrée au registre du commerce US… Numerama a sa théorie sur la question et pense que ce site est une pique adressée à l’arrivée de la Bible sur Xbox (gasp!)

The Escapist y voit de son côté une campagne pour la sortie du jeu Dante’s Inferno…

L’avenir nous livrera la réponse. En tout cas, il y a de la conversation en ligne, les gens s’interrogent. C’est tout ce qu’on peut attendre de ce genre de stratégie… Comme quoi, il est encore possible de lancer des buzz efficaces…

Il est également amusant de noter le rapport d’amour/haine entre les américains et la religion. Malgré leur implication dans l’église (40% croient en la Création par Dieu en 8 jours), ils réussissent à s’en moquer (cf. campagne PETA) alors qu’en France, république laïque, on fait des scandales pour quelques annonces pourries…

Quand Brigitte Bardot militait pour le développement durable

BB, c’est une affaire de patrimoine. A 75 ans, elle ne manque pas une occasion de faire parler d’elle : racisme, antisémitisme, antifourrurisme… On va même tous aller la voir au ciné dans l’adaptation de la vie de Gainsbourg par Joann Sfar le mois prochain.

Brigitte, c’est une grande bouche au service de la cause animale. Pourquoi on en parle? Parce qu’une campagne PETA (l’association US anti massacre des animaux) défraie la chronique outre-Atlantique.

Il faut dire que la mise en scène du crucifix et de Joanna Krupa (la playmate chrétienne choisie) a de quoi choquer, surtout auprès de la communauté catho intégristes pas fun, généreusement représentée en territoire Yankee.

En toute mauvaise foi (gnarf gnarf), on remarque tout de même que le fond du message évolue. Moins “stratégie du choc gratuit” que les précédentes campagnes PETA. Là où l’association se contentait de faire du bruit pour le bruit (aussi un peu pour les animaux) il y a quelques mois, elle préfère aujourd’hui militer pour l’adoption des animaux, soit une forme dérivée du re-use, une philosophie anti jetable (abordée ici ou ) liée à la slow consommation, au recyclage, au développement durable.

Certes, on ne se refait pas. Peta ne peut s’empêcher de provoquer le chaland. Mais le fond du message a changé et ça c’est vraiment cool.

Peu importe ce qu’en pensent quelques bigots réactionnaires. Pas la peine de pointer le doigt à l’ouest, nous avons les mêmes en France. On se souvient du tollé général de la campagne inspirée de la Cène par Marithé et François Girbaut.

Alors voici un petit conseil pour booster la notoriété de Brigitte : dénudez-vous pour dénoncer la culture du jetable, vous marquerez des points.

A bon entendeur…