10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #141

1. Quelques mensonges colportés par les audiophiles. Merci Alex

2. Afin de rester concentrer sur sa tâche, Démosthène se rasait la moitié du crâne, usant de la honte pour s’empêcher le divertissement des sorties extérieures.

3. Le prix des pigeons. Merci Olivier

4. Le soda 7-up contenait du lithium jusqu’en 1948. Au passage : son nom reste un mystère.

seven up lithium soda

5. En 1996, Pepsi lance un programme de points de fidélité dont le gros lot (équivalent à 7 millions de canettes achetées) est un avion de chasse… Manque de bol, un étudiant découvre une faille et remporte l’avion.

6. La qualité des Stradivarius est un accident. Merci Sébastien

7. Le terme militaire mayde vient du français m’aidez.

8. Le mode de numérotation des cartes de baseball. Merci Olivier

9. OVH = Oles Van Herman, alias digital d’Octave Klaba.

10. Quelques rumeurs sur la musique et le marketing.

Le ciblage est-il affaire de branding? Le marketing est un métier de conservateurs

Mais qui sont les vrais pigeons?

Comment gérer le gap entre les gens qui vous achète et ceux à qui vous voudriez vendre? Dans quelle mesure un positionnement marketing dépend-il d’une communauté à laquelle on souhaiterait s’adresser?

Une grande quantité d’efforts marketing tombent à l’eau pour des questions de ciblages. En fantasmant un client modèle, les marques tombent à côté de la plaque et tombent des nues quand elles découvrent qui sont leurs vrais clients.

Pire, la manière dont les marques imaginent ces acheteurs type est archaïque : on mélange à l’envi corrélation et causalité, on reproduit un ordre moral désuet au nom de la paresse. Au nom de quelles prérogatives l’homme CSP+ devrait s’intéresser à l’horlogerie et à l’automobile?

Ces parti pris sont attaquables de toute part. En France, la Logan surpondère chez les 10% les plus riches, selon les catégories, les marques nationales en FMCG sont essentiellement consommées par des gens modestes. Combien de fois faut-il le répéter? On peut avoir 80 ans à 20 ans et 20 ans à 80.

Pourquoi les marques s’escriment à perpétuer un ordre moral? Angoisse, paresse ou conservatisme avéré, les motivations sont nombreuses.

Ce que le marketing ne dit pas assez, c’est sa dimension morale. La marque a des responsabilités. En sa qualité de personnalité morale dans une société civile, elle a des droits et des devoirs, au même titre qu’un citoyen. Vivre d’une relation transactionnelle ne devrait pas faire oublier l’impératif de représentativité. Une marque est identique pour tous ses acheteurs. On ne sert pas un “sous-Danone” à un pauvre erre.

La marque est une proposition universelle et devrait s’envisager comme telle.

Le hiatus entre les Français et la pub / les marques vient sans doute de là. On cherche à vivre dans un environnement saturé de propositions absurdes et rétrogrades. On s’indigne de la pauvreté, on s’indigne de la richesse, on s’indigne des inégalités. Sauf exceptions, les marques perpétuent et alimentent les raisons de la colère :

For 70% of those surveyed, the most important qualities of ads were that they were enjoyable, but only 36% stated communications currently “respected” the audience.

A 65% majority of interviewees thought that ads should try and encourage responsible behaviour among consumers, but just 17% painted them as doing so at present.

Aujourd’hui, les marques se battent pour empocher leurs primes. Les marques se mettent en grève pour se faire haïr de l’opinion publique.

Cette double preuve d’irrespect pour les gens matinée d’ordre socioculturel est regrettable.