Le progrès par les marques, une insulte ?

Depuis quelques dizaines d’années, il parait que nous vivons une crise des institutions. Religion, école, famille, éducation, politique… Les repères traditionnels périclitent. Certains appellent ça la postmodernité, d’autres la fin de l’histoire, peu importe, Daniel Bô en propose une excellente synthèse page18-19 du document infra.

Il parait que dans les années 80/90, les entreprises auraient caressé l’ambition de se substituer aux institutions.

Le bilan est net. Nous n’avons pas appris la lecture dans des menus McDonald’s ou la géographie grâce à Air France. Il n’y aura pas de liste Ushuaïa aux élections présidentielles. Si les entreprises ont cru pouvoir remplacer les institutions, la guerre de Troie n’a pas eu lieu.

Et pourtant.

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Un postmodernisme 2.0 : le datamoshing

Il y a quelques semaines, une vision me saute à la gorge : si les petites vidéos “I’m a mac” ou “I’m a PC” utilisent une direction artistique aussi épurée, ce n’est pas QUE pour simplifier au maximum le message, c’est SURTOUT pour faciliter les réutilisations, parodies et détournements qui donne de la profondeur et de l’ouverture d’esprit à la marque. Pour en savoir plus, c’est sur le blog de Né Kid que ça se passe.

Le datamoshing s’inscrit dans la lignée de ces usages propres au web. L’esthétique DM s’inspire des connexions bas-débit ou du DivX mal compressé. En plus de connoter l’artisanat et le home made – THE révolution du web – il joue la connivence avec le streaming et le piratage, un autre bouleversement de l’ère numérique.

Dans l’ancien monde, le datamoshing était un défaut parce qu’on le comparait à la télé ou au ciné, ie. des symboles de l’ère hertzienne ou pré-digitale.

Dans la nouveau monde, le datamoshing est un jeune postmodernisme qui transforme les antédiluviennes moqueries en expression artistique assumée.

Exactement le même switch culturel que lorsque la photographie a décidé à s’affranchir des codes picturaux inventés par la peinture pour définir son propre champs artistique : formats différents, travaux sur les temps d’expositions, hors-champs, etc.

De fait, rien de surprenant au fait que les musiciens usant de cette technique pour réaliser leurs clips incarnent à leur manière l’innovation : Kanye West ou Chairlift.

Source : Voxpop

Un point sur le steampunk

Le steampunk – punk à vapeur – est un sous-genre de science fiction apparu à la fin du 19e siècle, impulsé par des auteurs comme Jules Verne. Il qualifie une esthétique artistique mêlant de la littérature, de l’art, du cinéma et… des technologies. Grosso modo, la plus belle incarnation du steampunk grand public est la reproduction du Nautilus à Disneyland.

La définition de Wikipédia donnée est suffisamment riche pour que nous nous penchions plus particulièrement sur le versant informatique du steampunk.

Chaque mouvement esthétique produisant ses fans, des doux dingues inventeurs fous s’amusent à modder leurs engins à la sauce steampunk. Depuis leurs ordinateurs jusqu’à leur clef USB en passant par leur console de jeux vidéo. Les résultats sont aussi réussis que surprenants.

Le steampunk, en clair, est une des émanations des plus manifestes de la postmodernité : on imagine l’avenir en puisant dans les ressources historiques. Une de plus pourrait-on croire. Peut-être, en tout cas celle-ci m’ébloui de créativité, on n’a pas fini de s’étonner des fans

Quelques images :

Une montre

Un iPod

Un ordinateur

Une Vespa

Des lunettes

Une guitare

Le clou du spectacle : un chargeur iPod qui fonctionne à la vapeur…

Plus d’images steampunk ici.

Source : wikipédia

MàJ : suite au regain d’intérêt suscité par cet article, voici un document complémentaire réalisé sur le sujet du steampunk, chez Né Kid :

 

Citroën DS: retour vers le futur

Où l’on apprend avec surprise et circonspection que la marque aux chevrons s’apprêterait à relancer la DS, un modèle qui fit la gloire de l’automobile française entre 1955 et 1975 (et oui, à cette époque un modèle durait plus de 3 ans), notamment grâce à un système de suspension hydraulique rupturiste.

Pour commencer, on s’interroge sur la véracité de ces infos, tout de même relayées par les très sérieux Monde, FigaroEchos et Caradisiac.

Vient ensuite l’hypothèse du hoax… Après tout, les marketeurs viraux nous ont rôdé aux rumeurs les plus fantasques. Entre la célébrissime invasion extra-terrestre d’Orson Welles et le tunnel transatlantique de la SNCF ils feraient mieux de se concentrer sur le fonctionnement de leur site de vente en ligne en passant par le Macbook sans clavier, le doute est permis…

On s’amuse pour terminer à louer les vertus infiniment strechable de la postmodernitévintage et néo-rétro nous voila – de Maffesoli et Lipovetsky. Non contentes de puiser de l’inspiration dans les années glorieuses, les marques ressuscitent carrément les best-sellers. Après la Beetle, la Fiat 500 et la Mini, les rues vont bientôt être hantées.

De quoi alimenter les théories de la crise de la créativité…

Que se passe-t-il? Seuls les séniors achètent des autos? Les jeunes créatifs et designers ne font pas autorité dans leurs bureaux d’études? Le futur a du mal à s’envisager au volant d’une voiture, d’où ces relents designo-procrastinateurs? J’espère au moins qu’ils auront le tact de l’équiper d’un moteur hybride pour recoller au mythe de l’innovation Citroën.

Le pétrole a atteint des sommets cet été, plusieurs constructeurs sont sur le carreau. Pourquoi ne pas prendre le virage à 90° imposé par la conjoncture?