Le corps, média communautaire

Un article passionnant était publié sur le site du Monde hier. Le chercheur de l’EHESS Georges Vigarello pointe un nouveau domaine d’étude d’historique jusqu’ici ignoré en tant que tel : le corps.

De nombreuses disciplines s’intéressaient pourtant de près ou de loin au corps. Les sciences humaines étudiaient le corps en tant que média, ie. support d’expressions culturelles (vêtements, bijoux, tatouages…) ; les sciences dures leur préféraient sa dimension physiologique (squelette, ADN…).

D’après Georges Vigarello, le corps a rarement été l’objet d’études consacrées alors qu’il nous renseigne en soi des représentations ancrées dans une époque.

Exemple : quand Bourdieu analysait les attributs symboliques du pouvoir (bijoux, vêtements, mobilier…), il omet de décrire la plastique corporelle indépendamment. Au-delà du symbole de l’opulence, être bedonnant au Moyen-âge peut être analysé comme une allégorie de son statut social.

Il en va de même pour le corset au 19e qui par delà les canons esthétiques en vigueur à l’époque, évoque la finesse, la gracilité des dames ; en opposition à l’empattement ostensible des messieurs, donné en représentation incarnée – au sens charnel – de la force physique et de la puissance.

Of course, ces modalités évoluent dans le temps. Aujourd’hui, les statistiques montrent que ce sont les populations les moins favorisées qui souffrent d’obésité. La minceur est par conséquent un attribut noble, il connote l’appartenance à des couches sociales où le bien manger participe à un mode de vie.

Je ne sais plus quel nutritionniste évoquait la minceur des jeunes neuilléens du film Neuilly sa mère comme un langage corporel communautaire (allégation renforcée par l’empattement d’une des caillera et de Faf Larage, interprète de la bande-originale du film).

Plus qu’un simple outil au service d’attributs accessoires, le corps est un média, particulièrement dans notre société du geste.

Source : Le Monde

Danone Essensis arrêté : le renouveau d’un marketing raisonnable ?

Il avait fait grandement parler de lui lors de son lancement. Pensez-vous : à la croisée des tendances de la dermonutrition – se soigner en mangeant – et de l’alicament – mélange d’aliment et de médicament -, Essensis était un yaourt prétendument doté de vertus thérapeutiques… Dès le 1er mars, il deviendra collector…

Danone invoque la crise et le pouvoir d’achat, je crois que nous sommes en prime face à un bel exemple de l’acuité consumériste, de moins en moins apte à croire ce qu’on lui raconte. Un coup de pied dans la termitière des logiques de 2 voire 3 en un : mis à part les lessives et quelques produits d’entretien, certains marchés donnent le sentiment d’être imperméables à l’over promising.

Un constat de faiblesse pour le métier, qui peut de moins de moins user de grosses ficelles pour refourguer n’importe quelle camelote à prix d’or.

Une opportunité pour le métier, qui devra compter avec ce nouvel exemple pour faire évoluer son regard et ses pratiques vis-à-vis des publics.