Pourrions-nous arrêter de nous chamailler sur des petites différences au bénéfice de grands points communs?

La pensée magique désigne le procédé par lequel un désir – avec suffisament d’insistance – peut devenir réalité. Naturellement, il ne s’agit pas de contrôler son avenir mais de canaliser ses efforts conscients et inconscients au service d’un but.

A force de se répéter que les agences digitales et les agences de pub ne font pas le même métier, on finit par le croire.

On se focalise sur les jargons, les rythmes, les méthodes, les cultures, et tous les points de singularité, là où 80% des métiers de publicitaire online et offline sont constitués de points de parité.

C’est quoi la différence entre une idée off et une idée on ?

Cette étude Acxiom “How much has really changed in our approach to marketing since the pre-internet era?” identifie 3 changements.

Les consommateurs sont plus matures face à la pub. Ils décodent et lisent le jeu des publicitaires, d’où le développement des messages absurdes ou ironiques.

Pour reprendre les deux excellents exemples de l’artice eConsultancy, on passe de ça :

… à ça :

Peut-on mettre ce phénomène sur le dos du web ? Non. La faculté de décodage existe depuis que la communication est communication. Gardez en tête la durée de vie d’une technique pour faire manger à un enfant des brocolis. Ca marche la première fois, moins bien la 2e. Finito à partir de la 3e.

La personnalisation peut aider à faire de l’impact. Une nouvelle fois, une problématique liée à la fragmentation  qui n’est pas née de la cuisse du digital. Ce dernier n’a évidemment rien arrangé mais tout a commencé plus tôt. On s’interrogeait sur de la déclinaison de message avant le display programmatique? En presse, en TV thématique, en radio…

L’offre média offline serait 100% généraliste si les marketeurs ne s’étaient pas déjà posés ces questions.

L’impact passe par une bonne orchestration de tous les points de contact. Ok, merci. Rien à voir avec le digital non plus, même s’il n’a une nouvelle fois rien arrangé.

Bref.

Arrêtons de poutrer sur les différences entre le on et le off. Une bonne idée de communication marche partout (Priceless de Master Card, Live Young d’Evian, Dog’s Rules de Pedigree…)

Une bonne idée de communication c’est une idée de pub.

Une bonne idée de communication c’est une ligne éditoriale.

Une bonne idée de communication c’est une stratégie retail.

Un bonne idée de communication c’est une stratégie CRM.

Si votre idée ne coche pas ces 4 phases fondamentales d’un funnel, c’est qu’elle n’est pas si bonne.

Priceless de Mastercard poursuit sa route avec pertinence et inspiration

Mastercard-Priceless

La communications idea Priceless de Mastercard demeure un exemple d’intégration réussie : pérenne dans le temps, adaptable en fonction des publics, des moments, des moyens et des messages, parfaitement pertinente pour le business de la marque.

Voici l’étude de cas victorieuse du grand prix Stratégies des médias 2013. Modèle de fonctionnement (au moins théorique) entre un annonceur, une régie et une agence médias n’ayant pas besoin d’agence de pub.

Un modèle à suivre, pour les marques, les agences et les marques médias.

Priceless de Mastercard est décidément une plateforme de communication priceless

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La plateforme de communication Priceless de Mastercard est décidément géniale.

Créée il y a plus de dix ans, elle est désormais implémentée dans plus de 100 pays et a permis à la marque de hisser dans les 30 premières marques mondiales du classement BrandZ. Priceless est devenu l’expression consacrée des bons moments – même en France – et a généré des centaines de memes et de parodies sur les Internets.

D’un point de vue communication, Priceless est l’expression parfaite de la dématérialisation génératrice de transactions. La com au service du business. Bravo.

D’un point de vue stratégique, Priceless est une pure comms idea, ie. indépendante des messages et des moyens. Elle est un hub sur lequel peuvent se brancher des milliers d’idées de pub, de promos, d’animations en point de vente, de brand content, de partenariats…

Une parfaite idée intégrée où la conflictuelle – et habituelle – marge d’adaptation locale est estompée par l’inspiration de la plateforme.

On ne répétera jamais assez la qualité de ce travail, qui plus est souvent bien intégré (cf. présence actuelle dans les guides de spectacles en France).

Ce que j’aime dans la pub : sa vulgarité

Parce que la méritocratie soit plus avérée dans la pub que dans d’autres environnements (un énarque a autant de chance de réussir qu’un redoublant du lycée), la vulgarité publicitaire fait tout son charme.

Au sens propre, vulgarité : caractère de ce qui est courant, commun au plus grand nombre; caractère de ce qui est prosaïque, terre à terre (définition TLF).

Si les publicitaires ont souvent le même look, si certains cursus sont sur-représentés dans les boards, la pub demeure un terreau de l’irrévérence aux goûts bourgeois.

Dans la plupart des cas, la pub parle au plus grand nombre. Elle s’inspire de ce qui se passe dans la rue. La pub pourfend la distinction entre grande culture et petite culture. Si les gens s’intéressent aux zombies, aux brocantes ou au poker, la pub est là pour amplifier un phénomène (avec plus ou moins de succès). L’inverse est rarement vrai (malgré l’obsession des publicitaires pour la création de mouvements).

La pub devrait toujours être au service des gens, jamais l’inverse.

Cela ne veut pas dire que la pub doit brosser les gens dans le sens du poil, les conforter dans leur vision du monde. Bien au contraire.

Les sujets de conversation viennent d’un bas, leur mode de traitement vient de partout.

La pub est un parfait sujet démocratique.

Il est plus aisé de changer le monde quand on est dans la rue que quand on est dans un bureau. Encore plus en noyautant le système plutôt qu’en exerçant à sa marge.

C’est le sens que j’aime attribuer à l’agence Spies and Assassins.

Détente : peintures dubbing

Ce blog s’amuse à renommer quelques toiles célèbres ou moins célèbres. Amusant.

Exemple : You’re Filming This, Right? Please Tell Me You’re Getting This, 1610