Empty Pocket #3 : week 10

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Some of the finnest articles from the week:

How did Samsung spend $20 Million on Ad Time and Got Product Placement for Galaxy Phone. Behind the Preplanned Oscar Selfie: Samsung’s Ad Strategy

Idling is the new leaning in. Recline!

“As far as we know, no one has ever done this before—putting together this many different franchises. We’re trying to build the AutoNation of the restaurant business.” From Tesla To Dunkin’ Donuts, One Firm’s Quest to Fine-Tune The World

The Internet of Things is real and growing, but the money will come neither from Internet nor the Things. Instead, the big money will derive from business services that pull data from those IoT networks. The Internet Of Things: The Real Money Is The Internet, Not The Things

How a Mormon kid from Utah cracked the code for producing adventure videos you can’t stop sharing. Devin Super Tramp: The Boy King of YouTube Huck Shots

Now he’s hoping “to reach the next 35 million through mainstream media.” Here’s your chance to make porn ads. Here are the first subscriptions.

Que raconte le « product displacement » sur notre rapport à la consommation?

Ryan Watkins-Hughes, Shopdropping

Dans la même veine que les films post publicitaires, je vous recommande chaudement cet article (la version PDF illustre les exemples cités) du journaliste Rob Walker sur le product displacement.

Ce qualificatif détourné désigne le fait de placer des fausses marques dans des environnements commerciaux traditionnels : depuis les bières Duff arrivée dans nos linéaires aux happenings de la Surf Rider Foundation plaçant dans les supermarchés des sachets de déchets maritimes en passant par ce genre détournement ordinaire (cf. image).

Outre une parfaite illustration de l’hyper-réalité interrogeant l’omniprésence de l’image, ces objets créent des ruptures dans notre rapport machinal et mécanique à l’acte d’achat. Qu’elles viennent d’artistes ou de la culture populaire, elles témoignent d’une appropriation réussie des codes de la mercatique – dans la même veine que le personal branding – qui nous dit : nous sommes biberonnés au marketing, ne restons pas passifs.

Toutes proportions gardées, le product displacement, c’est la création pilotée de black swans visant à faire disjoncter notre rapport au quotidien trivial.

Une autre forme de poésie, plus que jamais rafraichissante à l’heure du tout algorithme.

Sans mode d’emploi, comment utiliser un outil?

Sans mode d’emploi, l’homme moderne se trouve parfois déboussolé

Sale temps pour les modes d’emploi. L’amélioration des produits, l’innovation au service des consommateurs et la valorisation du design rêvent de créer des produits affordants, intuitifs, naturels.

Si tous les ingénieurs n’excellent pas dans cet exercice, ils ne compensent pas non plus dans les notices d’utilisation des produits. Ces pavés infâmes traduits par Google ne sont désormais plus consultés que par les 60+ à l’ouverture et quelques téméraires anti-Google en cas de dysfonctionnement.

A ce titre, j’ai trouvé intéressant la manière dont la chaîne de télévision thématique portugaise MOV – consacrée aux thrillers – s’est associée à Pecol, la chaîne (une autre) de magasins de bricolage locale.

Le but de ce partenariat est de montrer les outils en action, ici dans des scènes de crime.

Si le décalage et l’effet de surprise est réussi, l’opportunité de mettre en scène un produit autrement que dans un film publicitaire stéréotypé est à retenir. Le développement des sites de how-to est un autre signal du manque de compréhension des gens face à certains objets.

Devoir de vacances : cet été, vous irez examiner le contenu de l’argenterie de votre grand-mère et tâcherez de comprendre l’usage de chacun des ustensiles soigneusement poli.

Monster : l’autre Red Bull qui fait flancher nos conceptions de la différenciation en marketing

La mention faite à Ken Block dans la dernière édition des 10 choses que je ne savais pas la semaine dernière offre l’occasion de traiter du succès de la boisson Monster.

Sponsor du pilote fondateur de DC Shoes, la marque californienne s’apprête à fêter ses 10 ans. Étonnant parangon de l’autrichienne Red Bull, Monster fait vaciller nos conceptions marketing : elle est la preuve vivante qu’on peut réussir en se contentant de copier.

Sa stratégie marketing est extrêmement proche de RB : pas de pub, budgets consacrés au sponsoring d’évènement sportifs/culturels et à l’endorsment de célébrités.

Les rares singularités de Monster se résument à :

  • Une gamme de produit proposant environ 8 références (hors-formats) contre seulement 2 pour RB,
  • Préférer les sports/pratiques existants (contrairement à Red Bull qui adore en inventer de nouveaux),
  • Afficher un goût plus assumé pour la masculinité : pinups et jeux vidéos pour mecs (product integration + sponsoring d’une e-team).
  • Une dimension un brin plus communautaire : chacun est invité à rejoindre la Monster Army,
  • Une ouverture au co-branding, avec les chaussures DC ou la Ford Focus de Block pour les gymkhana.

Pour le reste, Monster a réussi en quelques années à peine à s’octroyer une part du gâteau de RB et jouit désormais du même statut de label extrême en produisant des contenus audio/vidéo très proches.

La prochaine fois que vous vous cassez la tête pour trouver un positionnement à votre marque, pensez à Monster, succès ne rime pas forcément avec la différenciation.

Bonus : une énième vidéo de Block, sans doute le plus coup de Monster >

Bonus 2 : des infos spécifiques sur les illusions de la différenciations.

La solution à tous les problèmes de financement de la création : du placement de produit ad lib

Cette pratique présentée par PSFK apporte une solution à la question de la remote/delayed audience.

En insérant numériquement des produits à l’écran après le tournage d’une vidéo, on peut faire du product placement adapté :

  • A l’époque : les rediffusions peuvent être « mises à jour » (voire carrément retravaillées, cf. ces 2 images d’un épisode de How I Met Your Mother ou un bouquin est incrusté lors d’une redif’).
  • Au lieu : on peut placer des produits en fonction du lieu de diffusion de l’émission, en adaptant éventuellement par région, tout est imaginable.
  • Au pays : toutes les marques placées ne sont pas toujours disponibles dans les pays ou les contenus sont diffusés…
  • Au public : si mon audience évolue dans le temps, pourquoi ne pas faire évoluer mes placements ?
  • Au diffuseur : TF1 programme HYMYM Pourquoi ne pas l’enrichir de produits du groupe tels que des jeux de société ou des bouquins?

Si on fait abstraction de la galère liée au partage des recettes générées par le placement post prod, cette technique pourrait constituer une manne financière absolument gigantesque pour l’industrie audiovisuelle (cf. ces quelques autres exemples ici).

Pour mémo, notre veille sur le product placement :