La dernière étude Prosumer Havas montre que le féminisme gagnerait à se repositionner

A la faveur de la découverte du nouveau site de BETC, on découvre le dernier rapport Prosumer, sur le futur du genre.

De nombreux paradoxes y sont pointés, notamment celui de la régression de la perception de différence entre sexes sans pour autant voir le fossé salarial – entre mille autres variables – se réduire. Mis à part dans quelques pays émergents conservateurs, tout le monde – ou presque – concède que le genre est indissociable des compétences, que les enfants ne devraient pas être éduqués en fonction de leur genre, que les inégalités salariales sont odieuses. Pourtant, ces sujets progressent lentement.

Finalement, c’est le sujet du genre qui semble peser et poser problème. Est-ce que la fluidité du genre est la solution pour se libérer de ces discrimination profondément ancrées dans nos cultures ?

Face à cette situation archétypale du hiatus qui existe – souvent – entre comportement et attitude, changer de braquet est peut-être la solution.

On entend de plus en plus souvent – notamment dans les universités – qu’à laisser les gens décider de leur genre, on pourrait totalement dépasser le vieux clivage hommes/femmes (cf. cette université australienne ayant laissé ses étudiants se définir pour parvenir à un résultats de 57 genres différents).

Et si le genre était un débat aussi caduque que la gauche et la droite?

Le dernier prosumer consacré à l’argent est super, comme d’habitude

Les études Prosumer sont rares, donc les études Prosumer sont précieuses.

La dernière édition consacrée à l’argent est bourrée d’insights (à tel point qu’on finit par se demander pourquoi ces études sont rendues publiques).

Morceaux choisis :

Le shift extraordinaire entre la confiance dans l’avenir des pays développés vs. les pays émergents. L’énergie de l’avenir est ailleurs.

purchase power prosumer

L’étonnant succès des valeurs frugales, autre signal du ré-équilibre entre les idées d’occident et d’orient. frugality prosumer

Le titre de celle ci dit tout (même si la slide suivante précise que les gens concèdent à partager des données contre des contenus gratuits).

private data prosumer

L’économie du partage nous a transformé en commerçants (de la même manière que les réseaux sociaux nous ont transformé en marques).

sharing economy prosumer

Bref, n’hésitez pas à parcourir cet excellent document.

La quête de bonheur individuel conduit-elle à un repli individuel?

Cette édition du rapport Prosumer consacrée au sentiment national est la plus flippante jamais vu.

Je n’ai personnellement jamais été un fan du besoin de bonheur que je trouve égoïste. Ici, on le voit associé étroitement un sentiment de repli individuel et national.

Corrélation ne veut pas dire causation évidemment, mais ça donne de la matière pour essayer de trouver des voies promptes à faire société.

Pour changer le monde, nous faisons davantage confiance aux bloggueuses mode qu’aux gouvernements

Chaque nouvelle édition de l’étude Prosumer Havas Worldwide est l’occasion de nouvelles découvertes réjouissantes.

Cette fournée de début d’année consacrée aux superbrands liste les 10 atouts qui font les marques fortes.

Le chapitre #5 consacré au rôle du héros dans la société est étonnant.

Même si le pourcentage de personnes fondant un grand espoir dans les réseaux sociaux a baissé …

hero wanted prosumer 2012

… on observe toujours une prédominance de l’espoir dans le quidam connecté face aux entreprises et aux gouvernements pour faire bouger le monde.
hero wanted prosumer

Qu’en déduire? Pas grand-chose si ce n’est que l’impact symbolique des « révolutions horizontales » (printemps arabe, podemos, syriza, occupied) s’érode mais reste puissant dans l’esprit des gens.

Aux apps citoyens. Formez vos bataillons.

Les moins de 30 ans ont-ils un sens commun du NOUS?

hashtag nation prosumer

Cultivating the ‘age of we’ : cette belle tribune de Jim Carroll – un des VP de BBH – évoque la question perpétuellement en mouvement de notre identités individuelle et collective.

Sa manière de restituer la génération X comme une étape intellectuelle transitoire entre le monde d’avant les années 60 et celui d’aujourd’hui est éclairante. Alors que nos grands-parents étaient définis par leur classe sociale ou leur religion (grosso modo), nos parents se sont défaits de ces chaines traditionnelles pour les recréer à travers des groupes non plus traditionnels mais affinitaires : musique, activités politiques, mode, sports…

De nos jours, le principe même de regroupement semble battu en brèche par les enfants des Xers. On appartient à une bande un jour, une autre le soir-même. Aucun jeune de moins de 25 ans ne semble décidé à consacrer le sens qu’il veut donner à sa vie à un unique mouvement.

Les punks étaient finalement plus proches d’un groupe de scouts que d’une bande de twittos.

Cela ne signifie pas que la génération Y ne partage pas un caractère et des aspirations en commun (cf. slides 11, 12 de l’étude Hashtag Nation infra) : cela signifie plutôt que cette convergence de point de vue se justifie pas selon de se mobiliser, de faire groupe.

La question que cela pose : une marque peut-elle parler à un groupe de jeunes en les adressant en leur qualité de groupe ou séparément pour flatter leur désir d’empowerment? Peut-on invoquer le sens commun pour parler au jeune de 2015 ?

Les moins de 30 ans ont-ils un NOUS?