Un micropoint sur le langage vernaculaire

Une note PSFK inspire ce post. Un chercheur travaille actuellement pour Lego afin de comprendre et analyser la manière dont les enfants nomment les briques multicolores. Il apparait en effet que dans chaque foyer propriétaire de Lego, les joueurs inventent un argot facilitant l’appellation de chaque brique, notamment lorsque les constructions sont collectives.

Cette pratique est une des nombreuses illustrations des jargons propres aux communautés : métiers, classes sociales, musiciens, etc. En linguistique, on les appelle des langages vernaculaires. A l’origine, cet adjectif qualifie les caractéristiques propres à un pays ou un groupe de personnes. In extenso, il recouvre également les dérivations de langage utilisées par des catégories de personnes.

Dans le fond, le langage vernaculaire observe un avantage majeur : il joue le rôle de ciment communautaire. Il permet d’identifier ses utilisateurs : untel est charpentier, untel est breton, untel est emo, untel est un nerd…

La capacité des briques Lego a créé du langage vernaculaire est évidemment intéressante, il y a peu de marques qui génèrent un tel effort intellectuel. Certaines parviennent bien à intégrer des gimmicks langagiers dans la vie de tous les jours (“la vie est une question de priorité, “what else?”, etc.) mais peu induisent la création non imposée d’un jargon vernaculaire, clef d’entrée cruciale à la dimension communautaire d’une marque.

Pour la blague, on peut évoquer le klingon, la langue de Star Trek, dont il existe quelques locuteurs fans (quelques uns ont même essayé de l’inculquer naturellement à leurs enfants ou en faire des pubs…).

Pour terminer, il est difficile de passer à côté du langage vernaculaire geek (cf. image d’en-tête), mix d’anglais et de SMS mélangé à la sauce gaming. En voici une sélection de choix :

Verra-t-on des marques tenter de créer des langages vernaculaires? Des tentatives ont sans doute été lancées mais jusqu’à preuve du contraire, elles ont du être marginales…

Source : PSFK

Le cas Lauren Luke : quand vos potes se mettent à vous vendre des trucs

Vous n’êtes sans doute pas passé à côté du cas d’école 2.0 lancé il y a quelques semaines par l’agence Anomaly en Grande-Bretagne : Lauren Luke. Où comment une jeune femme lambda s’amusant à bricoler des produits cosmétiques à la maison vendus sur eBay a été propulsé au rang d’icône 2.0 du néo-marketing et de l’économie de la recommandation.

Doué pour élaborer des produits cosmeto, Lauren a identifié un des points de rentabilité clef en matière de beauté : le conseil. Elle s’est ainsi amusée à publier sur Youtube des petites vidéos tutoriels où elle explique comment utiliser ses poudres et eye-liners. Le succès ne s’est pas fait attendre, Lauren compte aujourd’hui plusieurs millions de fans sur sa page officielle (elle est la web-personnalité la plus suivie d’Angleterre).

Forte d’une base de clients potentiels énorme, Lauren a été contactée par des industriels pour fabriquer à grande échelle ses produits. L’agence nouvelle génération Anomaly et un gros bonnet de la cosmétique se sont associés pour convertir Lauren en une entreprise rentable.

Compte tenu du succès d’une précédente société montée par Anomaly – I/denti/tee, spécialiste des t-shirts à message – on peut imaginer que Lauren Luke va rapidement alimenter la liste des mythologies magiques du web.

Les projets de ce type sont encore marginaux mais tendent à se développer. L’agence Crispin Porter & Bogusky est célèbre pour avoir lancé ses propres produits suite à un constat très simple. A force de bosser sur des concepts et identifier des insights et besoins qu’ils ne parviennent pas à vendre à leurs clients, les agences possèdent des informations précieuses qui peuvent être converties en business juteux (cf. bloc Innovation sur le site de CP+B).

Pour aller faire un petit coucou à Lauren, c’est par ici.

Un exemple de vidéo conseil :

Source : PSFK , Adweek

Les bons radins font les bons conseils

La marque de grande distribution britannique Sainsbury’s vient de trouver la parade pour alléger sa facture d’électricité. Des plaques cinétiques seront installées à l’entrée de ses stations services.

Une plaque cinétique?? Qu’est ce que c’est? Une sorte de dos d’âne en moins bossu, qui engrange de l’énergie lorsqu’une auto passe dessus. La pression exercée par le poids de la voiture produit de l’énergie qui est stockée puis réinjectée dans le circuit électrique du bâtiment. Malin.

Ce qui est vertigineux, c’est imaginer le milliard de débouchés pour cette invention. C’est EDF qui va bouder s’il ne commercialise pas les paillassons ou les planchers cinétiques qui permettent aux habitants de se fournir en électricité uniquement en marchant ou en se frottant les pieds…

Et un trackpad? Finis les problèmes de batterie dans les transports, les cliqueurs fous rechargeraient leur appareil en jouant ou surfant…

Source : PSFK

L’hôtel où même la carte est à la carte

La crise a bon dos et continue à produire son florilège d’innovations loufoques. La dernière en date nous vient de Californie ou un hôtelier prêt à tout ne lésine pas sur les moyens pour recruter de nouveaux clients.

Son offre s’articule autour d’un Survivor Package. En quelques mots, cette promo consiste à dégraisser la facture du consommateur en lui proposant en opt-out – désélectionner – tous les services habituellement vendus avec une chambre d’hôtel.

Illustration: la chambre pour deux de l’auberge Bernardo coûte habituellement 215$.

Sans le petit déjeuner, je soustrais 20$ à l’addition – jusqu’ici rien de scandaleux – auquel je peux également enlever les 20$ du cocktail de bienvenue. Nous en sommes alors à une note de 179$.

L’hémorragie ne s’arrête pas là : sans courant, 20 doll en moins, sans oreiller, 20 doll en moins, sans draps, 30 doll en moins… Ce n’est pas fini : pas d’ampoule, 30 doll en moins, pas de serviettes, 30 doll en moins, pas de papier toilette, 20 doll en moins. La chambre est maintenant facturée 39 dollars… Ca devient franchement bon marché.

Le clou de la radinerie : on vous enlève le lit, ce qui vous fera réaliser une économie de 20 doll supplémentaires. Vous êtes désormais logé pour 19 dollars – plus fees – dans ce joli endroit.

J’espère que votre sac de couchage est de bonne qualité. En tout cas à ce prix là, les étoiles brilleront spécialement pour vous.

Vive la crise !

Alors? Tenté par le Rancho Bernardo Inn?

Via : PSFK