10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #109

1. The Perception Gap : 76% des marketeurs ont l’impression de connaitre leurs clients, 34% seulement leur ont posé la question. Merci Olivier

2. Tout de suite derrière les techniciens de labo, les publicitaires seraient les plus gros buveurs de café.

3. La technique FORD, au secours de la conversation poussive : Family, Occupation, Recreation, Dreams.

4. S’il y a souvent des miroirs devant les ascenseurs, c’est pour nous faire tolérer l’attente. De même, Disney surestime dans ses parcs la durée des files d’attente pour que l’effet créé par la bonne surprise de la queue moins longue que prévue efface la durée totale de l’attente (cf. cette note sur Daniel Kahneman).

5. Les lundis n’ont rien d’horrible. Le lundi compliqué est une invention publicitaire.

6. Depuis 1944, le diamantaire De Beers n’a pas le droit de vendre aux USA pour des raisons de lois antitrust.

7. Le Senhzaï ou la philosophie de la copie façon chinoise : une deuxième révolution culturelle est en cours. Merci Jonathan

8. La théorie du greater fool stipule la relativité de la rationalité des investissements économiques (cf. théorie du concours de beauté de Keynes ou satisficing).

9. Oscar Wilde a dirigé un magazine de mode.

10.

Quand la pub renoue avec ses premières amours : le bumvertising

La mythologie moderne de la communication partage une histoire commune avec la misère du monde (toute allusion à Bourdieu est exclue dans cette note). Au-delà des habituels poncifs marxisant sur le rôle aliénant de la consommation, une anecdote marquante a jalonné les débuts de la com moderne.

Dans les années 50 ou 60, un célèbre publicitaire dont j’ai oublié le nom (peut-être Ogilvy, on va pouvoir tester l’efficacité de l’intelligence collective 2.0) a bâti sa renommée grâce à un SDF. Marchant sur le pont de Brooklyn, l’adman croise un homeless brandissant une pancarte “j’ai faim et je suis aveugle, aidez-moi”. Le publicitaire s’arrête, réfléchit puis propose au démuni de l’aider et lui promet de gagner plus d’argent en une journée qu’il n’en récolte habituellement en une semaine.

Il saisit son morceau de carton, sort de son stylo de sa poche puis griffonne quelques mots au dos du support de fortune. Le publiciste repart, le sourire aux lèvres. Le SDF dispose alors d’une pancarte disant “c’est le premier jour du printemps et je ne peux pas le voir”. La fin de l’histoire, of course, raconte que le pauvre ère fut l’objet de toutes les générosités du monde.

Le bumvertising est une forme d’emploi précaire qui a débuté officiellement en 2005 aux Etats-Unis. Il est vrai que les agences de pub se font régulièrement plaisir – créativement parlant – avec des campagnes non-profit pour le compte d’organismes luttant contre la misère. Un jeune entrepreneur a décidé de pousser le bouchon un peu plus loin et emploie les SDF en leur faisant porter des publicités, façon homme-sandwich (plus d’infos ici). Les salariés sont rémunérés par de la nourriture et un logement.

On en pense ce qu’on veut, il faut bien avouer que ce n’est pas vraiment politiquement correct… Je ne connais pas de marques qui oseraient ce genre de procédés en France, mis à part quelques associations caritatives à la recherche d’un effet choc. Le pire dans l’histoire, c’est que les pubs font la promotion de jeux d’argent… Si à la rigueur les annonces avaient un lien avec la situation des SDF…