10 things I didn’t know last week #170

1. How slow-motion tricks us (souvenir).

2. Nine facts marketers should know about the psychology of shoppers.

3. French departments were designed with frontiers to be reached out of a one-day horse ride.

4. The amazing story of Ricard during French occupation :

En 1940, la société Ricard est frappée d’interdiction de fabriquer “son” pastis. Contraint de fermer les portes de son usine, Paul Ricard ne baisse pas les bras, mais rapatrie son personnel masculin à Méjanes, pour le soustraire au Service du Travail Obligatoire, en Allemagne. Sur les 1200 hectares de la propriété laissés à l’abandon, il se reconvertit dans l’agriculture. Puis il entreprend d’importants travaux d’irrigation. Dès la Libération, il lance la culture du riz camarguais à grande échelle.

5. Cute agressions.

6. Shaggy was a stoner.

ShaggyRogers

7.  Dilution and relution. Merci Olivier

8. 41 Things You Need To Know Right Now, For No Reason In Particular.

9. First US self-millionaire women was afro american.

10. On failures:

Qui est Bullmore? Un type bien, pour sûr. De la prise de recul sur les “nouveaux médias”

Capture

S’il est difficile de retrouver trace de ce Bullmore figurant sur une vieille slide Naked de 2005, ses mots n’ont rien perdu de leur intérêt.

D’abord parce qu’ils battent en brèche la vision d’internet ayant fait entrer la communication dans l’ère de l’usage (consécutivement à la découverte du bottom-up conversationnel au détriment du top-down de masse). Peu importe la période à laquelle cette phrase a été énoncée, elle est au moins aussi vieille que le web.

Ensuite parce qu’on imagine avec gourmandise se remémorer dans quelques années la manière de penser la pub sur internet de la même manière que certains pensaient la pub TV il y a 40 ans, ie. un RDV, une invitation des marques dans le salon des gens. N’est-il pas vrai que le gens choisissent la chaîne qu’ils regardent depuis plusieurs dizaines d’années? La communication choisie n’est pas née de la dernière pluie.

Finalement parce que cette citation rappelle qu’il existe au moins deux grandes manières de cibler : par audience ou par centre d’intérêt. Ce ne sont pas les seules, dieu merci. Ca méritait d’être rappelé :

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #140

1. Quelques innovations étonnantes mais pas si bêtes : des plats Colgate, l’ancêtre du lecteur de QR Code, des cigarettes sans fumée, des livres “de lit”…

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2. Le premier bouquin de Guy Debord était recouvert de papier de verre en vue de détruire les livres placés à côté de lui. Une idée reprise un demi-siècle plus tard par l’agence de pub CP+B, racontée comme l’ambition que les gens laissent “quelque chose d’eux” sur la pensée de l’agence.

3. Le solresol, une langue universelle à base de notes de musique, inventée à Albi il y a 2 siècles.

4. Symbole peace and loveNuclear Disarmament en alphabet sémaphore.

5. Les nazis ont inventé les poupées gonflables.

6. Les premiers épisodes de South park circulaient de manière informelle, notamment sur le CD d’un jeu de golf : Tiger Woods ’99.

7. Les Spéculoos datent de la Rome Antique.

8. Le chindogu :

9. Freddie Mercury a arrêté d’enregistrer avec Michael Jackson parce que ce dernier amenait tout le temps son lama en studio. Merci Benjamin

10. Le jeu de la vie.

Le reverse skeuomorphisme indique l’état de maturité de la digitalisation du monde

A rebours de la métaphore employée pour faire la pédagogie du web aux grandes masses, on ne répétera jamais assez qu’il n’y a pas de différence entre le réel et virtuel. Le digital est un calque, une noosphère* non organique (à des degrés de pénétration malheureusement encore trop épars).

Aussi, on voit depuis mois apparaitre de objets analogiques mais nés digitaux (au sens technologique du terme).

Dans le sens inverse, il s’agit de skeuomorphisme (comment un objet digital adopte le look d’un objet analogique pour favoriser l’affordance).

L’interpénétration digitale/analogique constituent une preuve intéressante de la thèse énoncée plus haut. Les objets, les idées, les inspirations circulent.

Il est amusant de constater que l’effet de diligence semble passé, l’ancien se joue du nouveau sans complexe… Un peu à la manière des autos qui revisitent un design rétro.

En espérant que les marques sauront observer ce qui se passe et en tirer le meilleur.

*Pour le fun, un petit deck sur la noosphère :

Quitter Né Kid : merci à tous et à bientôt !

Après 4 années fabuleuses passées chez Né Kid (devenu Red Guy en janvier 2012), l’opportunité d’aller de frotter au monde des agences médias s’est présentée. J’ai rejoint la fine équipe du planning chez MediaCom le 15 juillet, agence du groupe WPP en charge du groupe VW, Nikon, Allianz, EA, Dell, Bose ou autre GSK, en France (nous aurons l’occasion d’en reparler).

A l’occasion de mon départ et en réponse à un superbe cadeau qui m’a été fait (cf. ma veille en bas de cet article), à mon tour de rendre hommage à un des plus beaux projets auquel il m’a été donné de participer.

Commencer sa carrière par 4 années chez Né Kid fut un privilège inestimable : une stimulation intellectuelle totale, des collègues brillantissimes, une entreprise à la mission claire et inspirante, des clients curieux et pionniers. On ne peut rêver mieux pour entrer un monde du travail dont l’image cruelle et cynique fomente quotidiennement la vindicte de la génération précaire. On ne peut rêver mieux pour commencer sa vie professionnelle en prenant espoir, plutôt qu’en le perdant.

Une de nos dernières missions – sous l’étendard Red Guy – consistait à positionner l’association HEC. L’insight fondateur de cette mission ne s’applique pas qu’aux HEC mais à tous les étudiants : le diplôme est un point de départ, pas une arrivée. Il n’est guère étonnant que cette idée ait émergé entre nos murs. C’est précisément la manière dont Né Kid considérait les métiers de la communication : un tremplin depuis lequel les choses ne sont jamais pleinement acquises, où la remise en question est fondatrice, où la curiosité n’a pas de limite.

Ce n’est pas un hasard si Naked a propulsé quelque uns des personnalités les plus en vues du marketing : Noah, Faris, MT, Alexandra et bien d’autres…

12 ans après la création de Naked en Angleterre, jamais le marché n’a autant eu besoin de vision. Les agences se taillent des croupières dans tous les sens, les frontières sont de plus en plus floues, les nouveaux entrants affluent, les groupes consolident. Il va y avoir du sang.

Au milieu de cette lutte à la Kramer contre Kramer, les gens, indifférents, font leur vie, et c’est très bien. 15 ans de marketing conversationnel n’y ont rien changé. Leur défiance pour les marques ne cessent de gagner du terrain. On ne peut que leur donner raison. Leur mépris est :

  • Légitime pour le demi-million de raisons que l’on connait : relations intéressées des marques, SAV honteux, petites arnaques en tout genre, tyrannies variées…
  • Salutaire pour les gens (les marques n’ont pas à nous dire comment être heureux) comme pour le marché : il n’est jamais trop tard pour se réinventer.

S’il est une chose que je garderai de Né Kid, c’est le consumer centrism. Les gens n’ont pas à s’adapter aux marques. Les marques doivent s’adapter aux gens.

Cet adage très orwellien n’a rien d’une vérité générale, c’était une vision du monde défendue chez Né Kid. Elle me restera ancrée aux tripes, je ne vois pas mon métier autrement.

Eric, Grégory, Nicolas, Xavier, Emilie, Olivier, Alexandra, Chloé, Alexandre, Delphine, Karine, Camille, Laurène, Anne et Charlie : un immense merci et beaucoup de love.