Les régies sont-elles les garantes non assumées de la démocratie?

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Quiconque travaille dans les médias connait le modus operandi des stratégies des moyens.

Le gap entre ce qu’il faudrait faire et ce que les conditions générales de vente imposent est abyssal : impossibilité d’acheter à l’écran en TNT ou en catch-up, de faire la bonne presse sans se faire racketter pour financer cette petite-revue-de-niche-sur-les-porcelaines-victoriennes, de passer en prime sans bombarder en day.

Consécutivement à la consolidation du secteur des médias des 20 dernières années, la règle numéro 1 des régies est : les riches financent les pauvres (un principe bien connu des industries risquées comme le cinéma ou le web). C’est tout l’intérêt des conglomérats sur des marchés cycliques. On gratte les marges mais pas le chiffre d’affaires.

Ce phénomène est aussi propre au mode de financement des médias en France. L’obtention des subventions est condition du maintien de la pluralité des titres. Si les riches paient pour les pauvres, c’est que l’ensemble de l’écosystème est gage de représentativité des points de vue.

Dans cette perspective, les CGV des régies sont moins une absurdité qu’une prérogative au soutien de la démocratie par les médias.

Cette vision est caricaturalement laudative mais si cela peut faire passer la pilule, pourquoi pas.

Qui rêve d’un pays où seule la loi de l’audience permettrait aux médias de survivre? L’intérêt de nos métiers passe par la pluralité et la complexité. Autant en tirer le meilleur possible non?

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #5

1. Olé! L’interjection préférée des Espagnols et autres adeptes des stades a été importée en Espagne par les Maures, au 8e siècle. Il s’agit tout simplement d’une déformation de “Allah”, proféré par certains musulmans lors de séances de transes mystiques. Les siècles passant, Allah est devenu Olé. Merci Elizabeth :

2. Publicis possède la moitié des régies publicitaires du Monde et de Libération. Maurice everywhere. Merci Eric.

3. En anglais, une guimbarde est appelée Jew’s harp. Un des plus vieil instrument de l’histoire n’aurait pourtant aucun lien avec la religion judaïque… La guimbarde serait née en Asie. Deux théories étymologiques possibles :

  • Jew dérive de Jaw, la mâchoire, ce qui semble probable.
  • Jew dérive de Juice, compte tenu de la quantité de salive produite par l’exercice de l’instrument. Why not…

Malheureusement, comme dirait Wikipédia, “both of these explanations lack historical backing

Merci Julien.

4. Dans le cadre d’une politique de récupération des produits électroniques, la société britannique Lovehoney propose à ses client(e)s de recycler leur vibromasseur.

5. La forme d’un cadre de vélo hollandais ne dépend pas du sexe de son propriétaire mais de son usage. Les cadres “bas” ou “col de cygne” sont destinés à la ville alors que les cadres hauts voire à double barres sont destinés à la route. Merci Chloé.

Cadre bas

Cadre haut

6. La première chanson de l’album Revolver des Beatles, Taxman, dénonce le niveau d’imposition dément auquel était assujettis les scarabées de Liverpool : 95% !
Par la suite, Gainsbourg les imita en brûlant un billet de banque (un “Pascal”) pendant un sujet de 7/7 afin de se moquer des artistes évadés en Suisse. Lui habitait Paris et lâchait 75% de ses profits au fisc. Merci Eric.

7. Aux Etats-Unis, les constructeurs automobiles dépensent en moyenne 3800$ par véhicule pour en faire la promotion. Merci Alexandra!

8. Chez Coca-Cola, il existe un poste dont l’intitulé estConsumer Passion Manager. C’est beau. Encore merci Alex !

9. La femme et le fils de Jean Vuarnet, célèbre champion de ski ayant donné son nom à une marque de lunettes de soleil, ont péri dans le massacre du Temple Solaire en 1995… Quand on dit que les vocations peuvent-être fatales…

10. Lorsque John Cadbury s’est lancé dans le commerce du lait chocolaté, il souhaitait détourner les prolétaires de l’alcool… Une addiction en chasse une autre.

Quelques vieilles idées de médias

A force de parler, d’entendre, de lire et de regarder des idées innovantes de dispositifs publicitaires, on finit par oublier que nos aïeux s’arrachaient aussi les cheveux pour inventer de nouvelles techniques publicitaires.

L’épreuve du temps ne leur a pas toujours donné raison mais un petit voyage dans le passé permet de faire quelques trouvailles surprenantes.

1. Des briques publicitaires : initiées par les architectes depuis la nuit des temps (pyramides, cathédrales, immeubles…), les signatures d’architectes et autres bâtisseurs signant les bâtiments ont inspirées ces briques. Si Vinci, Lafarge ou Bouygues ont besoin d’arrondir leurs fins de mois un de ces jours, qu’ils pensent à ouvrir une régie-brique.

2. Des cages à oiseaux brandées : à une époque où il était cool d’avoir un canari, quelques petits malins avaient pensé à brander les perchoirs… Twitter avant l’heure?

3. Un échiquier publicitaire : les idées les plus simples ne sont pas toujours pertinentes. Partant de l’observation que les joueurs d’échecs lorgnent longtemps et avec attention leurs positions, quelques ingénieux pubards y voyaient l’opportunité de commercialiser les 64 cases.

4. Des gobelets publicitaires : Cup Factory n’a pas inventé la poudre…

5. Des moleskines à marques : ou comment intégrer un message dans la vie de tous les jours des scribouillards.

6. Des savons magiques : entre la pub et les lessiviers, c’est un histoire d’amour séculaire. Avant les soap-operas, les ingénieurs avaient pensé à disposer une feuille au milieu des savons afin de faire apparaitre des annonces au fur et à mesure que le produit était utilisé.

7. Des chaussures imprimantes : gonflé et peu vraisemblables, ces chaussures peignant des slogans sur les trottoirs…

8. Un clean tag vintage : plus efficace que les chaussures steno, cette machine n’a rien à envier aux clean tags, fréquemment convoqués en street marketing.

9. Des miroirs publicitaires : faisant apparaitre des messages lorsque des personnes les regardaient.

10. Commercialiser les espaces des monuments : déjà imaginé pour la statue de la liberté à la fin du 19e, cette technique a fait des émules.

Source : HHCC , Adverlab