Nike Grid : la preuve qu’il y a des gens qui bossent en agence interactive

La campagne Nike Grid s’inscrit parfaitement dans son temps. En empruntant moult caractéristiques à des sites/programmes/pratiques à la mode sur la toile, elle propose un solide mash-up au service de la marque.

Pour mieux la comprendre, commençons par rappeler le contexte : Nike est une marque de sport qui cherche à développer la pratique sportive. Jusqu’ici, rien de fou.

Elle s’appuie sur un insight générique : plus les gens pratiquent et découvrent le(s) sport(s), plus les gens achètent. OK.

Largement acclamée grâce à Nike+ (Nike + Apple), Nike est également célèbre pour les courses à pied qu’elle organise chaque année un peu partout, notamment en France ou encore à Londres (cf. Run Fat boy Run, un product placement géant très sympa).

Nouveau projet : Nike Grid. Le principe est simple : une fois loggé sur le site, la marque invite les membres à parcourir à pied Londres en vue de conquérir des quartiers (cf. carte ci-dessous, au graphisme proche du jeu Seigneur de Guerre).

Pour ce faire, les joueurs doivent passer des coups de fil depuis des cabines téléphoniques brandés aux couleurs de l’opération. Un numéro unique à composer et vous voici propriétaire d’un badge du quartier.

But du jeu : courir plus pour remporter plus de badges.

En 2 mots, Nike Grid est un remix de :

  • Nike + : pour l’invitation à la course,
  • Les réseaux sociaux pour le partage et l’esprit compétitif engageant les gens à comparer leur score,
  • La représentation visuelle du jeu de plateau + son aspect social (le Scrabble tout seul, c’est moyen), cf. Hasbro et Monopoly en ligne,
  • Four Square pour le système de badges et de géolocalisation,
  • L’attachement local et l’enjeu d’identification à travers son quartier.

Le plus intéressant dans tout ça, c’est bien sûr l’application très concrète des interactions réelles/virtuelles rendues possible par le web actuel, dépassant largement le stade de 6e média.

Le succès de Nike Chalkbot (tweet virtuels taggés sur la route réelle du Tour de France l’été dernier) et Nike Grid nous montrent que demain, on trouvera du web partout (ordi, mobile, objets, etc.).

Avec un peu d’imagination, on pressent très bien le type d’aubaine potentielle qui se présentent aux marques.

Voici le teaser du clip musical créé pour l’occasion :

Pourquoi Ségolène n’aurait pas pu être conseillée par un publicitaire

 

Lol, ah ah ah, mdr. Depuis le lancement de Désirs d’avenir par la candidate malheureuse en 2007, la toile s’esclaffe littéralement de la désuétude de son nouveau site web.
Attendez un instant. Est-ce vraiment un problème ? Peut-on juger Ségo à l’aune de son mauvais goût en design graphique ? il faut tout de même bien reconnaitre que sa capacité à créer du buzz laisse rêveur. Royale risée du web ? Non non, coqueluche du web.
Beaucoup de marques rêveraient de créer un tel bruit. Très peu de pubards y parviennent.
Petite leçon de buzz marketing :
Premièrement, personne ne peut nier ou faire l’impasse sur les prophéties annonçant la prise de pouvoir du consommateur. Les mass médias étaient le royaume des marques, elles contrôlaient leurs messages. Les médias digitaux signent la revanche des utilisateurs qui peuvent désormais s’emparer des marques (commentaires, comparaisons, recommandation, etc.)
L’excellent planneur digital Faris Yacob le défend mieux que quiconque : nous sommes entrés dans l’ère du remix. Les gens échangent, partages, mash-up, crée à partir d’existant… il suffit de compter les occurrences « postmoderne » ou « vintage » dans de nombreux magazines pour se convaincre de la bipolarité – un côté vers le passé, l’autre vers le futur – des consommateurs.
Résultat : les marques doivent accepter d’être malaxée, mélangée, mémétisée pour passer à la postérité. Qui semble l’avoir compris avant les autres ? Ségolène of course. Entre les milliers de parodies ou les générateurs ayant fleuri quasi instantanément, c’est du beau boulot. Très peu de marques non-geeks peuvent se targuer d’être aussi parodiées et remixées.
Le design de Désirs d’avenir est vintage ? Et alors ? Le label Kitsuné a fait le pari du web vintage et low tech depuis son lancement il y a quelques années, cela ne le pénalise pas, loin de là. Il y a d’ailleurs des tas d’études qui montrent que le succès des sites comme Google, Digg, Delicious ou Flickr dépendent étroitement de leur design moche, simple et immuable. Preuve supplémentaire ? Google vient de breveter le dessin de sa page d’accueil. Cerise sur le gâteau : le fond d’écran du site est open-source. Qui peut affirmer que cela n’est pas une conception juridique d’avenir ?
On a beau dire ce qu’on veut, mais le lancement du nouveau site de Ségolène est un succès énorme. Il a attiré plus de visites en quelques jours que bon nombre de sites de politiciens. Pas besoin de lever au ciel à propos du non-référencement des zones de textes en jpeg, le buzz a fait son travail. Reste à définir si cette stratégie paiera, on ne choisit pas un candidat présidentiel – ou lors de primaires dans un premier temps – comme un yaourt.

Lol, ah ah ah, mdr. Depuis le lancement de la nouvelle version de Désirs d’avenir par la queen des Charentes, la toile s’esclaffe.

Attendez un instant. Est-ce vraiment un problème ? Peut-on juger Ségo à l’aune de son mauvais design graphique ? Il faut tout de même reconnaitre que sa capacité à créer du buzz laisse rêveur. Royale risée du web ? Une coqueluche du web, vus voulez dire (et non pas rire) !

Beaucoup de marques rêveraient de créer un tel bruit. Très peu y parviennent. Petite leçon de buzz marketing à la sauce poitevine à l’adresse des marketeurs en herbe ou confirmés :

Premièrement, personne ne peut nier la prise de pouvoir du gens. Les mass médias étaient le royaume des marques, elles contrôlaient les messages émis. L’avènement des médias digitaux signe la revanche des utilisateurs qui peuvent désormais infléchir les discours des marques (commentaires, comparaisons, recommandation, etc.) :

L’excellent planneur Faris Yacob – Chief Technology Strategist chez McCann – défend cette nouvelle défintion de l’advocacy mieux que quiconque : nous sommes entrés dans l’ère du remix. Les gens échangent, partages, mash-up, crée à partir d’existant… Tout cela au bénéfice des marques avec qui les utilisateurs sont en interaction. Explications :

Résultat : les marques doivent accepter d’être malaxées, mélangées, mémétisées pour passer à la postérité (repensez au rick rolling ou aux millions de trips vidéos avec des figurines Lego). Qui l’a compris avant les autres ? Ségolène. Entre les milliers de parodies ou les générateurs de pages ayant fleuri quasi instantanément, c’est du beau boulot. Très peu de marques non-geeks peuvent se targuer d’être aussi remixées ou parodiées (depuis quand la parodie fait systématiquement du mal à une marque?). Reconnaissance absolue : Ségo est félicitée par une parodie très 4chan-esque du film La chute :

+ bonus :

Le design de Désirs d’avenir est vintage ? Et alors ? Le label Kitsuné a fait le pari du web vintage et low tech depuis son lancement il y a quelques années, cela ne le pénalise pas, loin de là. Il y a d’ailleurs des tas d’études qui montrent que le succès des sites comme Google, Digg, Delicious ou Flickr dépendent étroitement de leur design moche, simple et immuable. Preuve supplémentaire ? Google vient de breveter le dessin de sa page d’accueil. Cerise sur le gâteau : le fond d’écran du site est open-source. Qui peut affirmer que cela n’est pas une conception juridique d’avenir ?

[MàJ] La nouvelle version du site de Ségolène ajoute une brique à sa stratégie 2.0 : suite à un message posté (checker le post de Zeina Bourdais) il y a deux jours sur la page Fan de Facebook (marketing communautaire !), Ségolène intègre le crowdsourcing à sa stratégie. Une graphiste lui propose sur sa page de lui refaire un site, 2 jours plus tard, mission accomplie. Ahh, elle est fortiche !

On a beau dire ce qu’on veut, mais le lancement du nouveau site de Ségolène est un succès énorme. Il a attiré plus de visites en quelques jours que bon nombre de sites de politiciens. Pas besoin de lever les yeux au ciel à propos du non-référencement des zones de textes en jpeg, le buzz a fait son travail et le site caracole en tête du page rank.

Reste à définir si cette stratégie paiera, on ne choisit pas un candidat présidentiel – ou lors de primaires dans un premier temps – comme un yaourt.

Désirs d’avenir demeure dans tous les cas un cas d’école en matière de marketing en ligne. Le site ne semble plus répondre actuellement, serait-il sur le point de sortir de sa phase bêta en vue de nous surprendre à nouveau ?

[MàJ2] Trendhunter semble d’accord avec Ségo… Checkez la prévision #4 (merci Mathilde pour la vidéo)

Clash des générations : la mémoire du geste du walkman

Une expérience intéressante a été menée en Angleterre en vue d’illustrer les comportements inhérents aux objets qui nous entourent. Consécutivement aux 30 ans du walkman, un journaliste anglais s’est amusé à confier pendant quelques jours un walkman à un adolescent habitué du iPod.

Les réactions générées par l’expérience ne manquent pas de piquant.

Pour commencer, le jeune a du mal à comprendre le système des 2 faces de la cassette. Ensuite, il exprime ses doutes quant à la qualité sonore des enregistrements magnétiques. Pour terminer, il s’étonne de la laideur de l’objet et des réactions produite par les passants dans la rue, ce qui donne un nouveau coup de marteau sur la caractéristique « accessoire de mode » du baladeur Apple.

Chaque objet produit ses propres utilisations, c’est une aspiration quasi universelle du design. De fait, le teenager réinvente la fonction shuffle en avançant ou rembobinant arbitrairement la cassette.

Cette interaction etait relativement prévisible, pourquoi?

La dématérialisation de la musique a induit un biais d’utilisation énorme dans la consommation et l’écoute de musique. L’album a quasiment disparu au profit d’une écoute « au morceau ». La musique ne s’apprécie plus comme un tout mais comme une somme de partis (donnant par là même du fil à retorde aux tenant de la holistique), ce qui réduit considérablement – dans certains cas uniquement – la portée de l’oeuvre.

Redécouvrira-t-on un jour des albums construits au sens opéra-rock du terme ? La génération zapping renoue-t-elle plus prosaïquement avec le sens premier de l’album qui était une compilation disparate d’inspirations et de ressentis?

Les remixs électro de plusieurs dizaines de minutes formatés en un unique mp3 en sont peut-être la réincarnation…

Source : PSFK

Age du remix: ils y vont fort chez SFR

Notre ex-planeur vedette chez Naked (Faris Yacob) publiait il y a quelques années une théorie sur ce qu’il baptisa la culture du remix: rien ne se perd, tout se recycle. Rien de très rupturiste dans cette thèse sinon que l’accès universel à l’information offert par internet brouille la notion de plagiat. Nous sommes entrés dans un nouveau paradigme, constitué d’aspérités, où chacun a pignon sur écran de son voisin.

Un exemple amusant spotté par mon camarade Alex. Les créatifs des campagnes SFR (je tairai le nom de leur agence) ont vraisemblablement beaucoup regardé de vidéos de skate dans leur jeunesse… Je vous laisse comparer les deux films.

Le film DVD :

Un des films SFR :

L’idée n’est pas de pointer du doigt des créatifs pris la main dans la pot de miel mais de saluer la faculté formidable du web et de l’intelligence collective à identifier ce genre de phénomènes, qui aurait été difficile à diffuser et faire connaitre  il y a encore quelques années.

Internet demeure un outil d’inspiration inépuisable, la multiplicité des sources d’influence devrait mécaniquement produire une quantité beaucoup plus grande de recombinations entre les éléments disponibles… Réponse dans quelques années.

Pour le fun, un des buzz qui cartonne sur le même thème :