Un rythme trop soutenu d »innovation abîme la confiance dans les marques

Au pays merveilleux des marchands de pelles, on n’interroge que trop rarement la mobilité de la terre.

trust edelman 2015 trust pace edelman 2015

Le dernier Trust Barometer d’Edelman pose pourtant une question cruciale, que même les plus égocentrés d’entre nous ont déjà personnellement ressenti : plus notre environnement change et plus la confiance peine à s’installer. Ce donneur de leçons de Bob Dylan aurait parlé de rolling stone.

La confiance est un don paresseux qui a besoin de temps.

Si on ne peut plus se fier à une information plus de quelques mois, la confiance se tarit.

Cette observation souffre à peu près toutes les comparaisons que la rhétorique peut compter, depuis un couple adultère à un enfant criant au loup en passant par les compétences des capital-risqueurs.

De quoi modérer les ardeurs de vos équipes digitales en brainstorming.

Oui la plupart des marques rêvent d’innovation et de modernité. Attention toutefois à ne pas fissurer leur capital confiance.

PS : cela n’empêche pas les entreprises technologiques d’être les champions de la confiance…

technology trust

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #127

1. Le monde se démondialise.

2. Les employés d’AKQA intègrent à leur signature email une version, façon logiciel : 1.1 / 1.2 / 1.3… Une autre manière de dire qu’une entreprise est en constante amélioration. (source Velocity)

3. Magnifique :

I read something in Rolling Stone magazine that always stuck with me: that the greatest marketing decision the Grateful Dead ever made was to allow people to record their concerts and share them, which helped to create a fanatically loyal community.

4.  La théorie de la fenêtre brisée désigne la propagation inéluctable d’un mouvement lorsqu’un premier phénomène est laissé de côté. Merci Olivier

5. OMD était juste fan d’aviation :

6. Les 11 jours de l’année durant lesquels les gens regardent le moins de porno sont :

  1. Christmas Day (December 25th)
  2. Thanksgiving (November 22nd)
  3. Easter (April 8th)
  4. Christmas Eve (December 24th)
  5. Independence Day (July 4th)
  6. New Year’s Day (January 1st)
  7. Hurricane Sandy (October 20th)
  8. Sunday of Memorial Day Weekend (May 27th)
  9. Saturday of Memorial Day Weekend (May 26th)
  10. Father’s Day (June 17th)
  11. Valentine’s Day (February 14th)

7. Le camembert serait une pâle copie du brie (merci Clodie) :

Aujourd’hui, le camembert est plus populaire que le brie. Mais, peut-être que le camembert ne serait pas né si le brie n’avait jamais existé. On dit en effet que le camembert est né en 1791, lorsqu’un prêtre réfractaire de la Brie livra le secret de fabrication du camembert à Marie-Christine Harel, une fermière normande : généalogie intéressante que celle du brie !

8. Les casinos se sont lancés en laissant les gens tricher.

9. Étymologiquement, le client est le serviteur. Merci Louis-Marie

10. Argument fatal (merci Olivier) :

Une bonne idée, c’est une idée qui est devenue bonne.  Norbert Alter.

Donne-moi ta liste et je te dirai qui tu es…

to do

Désolé pour le titre. Avez-vous remarqué à quel point l’internaute a la tendance de tout classer/lister/ranker ?

C’est très vraisemblablement une donnée qui existe depuis que le monde est monde – un paramètre sine qua non d’organisation – seulement du haut de mon petit âge et à l’aune des heures perdues sur la toile, force est de constater – la profusion de contenus aidant – que les listes pullulent.

C’est simple, il y en a pour tous les goûts. Vous désirez être tenu au courant à la seconde près de l’évolution de l’audience de votre page? Pas de soucis, une pléiade d’outils vous permette de sur-statistiquer toutes vos données (Alexa, Comscore, Google Analytics…), qu’il s’agisse de classer la popularité des blogs ou sites (Technorati, Wikio, Bloglines) vos pages vues, etc. Jusqu’ici rien de bien étonnant, le Web est au diapason du Saint Graal algorithme du PageRank Google de référencement.

Mais pour ce qui est des listes d’items à proprement parler, j’ai des doutes. Commençons ce micro panorama par la Bible du listing improbable, j’ai nommé Forbes. Plus grosse fortune, femme/homme les plus puissants classés par âge, sexe, origine géographique, appartenance religieuse, groupe sanguin et accointance politique : l’acmé de la vacuité.

La musique et le cinéma ne sont pas les parents pauvres de cette drôle de manie. Rétrospectives, hommages, monographies ou cartes blanches à motivent sans arrêt la constitution de listes : films ou albums préfères – voire haïs – héros chéris et admirés, souvenirs d’enfance… (Ellipse assumée sur les festivals de cinéma, de Cannes à Sundance en passant par les Gérards).

Rolling Stone – il reparaitra bientôt en France ! – établis également des listes : meilleurs disques de l’année / de la décennie / du siècle, meilleure percée, meilleure découverte, le tout recouper selon une infinité de modalités. Dernière trouvaille en date : le BBC SoundIndex, classement des 1 000 artistes les plus commentés sur les sites communautaires consacrés à la musique, donnant par la même du grain à moudre à tous les excités du buzz (je compte parmi eux les majors).

Nous sommes en droit de nous demander si les vieilles pratiques du marketing – le Top 50 en est la parfaite cristallisation – n’ont pas déteint sur nos petites vies en nous obligeant à systématiquement hiérarchiser nos goûts afin de garder – ou pas – dans le landerneau de nos goûts tels ou tels artistes/évènements/pratiques ou dieu-sait-quoi.

En bref, nul ne peut échapper à la puissance des listes, avatar subjectif des préférences de chacun classées, déclassées et reclassées. Une manière de rationnaliser notre petit univers, de se constituer des repères tangibles, de se comparer aux autres surtout.