Parlez-vous robot ? Comment l’automatisation va tuer 80% des agences de pub

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Ah certains égards, la créativité apparait comme le rempart ultime à l’automatisation des tâches. Un robot est incapable d’avoir une idée.

Pourtant en y regardant de plus près, le chiffre d’affaire de l’industrie de la publicité repose sur des tâches à faible valeur ajoutée : déclinaison, production, suivi de projet.

La journée type d’un salarié se décompose en 1/3 de reporting, 1/3 de réunion, 1/3 de production. 2/3 de son activité pourrait être organisée par un logiciel mêlant avec habileté trafic et reporting ; Slack pour ne citer que lui.

Aujourd’hui une partie croissante des publicitaires sont des chef-opérateurs : dans le CRM, dans les agences médias, dans le web-marketing.

Cette configuration va s’étendre à d’autres sujets : la génération de messages en achat programmatique ou CRM, la gestion de projet via un logiciel auto-apprenant, la publication de posts sur les réseaux sociaux, la définition d’une stratégie sur la base d’une machine à benchmarker une catégorie, l’élaboration d’une UX via des templates.

La publicité vit sa révolution industrielle.

Nous aurons toujours besoin de grandes idées reposants sur des vérités humaines profondes.

Le problème c’est que ce notre modèle économique n’est pas celui de l’idée mais celui de la production.

A la manière du secondaire, le tertiaire est en train de se scinder entre la conception et la production, les idées et la fabrication.

L’outsourcing en Ukraine n’est qu’une étape transitoire.

Préparez-vous à parler robot.

Percolate : auto-alimentation informative caféinée

Petit coup de promo sur le projet d’un ex-Nakedite : Noah Brier. Parti bosser chez Barbarian Group, le 59e mec le plus créatif du moment selon Fast Company (on se souvient de brand tag) est en train de lancer une plateforme de micro-blogging intéressante.

Percolate propose une interface bicéphale : à gauche, un espace de rédaction. A droite, une liste de contenus (RSS, Twitter feeds…) alimentant en temps réel d’idées rédactionnelles la case de gauche.

La solution ultime anti-syndrome de la page blanche, actuellement encore en stade de double secret alpha (tellement cool).

On admire au passage la référence nerd à la percolation, phénomène physique métaphorisant l’information online :

La percolation est un processus physique critique qui décrit pour un système, une transition d’un état vers un autre.

C’est un phénomène de seuil associé à la transmission d’une « information » par le biais d’un réseau de sites et de liens qui peuvent, selon leur état, relayer ou non l’information aux sites voisins.

Ce phénomène a été étudié pour la première fois en 1957 par Hammersley qui cherchait à comprendre comment les masques à gaz des soldats devenaient inefficaces. Le terme de percolation vient du phénomène similaire qu’est le passage non plus d’un gaz, mais de l’eau à travers le percolateur de la machine à café qui est un filtre au même titre que le masque à gaz. (Dans ce cas l’information est le fluide, eau ou gaz, et les sites sont les pores du filtre qui relayent l’information s’ils ne sont pas bouchés)

Pour mémo (et parce que c’est particulièrement intelligent), voici le type de présentation qui produisait Noah il y a quelques années :