La perfection au masculin

Vous n’êtes pas sans savoir que 2 des 3 égéries stars de Gillette sont dans la tourmente.

Thierry Henry d’une part, à la suite de sa main durant la rencontre France/Irlande. La marque s’est empressée de changer de visuel car on voyait le champion français tenir un ballon à la main… Impression de déjà vu.

Tiger Woods d’autre part, fait les choux gras de la presse people américaine à la suite de multiples révélations concernant sa vie privée. On lui prêterait au moins 10 liaisons extra-conjugales.

Gillette s’est bien entendue gardé de résilier leurs contrats publicitaires. Elle garde la tête haute à grands coups de communiqués de presse, les dents serrées…

La pub pour le cabinet de conseil Accenture dont Tiger est également le porte-étendard a quelque chose de prophétique… D’autant plus qu’Accenture est une société habituée aux scandales… Elle est née sur un cimetière indien : la dissolution d’Arthur Andersen suite au scandale Enron… La guigne quoi.

[MàJ] Dans la newsletter Stratégies d’aujourd’hui :

Les spots utilisant l’image de Tiger Woods ne sont plus programmés aux Etats-Unis depuis que le golfeur a défrayé la chronique il y a quelques semaines avec ses frasques conjugaux, relève l’agence de presse américaine Bloomberg. Selon l’institut d’études Nielsen, aucun film publicitaire avec Tiger Woods n’a été diffusé depuis le 29 novembre. Le golfeur, dont les revenus annuels sont estimés à 110 millions de dollars (75 millions d’euros), est en contrat avec Accenture, Nike, Gatorade (Pepsico), Tag Heuer, Electronic Arts et Gillette (Procter & Gamble).

Même pas mal…

On attend avec impatience la bourde de Roger Federer. Que nous réserve l’avenir? Une affaire de fraude fiscale ? De la complicité dans les secrets bancaires suisses? Un match truqué?

Wait and see…

Blogueurs poules mouillées

La newsletter Stratégies datée du 17 novembre 2009 signalait le silence inhabituel de la blogosphère spécialisée dans le traitement des opérations de buzz face à l’affaire Mailorama. Les « bloggeurs influents » useraient-ils du mutisme propre aux conflits d’intérêts entre annonceurs et médias ?

 

Dans l’immédiat, ce n’est pas tant le projet de distribution d’argent dans la rue qui est à honnir mais le silence des blogueurs. Jamais à cours de réactivité pour relayer n’importe quel « bruit » dans une course à l’audience aussi vaine que pauvre pour les utilisateurs, les bloggeurs influents n’ont jamais aussi mal porté leur nom.

 

Ils n’avaient pourtant pas lésiné sur la couverture de l’annonce de l’évènement il y a 3 semaines. Aujourd’hui, c’est le calme plat. Pas bêtes les guêpes. Inutile de se fâcher avec un partenaire business potentiel.

 

Dans un second temps, il semble important de revenir sur l’opération Mailorama : sans sombrer dans la critique facile d’un projet maladroit, Stéphane Boukris semble essentiellement victime de ce qu’il conviendrait d’appeler le « buzz pour le buzz », une mécanique motivée par des agences moins portées par la culture du résultat et l’articulation stratégique du message et des moyens que par leur propre publicité.

 

Cet échec fait lumière sur les limites d’une méthode de communication à la hype inversement proportionnelle à son efficacité. Voilà qui devrait remettre en question bon nombre de recommandations.

 

Il n’est jamais trop tard pour remettre à plat les stratégies marcomms des annonceurs. Une fois encore, il aura fallu attendre un scandale pour réagir. C’est déprimant.

C’était il y a 10 ans : David H inaugurait les débuts officiels la réputation en ligne

Réseaux sociaux obligent, tout le monde en parle, certains en ont même fait leur profession : la gestion de la réputation en ligne ou personnal branding.

Il y a 10 ans, David H est un paisible étudiant sur le campus de HEC. A la pointe, ces futurs jeunes cadres dynamiques expérimentent non sans malice les joies du e-mail (l’académie n’a tjrs pas résolu le problème). C’est à la suite d’une altercation bénigne mais forwardée à toute l’école que David H rentre dans la légende.

L’objet de l’anicroche est banale mais sa réceptrice va très très mal le prendre, poussant David dans ses retranchements, qui lui assène des mots d’une maladroitesse extrême, qui continues à faire le tour du web… La France découvre les joies du village global, la rumeur cour, plus vite que prévu. Elle prend une dimension inespérée : la direction de l’école, les médias locaux et nationaux, bref, un bon vieil emballement médiatique… David écope d’un blâme, l’école d’une image désastreuse de repère de blanc-bec…

Je vous laisse découvrir l’intégralité de l’histoire ici, formidable.

Moralité : il y a dix ans, on avait pas besoin du Tigre pour se faire connaitre sur le web.

NB : Quelques planches pas vraiment instructives mais qui auront le mérite d’initier les amateurs aux risques et enjeux de la toile.