Bienvenue dans l’hyperréalité

Concept développé (entre autres) par l’ami Baudrillard, l‘hyperréalité caractérise les sociétés réservant une place telle aux images qu’on ne distingue plus la réalité de la fiction.

Il aurait été aisé d’aborder le sujet sous l’ange des mondes virtuels (WoW, Second Life, Habbo, etc.) ou de la séduisante version des frères Wachowski mais je préfère le traiter par le prisme de la publicité.

Est-ce la maturité des consommateurs? Est-ce les marques qui ont poussé le bouchon trop loin? Est-ce ce que plus personne n’est dupe de rien?

On a jamais autant vu de fictions gravitant autour de la publicité : Culture Pub a lancé le mouvement il y a des années, Mad Men triomphe aux Golden Globe, The Gruen Transfer (un talk-show sur la pub) a fait des scores exceptionnels en Australie, le SNPTV fait de la pub pour la pub… Sans parler des campagnes UGC…

Bientôt, plus un citoyen ne sera ignorant des rouages et techniques de la pub.

Les vieilles frontières sont définitivement brouillées. Preuve ultime que l’opinion ne considère plus les consommateurs comme des cibles mais comme des interlocuteurs capables de décoder et comprendre les rouages de la réclame. Des partenaires en somme…

Etonnant non?

Pour le plaisir, voici le case study du lancement du Gruen Transfer par l’agence australienne Three Drunk Monkeys :

Polémique : et si la réalité augmentée était le prochain Second Life

Second Life au sens grosse hype – façon courbe de Gartner – qui tourne en bide avant de redevenir cool grâce à des usages pas forcément imposés.

Voici une allégation qui ne manque pas de piquant. Elle est à porter au crédit de Piers Fawkes, rédacteur occasionnel chez PSFK.

Il se demande si toute la hype gravitant autour de la réalité augmentée (déjà expliquée ici) n’est pas un peu vaine, tant les barrières au développement massif de cette technique sont nombreuses : équipement en internet mobile encore un peu faible, manque de sites ou applications référents, débits de bande passante mous du genou…

La RA, c’est pour le moment essentiellement une prouesse technique ou une blague de marketeurs ou une vache à lait pour les agences interactives.

Fawkes rappelle qu’il y a 3 ans, les prophètes de Second Life évangélisaient le chaland en jurant que la vraie vie allait devenir virtuelle. Pareil pour la télévision interactive au début des années 90, pareil pour des tas d’autres appareils qui n’ont jamais fonctionné (la montre télévision, cf. veille Né Kid dédiée aux bides).

Affaire à suivre…

Retour sur quelques jolies échecs :

Quand religion rime avec innovation

C’est une brève assez banale qui inspire la rédaction de cette note. Face aux risques de contagion de la grippe H1N1, les grands pontes musulmans recommandent aux pèlerins de ne pas se rendre à La Mecque.

Du coup, on trouve sur le web toute une batterie de palliatifs au pèlerinage : conseils pour une liturgie online, Google Earth, boussoles indiquant la direction de La Mecque, etc. Le top du top : les croyants peuvent effectuer leur voyage spirituel sur Second Life. (Le succès typiquement hype de ce monde virtuel ne finit pas de faire des émules. Après un départ fracassant suivi d’un sévère retour de bâton du à de nombreux bugs, le site deuxième vie remonte en puissance.)

Après le Pape sur Youtube, l’Islam est sur Second Life… Amusant de constater le streching des dogmes : très conservateurs voire réactionnaires sur certains sujets et à la pointe des techniques de communication de l’autre… Paradoxal mais pas antinomique.

Que nous enseigne le pèlerinage virtuel à La Mecque?

D’une part, certains green ayatollahs se figurent un futur dépourvu de voyages tant le carburant coutera cher, de fait, on devrait voir éclore des formes virtuelles de tourisme. On en a aujourd’hui quelques avatars sur les sites internet de grands musées, façon Prado à Madrid et Google.

D’autre part, je ne connais pas le nombre de marques qui ont anticipé la possibilité d’une pandémie mondiale mais la réaction musulmane tient du cas d’école. Les clients ne peuvent plus se déplacer? Pas de problème, on leur facilité la tâche pour consommer en ligne…

A quand le shopping at home ? Les masques Chanel? Les vaccins Prada? Les cabines d’essayage en réalité augmentée?

Via : France Info

Breaking news : les cycles de Gartner

Avez-vous entendu parler des cycles de Gartner ou hype circles? Ce laboratoire américain est un des spécialistes de la recherche et veille en matière de technologies.

Il publie chaque année une série de graphiques décrivant les évolutions à venir, les tops et les flops dans des domaines très variés : ecommerce, CRM, outsourcing, IT, Ressources Humaines, Logiciels

Voici leur vision 2008 du cheminement des technologies émergeantes, pour le reste, il vous en coûtera quelques milliers de dollars.

La courbe se décompose en 5 phases distinctes – un peu à la manière du cycle de vie d’un produit :

  • Technology trigger : lancement d’un nouveau produit ou d’une nouvelle application. Exemple récent : le micro-blogging et Twitter.
  • Peak of inflated expectactions : la phase de succès du produit, débouchant sur un début de déclin. Exemple : Facebook, en constante augmentation malgré ses premiers suicides.
  • Trough of disillusionment : la défaite, le bide alors que le carton était annoncé. Exemple : Second Life.
  • Slope of enlightment : la découverte n’a pas remporté le succès escompté – dans un premier temps – mais une frange d’inconditionnels persiste. Exemple : la TV sur mobile, la visiophonie.
  • Plateau of productivity : phase de maturité durant laquelle le produit suit son bonhomme de chemin et rentre dans les moeurs. Ex : téléphonie mobile, MSN Messenger…

Source : Advert Lab