La big data est notre horizon warholien : dans le futur, tout le monde pourra créer la tendance de son choix

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Avec le big data, on accède potentiellement à toutes les informations du monde. Battements d’aile d’un papillon, pulsations cardiaque de ses voisins, durée moyenne observée chez les 23-36 ans pour sortir les poubelles. Tout devient mesurable.

Cet amoncellement de données ouvre un nouvel âge d’or pour les tendanceurs. Jusqu’à présent dépendants de datas existantes ou d’un flair assisté d’une solide rhétorique, ils pourront bientôt s’appuyer sur des preuves chiffrées.

Plusieurs scénarios s’ouvrent alors :

  • Tout le monde devient tendanceur grâce à des outils de détection de corrélation paramétrables selon les filtres de son choix, cf. Google Correlate.
  • Les tendances meurent sous l’afflux de données et se transforment en infos sans magie.
  • Les tendanceurs deviennent des mages adeptes de la sérendipité opposés à l’usage des chiffres.

Suite à la lecture de Microtrends, on peut parier sur la démocratisation de la tendançologie. Un peu à la Warhol, on peut se dire que dans le futur, tout le monde pourra créer la tendance de son choix.

Il suffit de dire une tendance pour qu’elle existe.

Vous sentez-vous prêt à avoir un avis sur la it-saveur qui va cartonner pour les yaourts l’année prochaine?

Found Muji – un capital de marque digitalisé

Le nouveau concept store Found Muji tranche : en exposant les produits originaux ayant inspiré la création de ses produits, la marque enrichit son capital de marque tout en développant une nouvelle branche business.

Hébergé dans le local historique de la marque, on y trouve des objets artisanaux ou industriels rapportés des 4 coins du monde.

Cette démarche permet de :

  1. Montrer que Muji n’est pas un démiurge absolu, la marque s’inspire de choses existantes,
  2. Expliquer que l’esthétique Muji n’est pas un style purement japonais mais une attitude universelle,
  3. Enrichir de deux nouvelles dimensions la non-marque : l’adhésion à la philosophie slow (les objets choisis sont exposés pour leur longévité particulière) + le statut de curateur culturel
  4. Inscrire la marque dans le quotidien à travers une illustration physique d’une poétique très web (found, cf. ffffound ou sérendipité, etc.)

Cette modestie couplée à une double opportunité business et marque est exemplaire.

En 2012, on retrace les sources d’inspiration de n’importe quel travail ou presque (cf. Wikipédia et Houellebecq ou Harvey Nichols avec Cai Guo-Qiang // merci Déborah), aussi, les marques gagneraient à montrer patte blanche pour transformer une situation potentiellement problématique en opportunité.

Si seulement toutes les marques avaient l’audace d’en faire autant.

Le point commun entre les focus groupes et le web est heuristique

Rien de plus formel qu’un guide d’animation de focus groupe. Pourtant, in situ, rien de plus compliqué que de garder le cap. Les idées vont, viennent, les gens rebondissent. Le fil est vite perdu. Il faut pourtant satisfaire les désirs du client et aborder chaque point validé en amont.

Dans Truth, Lies and Advertising (à charger ici), Jon Steel raconte comment les idées dépourvues – dans la mesure du possible – de contrôle jaillissent des moments hors-piste, lorsque les idées vagabondent. Les interrogés oublient l’environnement et produisent des idées avec plus de spontanéité. C’est en quittant le cadre formel du guide qu’on sort de la boîte. Entre ensuite en jeu l’art de l’herméneutique du contexte de communication. Wandering with purpose.

Cette réflexion opère un parallèle intéressant avec la pensée heuristique proposée par la structure hypertextuelle de l’information sur le web. La réflexion est délinéarisée, aléatoire, sérendipiteuse.

Sur le web comme en focus groupe, la magie jaillit plus souvent du cours sinueux que prennent les évènements que d’une réflexion pré-établie.

10 choses que je ne savais pas la semaine dernière #62

1. L’origine du nom de la marque de pâtes Lustucru vient de la chanson de la Mère Michel qui a perdu son chat.

2. La plupart des noms de genres musicaux sont inventés par les artistes eux-mêmes (Soca est une contraction de Soul of Calypso, Dub de Duplicate Platter…)

3. La photographie du fond d’écran par défaut de Windows XP – Bliss – provient du comté de Sonoma en Californie.

4. Le black hat, hackers mal intentionnés, ennemis intimes du white hat.

5. Zemblanity antonyme de la sérendipité. Merci Françoise.

6. L’histoire des régions UDA, l’histoire d’un besoin de standardisation des mesures.

7. Le backmasking désigne la pratique consistant à enregistrer une piste à l’envers. Les exemples et les interprétations sont naturellement nombreux.

8. Auteur des génériques de Cobra, Clémentine et X-Or (alors que sa mère Jacqueline Joubert était directive des programmes d’Antenne 2), Antoine de Caunes a animé Marlboro Music, une émission de radio de la fin des années 80 qui ne cachait pas son goût pour les mégots (voir générique).

9. 1/3 des prêts bancaires aux entreprises ne seraient pas accordés.

10. Les fraises de la Renaissance servaient à dissimuler les souillures causées par la petite vérole.

Un peu de poésie dans son itinéraire

A quelques jours d’intervalles, on croise sur le web une application iPhone et une présentation de Paul Isakson, un célèbre planner.  Quel point commun entre ces deux objets?

La promenade.

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